L'Ordre du Canada pour Don Cherry? Voici des déclarations du controversé commentateur qui sont passées à la postérité pour les mauvaises raisons

Jessica Lapinski
Partager
Un député conservateur a mis en nomination le controversé commentateur Don Cherry pour la médaille de l’Ordre du Canada. Cette distinction remise par la gouverneure générale « célèbre ceux et celles qui ont apporté une contribution extraordinaire à la nation », selon le site web de l’Ordre.
• À lire aussi : On honore une sommité mondiale en oncologie pédiatrique ou Don Cherry ?
Mais Cherry mérite-t-il cette médaille ? se demande notre chroniqueur Jean-Nicolas Blanchet (à lire ici). Adulé par bon nombre de Canadiens en raison de ses analyses dans son segment Coach’s Corner à CBC, Cherry, aujourd’hui âgé de 92 ans, a aussi maintes fois fait les manchettes pour ses propos controversés.
Durant sa longue carrière en ondes, l’ancien entraîneur de la LNH a notamment ciblé les Québécois, les Européens, les Autochtones ou les nouveaux arrivants.
Voici quelques-unes de ses déclarations qui sont passées à la postérité pour les mauvaises raisons.
« La plupart de ceux qui portent [la visière] sont des gars européens ou francophones. »
Cette remarque émise en 2004 lors de son segment Coach’s Corner, sur les ondes de CBC, avait déclenché une enquête du Commissariat aux langues officielles du Canada. La société d’État avait ensuite instauré un délai de sept secondes avant la diffusion des interventions en ondes de Cherry durant l’émission Hockey Night in Canada, lui permettant de surveiller les propos du polémiste.
« Ils [les Canadiens francophones] n’aiment pas le drapeau canadien. C’est drôle qu’ils ne veuillent pas du drapeau, mais ils veulent notre argent. Et on choisit un skieur que personne ne connaît. »
Il s’agit de la réaction de Cherry à la sélection de Jean-Luc Brassard comme porte-drapeau à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Nagano, en 1998. Quatre ans plus tôt, le skieur acrobatique avait remporté l’or à Lillehammer. Cherry avait aussi qualifié les Québécois de « pleurnicheurs », durant ces Jeux.

« Vous ne voulez pas parler en anglais, vous ne voulez pas d’universités anglaises. Pourquoi croyez-vous qu’un jeune homme de 18 ans de l’Ontario ne veut pas jouer là-bas ? Il a peur. »
C’est ce qu’avait dit Cherry en 1991 au sujet du scandale impliquant Eric Lindros, qui ne voulait pas se joindre aux Nordiques de Québec, alors les détenteurs du premier choix au repêchage de la LNH.

« Il y avait des bons gars même parmi les nazis. »
L’arrivée des Européens dans la LNH a maintes fois été l’objet de critiques de Cherry au fil de sa carrière. Il les jugeait peureux. Le Lituanien Darius Kasparaitis, un joueur robuste comme le commentateur les aimait, était une exception. Appelé à commenter cette brèche dans son argumentaire, Cherry y était allé de cette déclaration fort controversée sur les ondes de CBC, au tournant des années 1990. Il s’en était tiré sans sanction.
« Je ne crois pas que les femmes ont leur place dans les vestiaires des hommes. »
En 2013, l’ancien entraîneur s’était dit en désaccord avec la présence de femmes journalistes dans les vestiaires de hockey. Il réagissait à une controverse concernant des propos d’un joueur des Blackhawks de Chicago, qualifiés de sexiste. « Je n’ai pas l’impression que les femmes sont nos égales. [...] Je pense qu’on les place sur un piédestal et qu’elles ne devraient pas être dans un vestiaire quand il y a des joueurs nus autour », avait aussi commenté Cherry.
« Vous qui venez ici, vous aimez notre manière de vivre, notre lait, notre miel. [...] Vous pourriez au moins débourser quelques dollars pour acheter un coquelicot. Ces hommes ont payé pour le mode de vie que vous aimez au Canada. »
Ce fut l’ultime déclaration controversée de Cherry dans son segment Coach’s Corner. Deux jours plus tard, il était congédié par le réseau Sportsnet, qui diffusait désormais Hockey Night in Canada. Cherry s’en prenait aux immigrants qui, selon lui, ne soutenaient pas assez les vétérans de guerre, à l’approche du jour du Souvenir.