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«Je pense à elle tous les jours» : Léane Labrèche-Dor parle du décès de sa mère

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-04-17T10:00:00Z

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Léane Labrèche-Dor est la nouvelle marraine de la Société canadienne du cancer. Avec le Mois de la jonquille, c’est le moment idéal pour prendre de ses nouvelles et refléter le chemin qu’elle a parcouru depuis le décès de sa maman, il y a plus de 20 ans.

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Que représente le Mois de la jonquille pour toi ?

Outre le fait que ce soit un moment pour mettre de l’avant la campagne de financement, c’est aussi une façon pour la Société canadienne du cancer de parler de tout ce qu’elle fait d’important. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de jonquille et que ça se déroule au début du printemps : on cherche à apporter de la lumière et de l’espoir. C’est la première fleur qui pousse après le dur hiver. On sait tous à quel point c’est difficile, et que le cancer touche énormément de gens. J’essaie d’aider la cause du mieux que je peux. Un Canadien sur deux recevra un diagnostic de cancer. Si ce n’est pas toi, ce sera sûrement un proche. C’est une dure réalité avec laquelle on doit vivre. Pour moi, ce mois représente le désir de mettre un peu de lumière et de trouver des pistes de solutions. C’est là que j’ai envie de mettre mon énergie.

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Le thème cette année est « Récit d’espoir ». À quel point l’espoir peut-il aider les gens vivant de telles situations, selon toi ?

Chaque récit est différent, comme celui d’Anick Lemay, qui a livré un témoignage inspirant et qui nous montre qu’on peut s’en sortir. Recevoir un diagnostic aujourd’hui, comparativement à il y a 30 ans, est déjà très différent. L’espoir de s’en sortir est plus grand, tout comme la possibilité de vivre avec les traitements sans être isolé dans une chambre d’hôpital sombre. Oui, la peur, l’inconnu, le choc et la frustration existent encore, mais il y a des gens de l’autre côté qui nous montrent que c’est possible de s’en sortir.

Andréanne Gauthier
Andréanne Gauthier

Tu t’es associée à la Société canadienne du cancer en 2025. Comment trouves-tu ton parcours avec eux jusqu’à présent ?

C’est la première fois qu’ils nomment une marraine. Il y a déjà des ambassadeurs, mais ce titre m’a été attribué pour la première fois, et c’est une très belle preuve de confiance. Quand ils m’ont approchée, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est l’ampleur de ce qu’ils font au-delà de la recherche : la Maison Jacques-Cantin, les accompagnements pour les traitements, les lignes d’écoute, etc. J’en ai appris énormément. Ce rôle de marraine se construit au fil du temps, à mesure que le partenariat évolue. Je ne veux pas que la lumière soit sur moi, mais si ma notoriété peut leur donner une tribune, tant mieux. Je suis allée visiter la Maison Jacques-Cantin, j’ai rencontré des bénévoles, des survivants et des personnes en traitement. Chaque fois, ma compréhension de la maladie s’approfondit, tout comme celle de ce qu’elle exige des patients et de leurs proches.

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Ta maman est décédée du cancer il y a plus de 20 ans. Est-ce que ce mois te fait réfléchir davantage à ton parcours ?

En m’associant à la Société canadienne du cancer, je m’associe aussi, par le fait même, à la maladie : je la vois davantage à travers les hôpitaux, les traitements et les gens. Ce n’est pas le Mois de la jonquille qui me ramène des souvenirs, je pense à ma mère tous les jours. Ce sont plutôt des moments comme sa fête ou l’anniversaire de son décès qui ravivent davantage ces pensées. En 21 ans, je trouve que c’est le jour et la nuit. Je ne dis pas que, si elle avait eu son cancer aujourd’hui, elle serait encore avec nous, mais les avancées ont été exponentielles. Ma mère n’était même pas la première personne de mon entourage à être atteinte d’un cancer, c’était la troisième. Il y en a eu plusieurs autres depuis. On doit apprendre à vivre avec le cancer, les deuils qui y sont liés, et aussi à célébrer les réussites et s’assurer de continuer à évoluer.

Comment ta mère a-t-elle marqué la femme que tu es devenue ?

C’est particulier, parce que ça fait plus longtemps que je vis sans elle qu’avec elle. Elle représente tout de même 50 % de qui je suis. C’est peut-être difficile à entendre, mais sa maladie a aussi contribué à façonner la femme que je suis devenue. Vivre cette réalité pendant trois ans, à l’adolescence, une période charnière, m’a profondément marquée. Évidemment, j’aurais préféré qu’elle n’ait jamais eu à vivre ça, mais ça m’a énormément appris. Ça m’a donné envie d’aimer pleinement les gens, de leur dire qu’on les aime et de profiter de leur présence. Ça m’a aussi apporté une grande résilience et m’a fait comprendre l’importance de la famille, qu’elle soit de sang ou choisie. On ne sait jamais quand une mauvaise nouvelle peut arriver, et ces proches, on veut les avoir près de nous dans les moments difficiles.

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Tu es maintenant maman de Milo, qui aura bientôt cinq ans. Comment cette épreuve a-t-elle forgé la mère que tu es pour lui ?

Je parle rarement de ma mère avec lui, mais il pose des questions. Il voit la mère de mon conjoint et se demande où est la mienne. Être mère sans avoir la sienne, c’est l’une des choses les plus difficiles. J’aimerais pouvoir lui poser toutes mes questions et partager mes inquiétudes, autant sur le plan personnel que dans les petits moments du quotidien. Malgré tout, il y a des choses que ma mère m’a transmises et que j’ai envie de transmettre à Milo. Ça n’enlève rien à mon père, mais elle avait une façon bien à elle de nous aimer et de nous accompagner, mon frère et moi.

Quelle est la personnalité de Milo ? Il vient d’une lignée d’artistes impressionnante !

La seule chose que ça crée, ce sont des parents qui lui font des sketchs trop souvent... et il est déjà tanné ! J’ai hâte de voir à l’adolescence. (rires) Il est vraiment attachant, allumé et drôle. Il est loin d’être parfait, mais il est parfait pour nous. Il nous apprend déjà énormément. À quatre ans, il commence à s’affirmer, à se définir, à exprimer ses envies et ses désirs, et c’est magnifique à voir. La petite enfance est remplie d’amour, mais c’est tout aussi extraordinaire de le voir s’émanciper. Il nous met au défi, nous déstabilise. Il est à un âge où il doit commencer à trouver des solutions par lui-même. Ça me réjouit de le voir prendre des décisions. On veut être là pour l’accompagner, mais aussi le laisser faire ses erreurs. Élever un enfant aujourd’hui n’est pas simple, mais on souhaite surtout lui donner les outils nécessaires.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

La première saison d’Antigang tire à sa fin. As-tu hâte de revenir pour une deuxième saison ?

Ce qui est plaisant, c’est que je vais maintenant mieux savoir dans quoi je m’embarque. Je n’avais jamais été un personnage récurrent dans une quotidienne ni vécu un rythme aussi soutenu sur une longue période. Faire évoluer un personnage pendant neuf mois, c’était tout un défi. Les tournages reprennent en juillet, et j’aborde cette deuxième saison avec plus de repères. On n’a pas encore les textes, donc je ne sais pas ce qui attend Fanny. J’ai développé une routine pour que ma vie familiale et ma vie professionnelle s’harmonisent. Je vois ça comme un entraînement : je connais mieux l’exercice et je sais maintenant comment m’y prendre pour que tout se passe bien.

Le public adore ton personnage de Fanny. Ressens-tu son amour ?

Je ne regarde pas les épisodes ni les commentaires qui suivent. Mon travail ne doit pas être influencé par des facteurs extérieurs, qu’ils soient positifs ou négatifs. Mon rôle, c’est d’arriver prête, avec une bonne attitude, et de faire de mon mieux. Que les gens s’y attachent ou non, ça ne change rien à ça. J’apprécie l’attention portée à la série, mais je ne veux pas que ça influence mon jeu. Cela dit, sur papier, Fanny Boutin est un personnage conçu pour faire du bien, pour offrir une pause dans cet univers de crimes. Avant même que je l’incarne, il y avait déjà cette intention. J’ai été très chanceuse, autant avec ce rôle qu’avec mes partenaires de jeu. Travailler avec Sébastien Ricard et Katrine Duhaime est un réel bonheur.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Que feras-tu avant la reprise des tournages, en juillet ?

C’est difficile de planifier des vacances, puisqu’on est deux avec des horaires atypiques. On improvise beaucoup. Quand Mickaël (Gouin) et moi avons quelques jours de congé consécutifs, on en profite pour partir en famille quelque part. J’aimerais bien aller en Australie pendant deux mois, mais ce n’est pas très réaliste ! Sinon, j’essaie de continuer à créer. J’ai des projets d’écriture   ; les miens ou ceux d’amis à qui je prête main-forte. C’est quelque chose que je peux faire malgré un horaire chargé.

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