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Evans, une option efficace en infériorité numérique

Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2021-01-30T02:38:18Z

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Au cours des deux dernières saisons, lorsque l’un de ses joueurs prenait le chemin du cachot, Claude Julien se tournait systématiquement vers Phillip Danault et Paul Byron pour défendre le territoire de son équipe à court d’un homme. Désormais, il s’agit moins d’une certitude.

Jeudi, par exemple, Jake Evans a été l’attaquant le plus utilisé par l’entraîneur du Canadien dans cette situation. Et par une bonne marge. Le jeune Ontarien a foulé la glace en infériorité numérique pendant 3 min 36 s, soit plus d’une minute et demie (95 secondes) de plus que Byron, deuxième à ce chapitre.

«On a maintenant plus d’options, a déclaré le pilote franco-ontarien, au terme de la victoire de jeudi face aux Flames. [L’utilisation] peut dépendre du côté où se fait la mise en jeu. Evans est droitier, tout comme (Nick) Suzuki, alors que Phillip est gaucher. On y va avec la meilleure chance de gagner la mise en jeu ou avec un gars frais et dispos pour commencer une présence.»

Pendant ce temps, Danault n’a vu que 1 min 34 s d’action à court d’un homme. En contrepartie, le Québécois est le centre qui a été le plus souvent envoyé sur la patinoire par Julien à forces égales (14 min 1 s, contre 13 min 31 s pour Suzuki, 11 min 19 s pour Jesperi Kotkaniemi et 11 min 17 s pour Evans).

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Cela prouve la théorie du coach selon laquelle la profondeur sur laquelle il mise lui permet de distribuer les tâches de façon plus équitable. Il évite ainsi d’hypothéquer un joueur pour la fin d’un match ou, à plus long terme, en cours de campagne.

D’ailleurs, Danault n’avoisinera probablement plus les 20 minutes de jeu, un plateau qu’il a atteint ou franchi 23 fois la saison dernière. Et c’est très bien ainsi.

«Pour l’instant, utiliser tout notre banc nous sert bien. On espère que plus la saison avancera, plus ça nous donnera un avantage, a répété l’entraîneur du Tricolore, vendredi après-midi, après l’entraînement des siens. C’est avec cette intention que nous avons commencé la saison. Tant que les joueurs offriront de bonnes performances, nous continuerons de cette façon. Dans le cas contraire, nous apporterons des modifications.»

Du galon

Bien sûr, Evans sort grand gagnant dans cette philosophie. Il effectue en moyenne 18,6 présences par match, ce qui lui donne une position avantageuse sur les autres centres de quatrième trio de la LNH.

«Je veux continuer de m’améliorer et continuer d’aider l’équipe à gagner. Obtenir autant d’occasions de le faire, vendredi et lors des matchs précédents, a été fantastique. J’aime cette mission en infériorité numérique», a-t-il déclaré.

Sans compter que de se voir confier des missions d’une telle envergure aussi tôt dans la saison et aussi rapidement dans sa carrière (il n’a qu’une expérience de 20 matchs de saison régulière dans la LNH) a de quoi ajouter une bonne dose de confiance dans le torse d’un jeune athlète.

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«Quand l’entraîneur vous délègue dans des moments importants comme l’infériorité numérique, ça donne confiance. J’espère que ça déteindra également sur d’autres aspects de mon jeu.»

Parmi ces autres aspects du jeu, il y a cette habitude qu’a prise Julien d’envoyer Evans, accompagné de Byron et d’Artturi

Lehkonen, sur la patinoire lors de la présence suivant une attaque massive. Immanquablement, cette situation place ce trio face à la meilleure unité adverse.

«Sachant que je suis en mesure de tenir tête à certains des meilleurs joueurs de la ligue, je me sens plus à l’aise de tenter des jeux. J’acquiers de l’expérience. En revanche, je dois continuer de jouer comme s’il s’agissait de mon dernier match. Je ne peux pas faire l’erreur de devenir complaisant.»

Discussion profitable

L’attaquant de 24 ans gagne en confiance, mais il doute encore de l’étendue de son talent. Il a souligné avoir souvent recours aux conseils de Luke Richardson pour s’assurer de bien exécuter ce que les entraîneurs lui demandent.

Il s’est également ouvert sur une discussion qu’il avait eue avec Kirk Muller, au cours d’un entraînement, à la veille du premier match de la saison à Edmonton.

«Ça avait été une très bonne conversation. J’étais très frustré après le match à Toronto. Je n’avais rien fait de bon dans les cercles des mises en jeu, je n’avais pas l’impression d’avoir aidé l’équipe. Il m’a dit d’oublier tout ça et de penser au prochain match. C’est ce que j’ai fait et ça m’a grandement aidé. Kirk a tellement une influence positive.»

En plus de voir son taux de succès dans les mises en jeu passer de 14,3 % à 50 %, Evans avait inscrit un but en infériorité numérique. Depuis, les choses n’ont cessé de s’améliorer.

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