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Teledyne DALSA: une usine d’ici jugée cruciale par l’administration Biden

La production de semi-conducteurs par Teledyne DALSA à Bromont scrutée de près

Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2023-01-18T05:00:00Z

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Alors que le président américain Joe Biden allonge des milliards de dollars pour ramener les usines de semi-conducteurs chez lui, son homologue canadien Justin Trudeau vante Bromont, qui a des usines clés comme celles d’IBM et de Teledyne DALSA.

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«Je crois que la plus grande usine d’emballage de semi-conducteurs en Amérique du Nord se trouve à Bromont, au Québec», a lancé le premier ministre Justin Trudeau au Sommet des Trois Amigos, en tout début d’année. 

À plusieurs reprises lors de son voyage, Justin Trudeau a vanté l’expertise des travailleurs québécois de la filière stratégique des semi-conducteurs.

Chez nos voisins du Sud, l’appétit est si grand que Joe Biden vient d’injecter 52 milliards de dollars pour relancer la fabrication de semi-conducteurs, une soif qui se fait sentir à Bromont, qui a le plus grand fabricant de capteurs au monde.

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Usine discrète

Cette usine de capteurs, c’est celle de Teledyne Dalsa de Bromont, moins connue que celle d’IBM, qui est en face. C’est elle que Le Journal a pu visiter.

Fondée en 1976 sous le nom de Mitel, l’usine de composantes de téléphone a été achetée par l’ontarienne Dalsa, qui l’a revendue à la californienne Teledyne.

Aujourd’hui, ses 500 travailleurs sont un maillon fort dans la course aux semi-conducteurs devenus «le nouveau pétrole», selon les mots du grand patron d’Intel Pat Gelsinger.

«Joe Biden a besoin de nous pour faire fonctionner ces usines-là», lance sourire en coin son vice-président stratégie et partenariat Claude Jean, en faisant le tour des pièces maîtresses de l’usine du boulevard de l’Aéroport.

Au fil des ans, Teledyne Dalsa de Bromont s’est taillé une réputation mondiale dans la fabrication de capteurs ultrasophistiqués.

Capteurs d’images, de mouvement, de pression, ultraviolet, infrarouge... ses composantes vont dans une panoplie d’objets, des respirateurs artificiels aux manettes de Wii Fit, en passant par les véhicules, téléphones ou avions.

«On en fabrique de plus en plus dans les voitures autonomes, qui ont besoin d’avoir une quantité incroyable de caméras», illustre Claude Jean.

L’an dernier, les constructeurs automobiles ont perdu 280 milliards de dollars de ventes en raison de pénurie de puces, selon AlixPatners, d’où l’empressement des Américains à rapatrier la production et l’assemblage en Amérique.

«Salles blanches»

À Bromont, l’usine est réglée au quart de tour. N’entre pas qui veut. Lors de notre visite, son directeur, Sébastien Michel, a présenté «ses salles blanches».

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L'équipe du Journal a pu observer les « salles blanches », ces zones exemptes de toute particule de poussière.
L'équipe du Journal a pu observer les « salles blanches », ces zones exemptes de toute particule de poussière. Photo Pierre-Paul Poulin

«On a des salles propres de classe 10. C’est contrôlé au niveau empoussièrement et humidité parce que la fabrication de semi-conducteurs est très sensible à l’environnement», poursuit Sébastien Michel.

Photo Pierre-Paul Poulin
Photo Pierre-Paul Poulin

«On a un bon 200 millions $ de machines dans l’usine. Pour rester compétitif, il faut se renouveler chaque année, et en amener d’autres», souligne-t-il.

Quand on lui demande pourquoi le Québec se démarque dans cette course mondiale, Sébastien Michel ne passe pas par quatre chemins : il vante l’expertise des employés québécois.

«L’équipement que l’on a ici, tout le monde peut l’acheter, mais la manière dont on les utilise et les recettes, cela a pris 40 ans de connaissances des employés en innovation», détaille-t-il.

«Beaucoup de fournisseurs en Asie, en Chine, sont bons pour le faible coût, mais lorsque l’on arrive avec des demandes plus nichées, cela ne marche pas, alors que nous, c’est l’inverse», conclut-il avec fierté.

– Avec Guillaume St-Pierre

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L’usine de Teledyne DALSA à Bromont en bref 

  • Fondation : 1976 (sous le nom de Mitel)
  • Employés : 500
  • Procédés possibles : 1000
  • Spécialisation : fabrication de semi-conducteurs 
  • Éléments utilisés : 37
  • Propriétaire : Teledyne DALSA, une filiale canadienne du géant américain Teledyne Technologies

Source : Teledyne DALSA

La nouvelle Mecque de l’électronique de pointe? 

Bromont est-elle en voie de devenir la nouvelle Mecque des technologies de pointe? C’est en tout cas le souhait du maire de la ville, qui ne cache pas ses ambitions depuis que Québec lui a collé l’étiquette de zone d’innovation.

«J’aimerais ça que l’on devienne le Silicon Valley du Nord-Est», lance au Journal Louis Villeneuve, maire de Bromont.

«Notre grande fierté du parc scientifique est d’avoir été reconnu zone d’innovation», a-t-il ajouté.

Il y a près d’un an, le premier ministre François Legault a annoncé que Bromont aura l’une des deux premières zones d’innovation au Québec. 

«Du côté de Bromont, on a déjà un écosystème d’entreprises et de chercheurs bien établi, notamment autour du centre d’innovation C2MI. Ils en font beaucoup pour rapprocher les chercheurs et les organisations. Il y a plus de 300 entreprises spécialisées en systèmes électroniques intelligents dans la région», avait souligné le premier ministre.

Au total, plus de 255 millions $ d’investissements sont prévus dans la zone d’innovation, dont 24,7 millions $ par Québec. Quelque 19,5 millions $ sont confiés au C2MI, qui cristallise l’innovation et la recherche.

Plus de 73 millions seront investis par Teledyne Dalsa. Aeponyx investira pour sa part 56 millions $.

Secret bien gardé

Au Journal, Normand Bourbonnais, PDG de la zone d’innovation Technum Québec, parle «d’un secret trop bien gardé».

«Ç’a été un secret trop bien gardé pendant des années. Les gens avaient l’impression que l’électronique était du passé et que tout se passait en Asie, mais ce n’est pas vrai», lance-t-il à propos du noyau innovateur de Bromont.

«La capacité des semi-conducteurs en Amérique sera quadruplée d’ici dix ans, alors il y a des opportunités monstres pour les gens en électronique ici», dit-il. 

Pour Claude Jean, président du conseil d’administration de C2MI, l’apport de la région sera considérable.

«Il y a énormément de recherche qui se fait dans les semi-conducteurs au Québec», conclut-il.

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