Je veux sacrer, pis fort

Jean-Nicolas Blanchet
Partager
Mon patron m’a dit que je ne pouvais pas sacrer pour cette chronique. Je comprends. Mais j’ai l’humble prétention de croire que c’est ce que beaucoup de partisans ont le goût de faire. Demain, on se « recrinquera », mais là, je suis en beau joual vert.
Tout était là. Halak qui porte le flambeau. J’avais des frissons. Le Centre Bell crinqué pour un des plus gros matchs du CH contemporain. On voit aussi l’Avalanche qui est sortie dans l’Ouest et on se dit que la porte est ouverte.
- À VOIR AUSSI | Un porteur de flambeau bien spécial
- À VOIR AUSSI | Chandails du CH : plus de 90 % dans la foule
Ç’a pris huit minutes avant que le CH fasse un tir au but. Et ç’a pris un avantage numérique, cinq minutes plus tard, pour en faire un deuxième.
Les Hurricanes ont ensuite ouvert la machine. À un moment donné, le CH avait quatre tirs, la Caroline avait trois buts.
Faut en revenir avec la Caroline
Ce qui me donne le goût de sacrer, c’est que je ne trouve pas que le Canadien affronte l’Armée Rouge. Oui, les Hurricanes jouent très bien. Mais je crois que le CH peut jouer avec eux.
En plus, Montréal ne se fait pas battre par les étoiles des Hurricanes, ni par leur jeu de puissance qui ne fout rien.
Le Canadien se fait battre par le système des Hurricanes et sa profondeur.
Tu ne peux pas aspirer à la Coupe Stanley si tu es annihilé par Jordan Staal, 37 ans.
Ou si Jordan Martinook est tellement à l’aise qu’il ressemble à Todd Bertuzzi.
Ou si Jalen Chatfield s’amuse comme s’il était Chris Pronger.
Ou Mark Jankowski, leur 4e centre, a l’air d’un triple gagnant du trophée Selke.
Ou Taylor Hall, qui devait être fini à 34 ans.
Et le fameux Jaccob Slavin, présenté comme la plus grande invention depuis les sacs magiques, il a toujours bien un seul but cette année et ne fait rien de si impressionnant durant cette série.
Il me semble que le Canadien a des outils pour affronter ça.
Je me calmerai jeudi
Cette chronique n’est pas rationnelle. J’écris ça comme un fan frustré qui sort du Centre Bell et qui appelle dans les lignes ouvertes.
Je sais que les joueurs sont brûlés. Que les Hurricanes sont solides. Mais je ne peux pas croire que tout ce beau périple finira par un coït interrompu signé Jordan Staal ou Martinook.
Je vais retrouver ma positivité quelque part dans la journée de jeudi pour me motiver à y croire à nouveau. Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini, comme disait Yogi.
Et tant qu’à perdre de même. Pourquoi pas Gallagher ? Ça ne peut pas être si pire.