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L'écrivain et historien Hervé Gagnon plonge dans l'univers des complotistes montréalais du 19e siècle dans la septième enquête de Joseph Laflamme, intitulée «Susan»

L'écrivain et historien Hervé Gagnon présente la septième enquête de Joseph Laflamme cet automne.
L'écrivain et historien Hervé Gagnon présente la septième enquête de Joseph Laflamme cet automne. Ben Pelosse / JdeM
Photo portrait de Marie-France Bornais

Marie-France Bornais

2024-11-02T07:30:00Z

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Hervé Gagnon, auteur de la série culte Damnés, revient cet automne avec une enquête, très attendue, de Joseph Laflamme, Susan. Il invite ses lecteurs à plonger dans le Montréal glauque de mai 1895, alors qu’une histoire de fantômes terrorise les habitants de Griffintown, qu’un prédicateur exalté crée des tensions entre les catholiques et les francs-maçons, et que la situation tourne mal. Il y a une émeute. Il y a des assassinats. Ça brasse. Joseph Laflamme, Emma Laflamme, Mary O’Gara et George McCreary enquêtent... avec l’aide d’un revenant.

La septième enquête de Joseph Laflamme est publiée aux Éditions Hugo Roman.
La septième enquête de Joseph Laflamme est publiée aux Éditions Hugo Roman. © Éditions Hugo Roman

Hervé Gagnon s’est replongé avec fougue dans l’univers de Joseph Laflamme pour cette septième enquête qui en fait voir des vertes et des pas mûres.

«Mon intention, dès le départ, c’était de faire un roman sur le complotisme, parce qu’il y en a toujours eu, du complotisme. Ce qui a changé, de nos jours, c’est l’efficacité de la chambre d’écho avec les réseaux sociaux et compagnie. Dans le temps, les complots se transmettaient par les journaux, par les livres», rappelle l’écrivain, qui est, en passant, détenteur d’un doctorat en histoire.

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«Tout ce que je dis dans le livre, Jules-Paul Tardivel et son roman pour la patrie, Léo Taxil et tout ça, c’est tout vrai. J’ai rien inventé. Les francs-maçons étaient des affreux impérialistes britanniques qui opprimaient secrètement la nation canadienne-française et l’empêchaient de s’épanouir. Tsé...», dit-il, moqueur. «Ce que j’ai inventé, c’est un prédicateur. Mais je n’ai pas inventé le complot.»

Les complotistes

«J’avais le goût de montrer que le complotisme existe. Pis on va se le dire entre toi pis moi pis la boîte à bois: j’ai eu le goût de me farcir les complotistes parce qu’ils m’ont gâché la vie en maudit pendant la pandémie.»

«C’est ma manière à moi de dire: voici ce qu’ils sont, voici comment ils fonctionnent, voici comment ils cherchent des réponses simples à des problèmes complexes qui leur échappent et qui les font paniquer.»

Hervé Gagnon note que l’histoire lui permet de traiter autrement, «et peut-être avec un certain recul émotif», de traiter de choses «qui nous emmerdent aujourd’hui». «Le reste de l’intrigue, c’est de la décoration: ça me prend un prétexte pour démarrer l’intrigue.»

Hervé Gagnon est historien et écrivain. On lui doit plusieurs séries à succès.
Hervé Gagnon est historien et écrivain. On lui doit plusieurs séries à succès. Ben Pelosse / JdeM

Un fantôme

Le fantôme de la Gallagher dont il parle dans Susan est bien présent dans le folklore montréalais. «On prétend qu’elle apparaît dans Griffintown et qu’elle cherche sa tête... Son vrai nom, c’était Mary Gallagher, mais je ne pouvais pas l’appeler Mary parce que j’ai déjà une Mary dans le livre. J’ai inversé les prénoms. Susan, c’était sa rivale. L’important, c’est que l’histoire est vraie.»

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Dans le roman, il y a beaucoup d’autres éléments: de la politique, de la franc-maçonnerie, des pointes d’humour, de l’action. «Mais surtout, fondamentalement, du complotisme» dit l’écrivain.

Les francs-maçons du 19e siècle

La franc-maçonnerie était bien présente dans le Montréal de la fin du 19e siècle. «Ici, on parle de franc-maçonnerie anglo-saxonne, fondamentalement. C’est ce qu’il y a au Québec. Même aujourd’hui. Et à plusieurs égards, c’est une franc-maçonnerie de relations sociales et d’œuvres charitables. À cette époque, il y avait peut-être 200 000 personnes à Montréal et il y avait peut-être 8000 à 10 000 maçons. C’est beaucoup, en proportion.»

Susan

Hervé Gagnon

Éditions Hugo Roman

416 pages

  • Hervé Gagnon est né à La Baie.
  • Il a obtenu un doctorat en histoire, une maîtrise en muséologie et une maîtrise en histoire.
  • Après avoir enseigné l’histoire et la muséologie dans diverses universités québécoises et travaillé comme muséologue pendant 25 ans, il a décidé de se consacrer à l’écriture.
  • On lui doit entre autres la série culte Damnés, les séries La mort du temple, la série La Cage (consacrée à La Corriveau), et le roman Crossroads.
  • Il sera présent dans les salons du livre cet automne.
«Dans la cuisine de la maison de fond de cour, avenue De Lorimier, le déjeuner venait de se terminer. George McCreary, les manches de chemise remontées, était penché au-dessus de l’évier de pierre et lavait la vaisselle tandis que Joseph, Mary et Emma terminaient leur thé.
- Vous êtes bien dressé, George, railla Joseph. Un vrai chien savant! Et vous n’êtes même pas encore marié!
- Don’t you know that cleanliness is next to godliness? rétorqua l’Anglais sans se retourner
- Hervé Gagnon, Susan, Éditions Hugo Roman

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