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«Je n’ai plus 70 ans!»: véritable force de la nature, un médecin de 78 ans se prépare pour l’Ironman 70,3 de Mont-Tremblant

Chantal Poirier / JdeM
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2024-06-21T23:00:00Z

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Pendant que des adultes bien plus jeunes que lui peinent à réaliser un geste banal comme enfiler une paire de bas, Michel Therrien court, nage et pédale comme une petite jeunesse. À 78 ans bien sonnés, il sera le doyen du Ironman 70,3 de Mont-Tremblant dimanche.

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Le Ironman 70,3, c’est la discipline que l’on baptisait jusqu’à récemment «le demi-Ironman». Avec 1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21,1 km de course dans la même épreuve, c’est vrai qu’il n’y a rien qui est fait à moitié.

«Avec des distances comme ça dans les trois disciplines, je pense qu’on mérite que ça s’appelle "Ironman"», lance fièrement l’increvable M. Therrien, qui en sera à sa quatrième épreuve du genre.

Chantal Poirier / JdeM
Chantal Poirier / JdeM

Pour la portion nage, il s’attend à prendre 52 minutes. Il enfourchera ensuite son vélo dans un dénivelé de 1000 mètres pendant près de 3h30 minutes, avant de conclure par le volet course pendant environ 2h30.

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Qui dit mieux? Et pourtant, le vénérable athlète au cœur jeune se sent déjà nostalgique de ses débuts.

«C’est malheureux à dire, mais je n’ai plus 70 ans!» lance-t-il en éclatant de rire.

Apprivoiser l’eau

S’il évoque ses 70 ans, c’est parce que c’est précisément à ce moment de sa vie qu’il s’est initié à la nage. Cycliste de longue date, qui tirait aussi fort bien son épingle du jeu à la course, celui qui a été médecin jusqu’à 74 ans a fait ses déplacements au travail à vélo pendant 30 ans.

Chantal Poirier / JdeM
Chantal Poirier / JdeM

Jamais, toutefois, il n’aurait osé s’imaginer les 80 longueurs de piscine qu’il s’est tapé trois fois par semaine depuis plusieurs mois en préparation du Ironman 70,3.

«Le problème, c’était bien plus la natation que l’endurance. Comme plusieurs triathloniens, j’ai un problème d’anxiété pour la nage en eau libre qui m’accompagne lors de chaque sortie dans un lac et que je dois contrôler», précise-t-il.

C’est un ami cycliste qui a flairé son potentiel il y a huit ans et qui l’a initié à la nage lorsqu’il n’était qu’un «baigneur qui barbotait dans l’eau», comme il le dit lui-même.

À 71 ans, il faisait son premier triathlon. Trois ans plus tard, c’était son premier Ironman 70,3.

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«À chaque année j’ai augmenté les distances. J’ai toujours du plaisir à le faire parce que chaque fois, c’est peut-être mon dernier. Il faut en être conscient», dit-il.

Un processus sérieux

Il ne faut surtout pas croire que M. Therrien s’est lancé dans de telles prouesses sportives sans réfléchir. Lui-même médecin, il a d’abord consulté un cardiologue avant de plonger dans l’univers des triathlons.

«Il faut avoir un cœur qui supporte ça. Je me suis assuré avant de me lancer là-dedans de passer des tests à haute vitesse. C’est évident qu’il faut faire attention et commencer par le début. J’étais déjà habitué à l’exercice intense», soutient-il.

Le pire, c’est que M. Therrien ne semble pas mesurer pleinement l’ampleur de son exploit. Au cours d’un long entretien avec Le Journal, il semble constamment hésitant lorsque l’on évoque d’une façon ou d’une autre qu’il est une véritable force de la nature.

«Quand j’étais médecin, des patients de 78 ans, j’en ai vu passer en masse. J’ai passé les 20 dernières années aux soins palliatifs et j’en ai vu mourir même s’ils étaient pas mal plus jeunes que moi. Il y a un peu de chance dans mon cas et je le sais. En même temps, j’ai toujours mis les efforts sur ma santé», constate-t-il.

Le plaisir de l’entraînement

Pour lui, le véritable bonheur se trouve davantage dans l’entraînement que dans la compétition comme telle. Il investit environ une dizaine d’heures par semaine dans sa préparation, souvent avec sa conjointe des cinq dernières années, après avoir perdu sa première aux mains de l’Alzheimer.

«J’ai du plaisir à aller faire du vélo dans un gym avec mes chums ou ma conjointe à 6 h le matin. Il y a beaucoup d’endorphine qui se libère, je reviens à la maison et je suis bien.»

À l’écouter et à l’observer, on réalise vite que le moteur est encore tout jeune et que la carrosserie demeure rutilante. La machine n’est manifestement pas sur le point d’être remisée.

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