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Jonathan Marchessault: le petit bulldog de Vegas

Photo Getty Images via AFP
Photo portrait de Michel Bergeron

Michel Bergeron

2023-06-16T16:51:56Z

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Quel bonheur de voir Jonathan Marchessault soulever le trophée Conn-Smythe devant ses proches, dont son père qui avait les larmes aux yeux.

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Marchessault mérite amplement cette récompense. Il a connu des séries extraordinaires, marquant notamment des buts importants pour les Golden Knights. 

À 5 pi et 9 po, il est le petit bulldog de Vegas. De plus, il est le complément parfait pour le joueur de centre Jack Eichel. Marchessault est apprécié d’Eichel comme Brad Marchand l’est de Patrice Bergeron avec les Bruins. Il dérange, il marque quand ça compte et il est fâché quand il perd.

Avec 26 points, l’Américain aurait aussi pu être choisi le joueur par excellence des séries, mais les 13 buts de Marchessault (25 points au total) ont probablement fait pencher la balance. 

Et lorsque le commissaire Gary Bettman a annoncé que le numéro 81 était le gagnant du Conn-Smythe, Eichel a enlacé son coéquipier pour le féliciter. La scène voulait tout dire.

Un premier Québécois en 20 ans

En plus de devenir le premier joueur non repêché à mettre la main sur cet honneur depuis Wayne Gretzky en 1988, Marchessault est aussi le premier Québécois à gagner le Conn-Smythe depuis Jean-Sébastien Giguère en 2003. Ça fait 20 ans!

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L’ancien gardien des Mighty Ducks of Anaheim, avec qui je travaille à TVA Sports, était d’ailleurs très content pour Marchessault.

Ce dernier rejoint aussi les Patrick Roy, Claude Lemieux, Mario Lemieux, Mike Bossy, Guy Lafleur, Bernard Parent et Yvan Cournoyer, tous des Québécois ayant été nommés joueurs par excellence des séries.

Pas le chemin le plus simple

Le parcours de Marchessault a aussi de quoi impressionner. Le natif du quartier Cap-Rouge, à Québec, avait été un choix de 12e tour des Remparts de Québec, dans la LHJMQ. Seulement sept autres joueurs avaient été sélectionnés après lui! À l’époque, il ne faisait que 5 pi, 6 po, et il pesait 140 lb. Ce qui ne l’a pas empêché de se développer sous les ordres de Patrick Roy.

Jamais repêché dans la LNH, Marchessault est passé par la Ligue américaine et n’a pas eu de véritable chance avec les Blue Jackets de Columbus et le Lightning de Tampa Bay. Puis, les Panthers de la Floride l’ont laissé aller au repêchage d’expansion de Vegas... Quelle ironie! 

Une ville de gagnants

Six ans plus tard, Marchessault et les Knights sont champions de la LNH, comme l’avait prédit leur propriétaire, Bill Foley. L’équipe a été principalement bâtie avec des transactions et des signatures. Parmi les plus notables, il y a certainement Eichel et le défenseur étoile Alex Pietrangelo. 

Le président George McPhee, qui a été le premier directeur général de la formation, a beaucoup à voir avec le succès du club, tout comme l’actuel DG, Kelly McCrimmon, et l’entraîneur-chef, Bruce Cassidy. Quelle aventure pour l’ex-pilote des Bruins, congédié il y a un an. Après avoir vu son ancienne troupe connaître une saison historique, c’est lui qui soulève la coupe Stanley!

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Même si on peut se retrouver rapidement du côté des perdants, les poches vides, dans un casino, Vegas a prouvé qu’elle était aussi une ville de gagnants. Et quand je regardais Renaud Lavoie près du vestiaire des Knights, tout semblait facile, rien n’était compliqué.

En santé

Les Knights étaient aussi beaucoup plus en santé que les Panthers. Matthew Tkachuk a notamment joué malgré une fracture du sternum. Il a eu besoin de ses coéquipiers pour s’habiller et n’a finalement pas disputé le dernier match.

Mais même si Tkachuk avait été là, en pleine forme, les carottes étaient cuites. Les Knights étaient trop forts. Même leur quatrième gardien, Adin Hill, a été à la hauteur. 

Les Panthers ont déjoué les experts en atteignant la finale. Entrés par la porte arrière, un peu à l’image des Blues de St. Louis en 2019, ils ont éliminé Boston, Toronto et la Caroline. Ils peuvent être fiers.

– Propos recueillis par Mylène Richard

Échos de Bergie 

Patrick Roy encore ignoré

Je ne sais pas comment Patrick Roy se sent, mais, personnellement, je suis découragé. Je n’en reviens pas qu’il n’ait pas encore trouvé du boulot dans la LNH après avoir tout gagné avec les Remparts. Je le voyais vraiment avec les Rangers. Mais non, son ex-coéquipier Chris Drury lui a préféré un vieux routier en Peter Laviolette. Je n’ai rien contre mon ancien défenseur à New York, mais il en est à sa sixième équipe dans la LNH. Il doit être tout un vendeur pour convaincre les gens de lui donner encore une chance. Roy n’a même pas eu une entrevue! Il a fait son mea culpa et il ne refera plus les mêmes erreurs qu’au Colorado. Il reste encore quelques postes d’entraîneur à confirmer. En attendant, Roy jouera au golf. Et bonne chance à Simon Gagné, qui prend la relève avec les Remparts, ainsi qu’à Nicole Bouchard, qui devient officiellement adjointe au DG. Une première dans la LHJMQ. Je la connais depuis l’époque des Nordiques et elle a consacré sa vie au hockey.  

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Le CH et la patate chaude

Le Canadien pourrait voler la vedette au repêchage, dont le premier tour sera présenté le 28 juin. On s’attend à un coup d’éclat du CH. Kent Hughes et Jeff Gorton veulent probablement éviter la patate chaude Matvei Michkov. L’attaquant russe représenterait un risque, d’après de nombreux experts. Le DG du Tricolore pourrait donc vouloir améliorer son rang. S’il parle plus tôt que le cinquième choix, personne ne pourrait reprocher à Hughes de ne pas avoir choisi Michkov. Mais ça coûtera très cher.

De statisticien à commissaire

J’ai eu la chance d’assister à la fête en l’honneur de Gilles Courteau récemment, à Sherbrooke. Le nouveau commissaire de la LHJMQ, Mario Cecchini, était présent, tout comme plusieurs proches de Gilles. Il est heureux avec sa décision. Il a été à la tête de la LHJMQ pendant 37 ans. J’ai toujours eu une belle complicité avec lui. Il faut dire que je l’avais embauché comme statisticien à 17 ans avec les Draveurs de Trois-Rivières. Entre les périodes, Gilles me donnait les stats et il commandait la nourriture.

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