Justin Trudeau injecte 60 M$ dans l’usine de semi-conducteurs d’IBM à Bromont
Plus de 280 emplois seront créés à cette usine stratégique de l’Estrie

Francis Halin
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À peine 24 heures après une subvention de 8,3 G$ du président Joe Biden au fabricant de puces Micron, son homologue canadien Justin Trudeau a annoncé à son tour une aide de près de 60 M$ à IBM et au Centre de Collaboration MiQro Innovation (C2MI), à Bromont, vendredi.
L’argent public servira à un projet de près de 227 M$ de technologies quantiques, ce qui devrait créer 280 emplois, selon Ottawa. De son côté, Québec mettra près de 39 M$ dans le projet (un prêt de 32 M$ et un de 6,9 M$).
Au total, les deux gouvernements investiront près de 100 M$ dans les micropuces, qui entrent dans la fabrication de véhicules, de produits électroniques et de matériel médical.
Après les 90 M$ au Centre canadien de fabrication de dispositifs photoniques, les 36 M$ à Ranovus pour la fabrication de semi-conducteurs et le défi Approvisionnement en semi-conducteurs de 150 M$, ces nouveaux millions visent à positionner le pays.
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Legault absent
Quand Le Journal a demandé à Justin Trudeau pourquoi le premier ministre du Québec, François Legault, était absent, il a laissé le micro au ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, qui a évoqué «un conflit d'agenda».
«Il est très bien représenté et son argent est très bien représenté aussi», a ajouté M. Trudeau, en suscitant les rires de la salle.

Menace chinoise
Justin Trudeau a rappelé que la Chine avait déjà arrêté deux Canadiens «à des fins politiques» et que la Russie a utilisé son énergie et ses minéraux «comme arme de guerre quand ils ont envahi l'Ukraine» pour illustrer l'importance d'avoir une bonne capacité de production dans des secteurs sensibles de l'économie.
«Chez nos alliés, il y a de plus en plus de préoccupations d'avoir des partenaires fiables pour la transformation économique et technologique», a-t-il expliqué.
« Ces investissements ne sont pas juste pour avoir plus de jobs ici, mais pour créer des chaînes de production et d'approvisionnement fiables », a-t-il ajouté.
Ces derniers jours, Joe Biden n'a pas manqué de rappeler que durant la pandémie, les pénuries de semi-conducteurs étaient devenues la cause du tiers de l’inflation, d’où l’importance de prendre le taureau par les cornes aujourd'hui.
Dans son «Chips Act», Biden prévoit d’injecter 55 G$ pour rapatrier la fabrication de puces chez lui pour s’affranchir de la Chine.

Usines stratégiques
Début février, le Wall Street Journal rapportait que Sam Altman, le numéro 1 d’OpenAI, voulait lui aussi miser ses œufs dans les semi-conducteurs. Joe Biden a en outre offert récemment une subvention de 2 G$ à GlobalFoundries.
L’importance des semi-conducteurs ne date pas d’hier. L’an dernier, alors que Joe Biden misait des milliards de dollars dans les semi-conducteurs, Justin Trudeau avait vanté Bromont et ses usines d’IBM et de Teledyne DALSA.
Il y a deux ans, Le Journal avait visité l’usine de microprocesseurs de 1,2 G$ du géant américain IBM de Bromont pour aller à la rencontre de ses 1000 employés, qui font chaque semaine 100 000 modules à l’abri des regards.
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