Jeux olympiques: une expérience très différente pour un gymnaste québécois qui a vécu ceux de Tokyo en solo


Richard Boutin
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PARIS | Le gymnaste René Cournoyer vivra une expérience complètement différente aux Jeux olympiques de Paris comparativement à celle de Tokyo il y a trois ans.
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Seul homme qualifié à Tokyo, où il n’a pas vécu la meilleure expérience, Cournoyer sera entouré de ses coéquipiers à Paris puisque l’équipe canadienne a obtenu son billet olympique pour la première fois depuis les Jeux de Pékin en 2008.
«C’est un univers de différences, a-t-il résumé. À Tokyo, j’étais seul au monde. Je n’avais personne pour parler de mon stress et des enjeux. Tout cela a affecté mes performances et mes résultats. J’ai vécu la pression au lieu qu’elle me nourrisse. Je n’avais personne pour me rattacher.»
Ses meilleurs résultats dans la capitale nipponne avaient été des 33e et 36e positions respectivement aux anneaux et à la barre fixe.
État d’esprit très différent
Le vétéran de l’équipe canadienne se retrouve dans un état d’esprit fort différent. «À Tokyo, j’étais content juste d’y aller et de mettre les pieds sur la plus grande scène internationale, mentionne-t-il. Cette fois-ci, mon approche est différente et je vise des résultats. Mon expérience à Tokyo m’a aussi permis de briser la glace, ce qui va être un plus cette année.»
Cournoyer vise un top 12 au concours complet, résultat qu’il a réussi aux mondiaux 2023 et une finale en équipe. Chaque pays peut compter un maximum de deux athlètes parmi les 24 finalistes au concours complet.
«C’est réaliste de croire à un top 12 puisque je l’ai déjà fait et un top 10 serait la cerise sur le sundae. Sur le plan collectif, notre équipe est solide et notre quatrième place aux sélections le démontre. On a chauffé les fesses des meilleurs pays avec un budget beaucoup moindre et les Olympiques représentent une autre occasion de le faire.»
Entraîneur-chef du club Laval Excellence et membre du personnel de l’équipe canadienne, Adrian Balan priorise lui aussi la compétition par équipe.
«Le plus important est qu’on termine dans le top 8 dans la compétition par équipe, souligne-t-il. Par la suite, c’est réaliste de croire que Félix peut atteindre la finale au total des épreuves qui regroupe les 24 meilleurs. C’est faisable aussi de penser à un résultat entre la 8e et la 12e place ainsi qu’une qualification aux finales au sol et aux barres fixes.»
Ébloui par les installations, Félix Dolci abonde dans le même sens.
«Un bon résultat en équipe rallie tout le monde et on devient plus fort en solo. La pression est moins forte en équipe. Une bonne performance en équipe permet aussi d’avoir un plus gros impact sur les jeunes. Ce n’est pas difficile de me plaire, mais les installations à Paris sont à couper le souffle.»
Opération réussie
Un an après Tokyo, le gymnaste de 27 ans de Repentigny a été opéré pour un ligament croisé antérieur déchiré.
«La réhabilitation a été intensive et exigeante, mais je connaissais le protocole de retour sur le bout des doigts, souligne l’étudiant en physiothérapie. J’ai été capable de performer dès mon retour et il n’y a pas eu de contre temps. Un après mon opération, on se qualifiait pour les Jeux. Ce succès au championnat mondial a encore plus de valeur parce que j’ai surmonté un obstacle important.»