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Journée de recueillement à Chicoutimi

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

2021-03-11T22:12:50Z

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Les proches des victimes de la COVID-19 se sont recueillis jeudi au centre-ville de Chicoutimi. Une cérémonie qui a duré environ 45 minutes a été tenue en matinée, la place du Citoyen devenant un mémorial temporaire.

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«On n'oubliera jamais chacune des 264 personnes qui nous ont quitté cette année, a déclaré la mairesse de Saguenay, Josée Néron. N'oublions jamais que cette année maudite nous a enlevé ce qu'il y a de plus précieux. Je refuse de croire que la pandémie nous amènera la désolation.»

Pour les circonstances, trois pièces musicales avaient été enregistrées par le Quatuor Saguenay et étaient diffusées en boucle sur l’écran géant de la place du Citoyen.

Une minute de silence a été tenue et trois couronnes ont été déposées sur le site. Elles comptent 264 fleurs, le nombre exact de victimes de la COVID-19 au Saguenay-Lac-St-Jean.

«La lumière apparaît. Il faut rester solidaires, rester forts», a demandé le directeur régional de la Santé publique, le Dr Donald Aubin.

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La ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a souligné l’importance de l’effort collectif durant cette pandémie. «Nous devons nous souvenir des sacrifices que nous avons faits», a mentionné la ministre caquiste.

Une trentaine de personnes ont assisté à la cérémonie en comptant les dignitaires. Une citoyenne, Louise Côté voulait être là. Son conjoint de 74 ans est décédé des causes du virus, le 30 avril dernier au CHSLD de la Colline à Chicoutimi-Nord.

«Pour pouvoir m'aider à passer au travers de cela, que je trouve excessivement difficile parce que quand le gouvernement nous a mis dehors, les aidants naturels, le 13 mars ; je ne l'ai pas digéré encore, a indiqué Mme Côté. Je ne veux jamais l'oublier parce qu'il est mort dans des conditions épouvantables.»

Elle a dû se battre pour être aux côtés de son mari et pour qu'il soit veillé par leurs deux fils.

«Un moment donné, c'était la fin et je me suis dit “il ne va pas mourir seul, ce n'est pas vrai”. J'ai fait descendre mes fils de Québec et ils ont veillé leur père. On a été les premiers à faire ça parce que moi, j'aurais foncé pareil. J'y serais allée pareil. Je ne voulais vraiment pas qu'André (son conjoint) meurt seul. J'ai trouvé ça inacceptable et je ne suis pas encore capable de le prendre, ça fait un an.»

À 13h00, les cloches des églises ont résonné, pendant que les drapeaux de plusieurs édifices publics étaient mis en berne.

À la place du Citoyen, plusieurs proches de victimes ont continué à se recueillir. Parmi elles, quatre sœurs venues de Mistassini, au Lac-Saint-Jean, ont manqué la cérémonie. Leur mère de 82 ans et leur père de 86 sont morts, les deux de la COVID-19.

«C’est très difficile. Notre deuil n'est pas encore fait, a exprimé Michèle Imbeault. On a perdu notre papa et notre maman dans un mois d'intervalle. Ils sont décédés seuls. On n'était pas présent. On n’est pas orphelin de la guerre. On est orphelin de la COVID. Dans l'espace d'un mois, on a perdu nos deux parents.»

Sa sœur Isabelle, qui arborait une affiche où on y retrouvait la photo de ses deux parents, voulait absolument venir se recueillir.

«Ils décèdent et on n’est pas là. Tu sais, le dernier toucher, le dernier collage, on ne l'a pas. Ce sont des gros morceaux que l'on a perdus. C’est pour essayer de réparer un petit peu notre cœur.»

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