Ironman 70,3 de Mont-Tremblant: de la garde rapprochée de Justin Trudeau à la vie de triathlonien
Ancien conseiller national en sécurité, Daniel Jean mise sur le sport d’endurance depuis la retraite


Stéphane Cadorette
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En l’espace de quelques mois, Daniel Jean a troqué son chapeau de conseiller national en sécurité et aux renseignements du premier ministre Justin Trudeau pour celui de retraité et adepte de triathlons, question de remplir son agenda devenu soudainement libre.
À l’aube du Ironman 70,3 de Mont-Tremblant, Daniel Jean doit parfois se pincer pour réaliser qu’il sera vraiment à la ligne de départ de l’épreuve de 1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21,1 km de course.
Après tout, à 63 ans et retraité depuis cinq ans, c’est à sa carrière et à sa famille qu’il s’est toujours consacré.
Jeune, jusqu’à 15 ans, il a bien été nageur compétitif, raflant même une médaille d’or aux Jeux du Québec en papillon à 14 ans. Par la suite, ses études et le boulot ont pris le contrôle.
Si bien que comme conseiller national en sécurité, Daniel Jean a même été amené à occuper des postes en Haïti, aux États-Unis et à Hong Kong, devenant ensuite sous-ministre au Patrimoine canadien et plus tard aux Affaires étrangères.
Sa feuille de route étoffée l’a ensuite mené dans la garde rapprochée du premier ministre en fin de carrière pour des questions épineuses de gestion de crise. Pas le temps de niaiser, comme dirait l’autre!
Jamais trop tard
En mai 2018, quand l’heure de la retraite a sonné, un constat est vite devenu clair dans l’esprit de celui qui avait jusque-là consacré ses énergies au service public.
«Mon travail, c’était du 24/7. Les heures sont longues et le peu de temps qu’il reste j’essayais de le donner à mes enfants pour les épauler dans leur sport.»
«Quand j’ai pris ma retraite, ma priorité numéro un a été de reprendre le contrôle sur ma vie. Je voulais juste me refaire une santé physique et mentale», confie-t-il.
Un vieux vélo, et c’est parti!

La première étape a été de se mettre au cyclisme en achetant le vélo usagé d’un ami. La piqûre a été instantanée, mais encore fallait-il se trouver une motivation pour passer à travers l’hiver ensuite.
«J’ai dit à ma femme que pour des gens comme nous qui avions vécu dans des pays où il n’y avait pas d’hiver, le gros danger qui me guettait était la sédentarité. Il fallait que je me trouve une activité et c’est là que j’ai pensé au triathlon, même si ma bête noire, c’est la course», raconte-t-il.
Enfin, Tremblant!

Depuis, M. Jean a pris part à quelques triathlons de courtes distances jusqu’à ce que l’an dernier, le Ironman 70,3 de Mont-Tremblant se retrouve au sommet de sa bucket list. Or, au dernier moment, les feux de forêt ont entraîné l’annulation de l’événement.
Pas le choix de se reprendre ce week-end, après tant d’entraînement!
«Il y a une fierté d’être capable de pousser même si je vieillis. J’ai trois petits-enfants de 10 ans, 7 ans et 18 mois. Je suis capable d’aller faire du vélo avec mon petit-fils ou de jouer au hockey dans le sous-sol avec lui pendant des heures. J’ai une belle qualité de vie avec mes petits-enfants.
«Tout ça me fait carburer et me rappelle à tous les jours que je me suis choisi», réalise le triathlonien.