«Il envoie le message que tout est possible»: les proches de Jonathan Marchessault savourent son triomphe


Stéphane Cadorette
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Jonathan Marchessault a patienté jusqu’en 12e ronde au repêchage de la LHJMQ. Il a été ignoré à celui de la LNH. Il a trimballé ses valises au sein de quatre formations dans la Ligue nationale et a dû disputer 306 matchs dans la Ligue américaine avec trois autres équipes. Son chemin vers le pinacle du hockey a été raboteux, mais il est plus que jamais l’inspiration ultime des éternels négligés.
L’attaquant est passé du bantam CC au Midget Espoir, avant d’être contraint d’emprunter plusieurs détours sinueux jusqu’à la conquête de la coupe Stanley et du trophée Conn-Smythe, avec les Golden Knights. Il a démontré de manière convaincante que ce n’est pas la route qui compte, mais la destination.
Un jour, quelqu’un, quelque part, pourrait même se mettre riche dans un quiz s’il parvient à deviner contre qui Marchessault a été échangé quand il est passé des Blue Jackets au Lightning, en 2014. Chapeau à ceux qui ont répondu Dana Tyrell et Matt Taormina!
Même les Panthers de la Floride, avec lesquels il a enfilé 30 buts en 2016-2017, n’ont pas cru bon de le protéger. Et voilà que Marchessault vient d’être récompensé à titre de joueur par excellence des séries.
«Le Conn-Smythe a tellement l’air d’un objectif inatteignable et, pourtant, il l’a eu. La coupe Stanley demeure le trophée le plus important, mais un petit joueur comme lui qui n’a pas été repêché et qui gagne le Conn-Smythe en plus, ça envoie le message que tout est possible. C’est inspirant pour les jeunes», a confié au Journal son frère Jamie Audy-Marchessault, savourant le tout aux abords d’une piscine de Las Vegas.

Des sacrifices
Au total, une vingtaine de membres de la famille proche, cousins, amis, étaient présents au T-Mobile Arena pour vivre l’inoubliable moment. Le frangin, qui a lui aussi joué au hockey, est bien à même de réaliser tout le travail abattu au fil des ans.
«Il y a eu tellement de sacrifices et pas seulement de lui, mais de sa petite famille. Quand il a soulevé la coupe, j’ai repensé à tout ce qu’il a vécu, à toutes ces équipes qui n’ont pas cru en lui avant Vegas», a noté Jamie, qui a profité d’un bon repas en famille, après le match.
Maman Lesly, pour sa part, avait trop perdu sa voix dans les célébrations pour s’entretenir avec Le Journal.
Une grande confiance

Mikaël Tam, son ancien coéquipier chez les Remparts qui est demeuré son plus grand ami, n’a pas eu le bonheur de vivre le triomphe sur place, mais il n’a pas manqué de témoigner toute son admiration.
«C’est incroyable! Jon a toujours eu la flamme de faire taire ses détracteurs. Il a tout le temps gravi les échelons, même si plusieurs équipes ne lui ont pas donné une véritable chance. Il ne s’est jamais arrêté à ça et il a mis des points sur le tableau à tous les niveaux», a dit celui qui a été garçon d’honneur de Marchessault à son mariage.
Pour plusieurs, il va de soi que la plus grande qualité de Marchessault est sa résilience, mais Tam apporte un autre éclairage.
«C’est sa confiance en lui, sa plus grande force. Malgré tout ce que les gens disaient de lui, le plus grand partisan de Jon a toujours été lui-même», a-t-il lancé.
Des entraîneurs comblés
Martin Smith, avec son frère David, a dirigé Marchessault lors de ses deux saisons dans le Midget Espoir, à 14 et 15 ans.
«Il avait toujours une attitude positive, avec une belle énergie. Prévoir qu’il allait atteindre un jour ce niveau, ce n’était pas évident, mais je suis tellement content pour lui. C’est tellement le fun, ce qui lui arrive», a dit celui qui fait maintenant partie du personnel d’entraîneurs des Mooseheads d'Halifax.
Serge Beausoleil, qui dirigeait le Blizzard du SSF Midget AAA, ne l’aura finalement dirigé qu’un seul match avant que les Remparts ne le lui ravissent.
«J'étais avec Patrick, à l'aréna bleu, à Sainte-Foy. Marchessault venait de marquer cinq buts contre Rivière-du-Loup et il s'en allait avec les Remparts. C'était un choix tardif et Patrick m'avait dit: “Inquiète-toi pas, jeudi je te le retourne.” Je lui ai dit: “Pat, je ne veux pas te faire de peine, mais d'après moi il va te forcer la main.” C'était un homme avec des enfants, il était prêt à jouer junior», s’est-il souvenu au sujet de l’attaquant.
- Avec la collaboration de Kevin Dubé