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Je me suis habillée comme si personne ne me regardait et voici ce qui s'est passé

Élise Fiola

2026-04-12T14:55:00Z

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Je me suis lancé un défi : celui de m’habiller, pendant une semaine, comme si personne ne me regardait, quel que soit le contexte, en faisant fi d’un besoin de validation implicite. Juste moi, mes envies, et le miroir. Voici les conclusions que j’ai tirées de cette expérience.

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On le sait, le lâcher-prise est un concept qu’on évoque souvent, mais qui devient parfois un réel défi à appliquer. Surtout quand il est question de style... Parce que s’habiller, ce n’est jamais complètement neutre. C’est un dialogue silencieux avec le regard des autres, pour exprimer sa personnalité, affirmer qui l’on est ou qui l’on pense devoir être.

Très vite, une évidence s’est imposée : ce regard des autres, il s’infiltre partout. Jusqu’au choix des sous-vêtements... Cette petite voix qui suggère une culotte plutôt qu’une autre, question d’éviter une couture mal placée. Je me suis heurtée à ce conditionnement dès le premier jour quand j’ai enfilé un haut blanc, sous lequel un soutien-gorge foncé se laissait deviner sous le tissu trop clair. Rien de dramatique, en théorie. Pourtant, un léger inconfort m’a accompagnée une bonne partie de la journée au travail. Comme si je transgressais une règle implicite.

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Un effort de déconstruction intentionnel

Consciemment, je me suis poussée à choisir des morceaux pour leur confort plutôt que leur effet. Je me suis donné la permission d’oser des agencements imparfaits, des couleurs qui jurent un peu, des silhouettes trop habillées pour un mardi matin ou, au contraire, franchement décontractées pour un vendredi soir.

Un matin, j’ai enfilé une jupe avec des bas de nylon pour affronter des rafales de vent qui faisaient descendre le mercure sous le point de congélation. Rien de rationnel, mais c’était l’envie du jour ! Habituellement, je me serais empêchée de me promener les jambes à l’air pour éviter le jugement des autres, que j’anticipais. (Spoiler : personne ne m’a jugée.)

Au fil des jours, je me suis habituée à cette nouvelle posture désinvolte. Au gym, par exemple, je me suis entraînée en brassière de sport. Si c’est chose commune pour plusieurs, pour ma part, je m’étais rarement permis ce vêtement dans un espace aussi achalandé, par inquiétude de recevoir des regards déplacés.

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Moi vs l’autre

Je me suis vite rendu compte que, même si mon accoutrement me paraissait parfois dérangeant ou même déplacé, aucun commentaire, aucun regard appuyé, aucun jugement manifeste ne m’a été lancé. Rien de ce que j’avais anticipé ne s’est produit.

Et si le regard qui me contraignait le plus n’était pas celui des autres, mais le mien ? Mes propres opinions teintées de réflexes appris, répétés et jamais vraiment remis en question, dirigent-elles inconsciemment ce que je m’autorise à porter ? Dictent-elles comment je souhaite me présenter ?

Après une semaine, je ne peux pas dire que j’ai complètement décroché du regard des autres. Mais j’ai appris à le faire taire un peu. À lui répondre moins vite. À lui désobéir, parfois.

Parce que s’habiller comme si personne ne regardait, c’est aussi accepter que le style ne soit pas toujours cohérent, flatteur ou « approprié ». C’est faire place à l’envie, même quand elle est imparfaite, irrationnelle ou un peu inconfortable. Bref, une leçon que je m’efforce encore aujourd’hui à appliquer dans mon quotidien quand l’envie me prend.

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