«J’aime dépasser mes limites»: Debbie Lynch-White parle de ses projets à venir
Alicia Bélanger-Bolduc
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Debbie Lynch-White réalisera un grand rêve cet été en faisant partie de la nouvelle distribution des Misérables, pièce très attendue qui sera présentée à Montréal et à Québec. L’actrice qui a le vent dans les voiles multipliera les projets diversifiés au cours des prochains mois.
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Parle-moi un peu de ta réaction lorsque tu as appris que Les Misérables serait être présentée au Québec. À quel point désirais-tu faire partie de ce projet ?
Ça fait longtemps que je m’en fais parler et que des gens autour de moi me disent que je serais parfaite pour un projet comme celui-ci. À l’annonce officielle, même chose : mes amis me voyaient beaucoup dans le personnage de madame Thénardier. Pour ma part, ça pouvait fonctionner dans mon horaire, ce qui est parfois l’obstacle principal. C’est devenu un réel désir d’obtenir ce rôle. Madame Thénardier a été interprétée par de très grandes actrices, autant à la télé qu’au cinéma et au théâtre. C’est un personnage mythique, je ne réalise pas encore que je m’inscrirai dans la lignée des femmes qui ont pu l’interpréter.

C’est une première fois pour toi, dans une comédie musicale sur scène. Quels sentiments t’habitent à l’idée de porter un tel rôle ?
Je trouve ça parfait comme situation. J’occupe une grande place, mais ce n’est pas le rôle principal non plus. Le couple Thénardier fait quelques apparitions et nous fait rire. Je ne sens pas que le spectacle repose sur mes épaules. Je trouve que c’est une façon magnifique de faire mes classes. Oui, j’ai 15 ans de métier, mais j’arrive là-dedans avec beaucoup d’humilité, en apportant mon bagage, ma rigueur, ma créativité et ma façon de travailler. J’adore découvrir ce monde sans avoir toute la pression sur mes épaules. C’est vraiment un show d’équipe et je me sens déjà bien épaulée par tout le monde. Ça enlève un peu de stress.
Tu mentionnais que c’était l’un des rêves de la petite Debbie de 12 ans. Quelle a été ta réaction en apprenant que tu avais le rôle ?
J’ai tellement crié ! (rires) Je me rendais à mon agence quand j’ai reçu l’appel, dans mon auto. Une chance que j’étais stationnée ! J’ai tout de suite appelé ma blonde, j’étais complètement euphorique ! C’est un bel adon, parce que je pense souvent à cette Debbie dans ce genre de situation. Elle serait euphorique elle aussi, c’est certain. Je ne le dis pas avec vantardise, mais avec beaucoup de gratitude. J’ai la vie dont je n’aurais jamais osé rêver quand j’étais ado. Je mesure vraiment ma chance et j’essaie de l’honorer en donnant tout ce que je peux. Ça me touche de penser à cette petite fille, et je me rends compte que ça m’aide beaucoup dans la gestion du stress qui accompagne un tel emploi du temps. J’aurai un horaire assez militaire dans les prochains mois, mais faire de la visualisation et revenir au bonheur simple de jouer m’aide beaucoup.

Comment désires-tu interpréter cette version de madame Thénardier ?
J’aimerais essayer de faire ressortir son humanité, c’est un trait qu’on avait déjà exploré en audition. Elle est malheureuse en amour. Elle n’aime pas vraiment monsieur Thénardier, mais c’est une femme de son époque : elle ne peut pas partir. Sa plus grande histoire d’amour, c’est l’argent ; elle ferait tout pour en avoir encore plus. J’aimerais mettre en lumière le malheur qu’il y a derrière ça ; essayer de la montrer comme autre chose qu’une menteuse magouilleuse et malhonnête. Je l’aime beaucoup, même si elle a tous ces côtés sombres, et c’est ce que je vais essayer de faire ressortir.
As-tu un rituel pour célébrer ce genre de grosses nouvelles ?
Tu me rappelles que je n’ai encore rien fait pour Les Misérables! Mais avec le film Nos belles-sœurs, je m’étais acheté une chaîne en or. Je ne suis pas du genre à dépenser beaucoup d’argent, mais j’aime bien m’acheter un bijou symbolique. Sinon, un bon restaurant ou une bouteille de bulles aide aussi à célébrer. En même temps, j’aime également célébrer la fin de mes aventures. Quand j’apprends que j’ai un gros rôle, j’ai tendance à tomber tout de suite en mode travail et je ne pense plus à la célébration. C’est bien d’honorer la fin d’une grosse étape. C’est quand c’est fini qu’on fête !

Qu’est-ce qui t’attire autant dans la comédie musicale ?
Je pense que j’ai toujours été grandement impressionnée par les interprètes. En étant actrice, je vois l’immense travail qu’il y a derrière un personnage. Quand je pense qu’il y a des artistes qui donnent sept à huit spectacles par semaine, je trouve ça spectaculaire ! La comédie musicale est très exigeante : il faut être capable de chanter, de jouer et de danser. Parfois, on en rit ou on tourne ça au ridicule, mais moi je vois vraiment ces artistes comme des athlètes.
Comment ta conjointe te soutient-elle dans ces moments importants ?
Elle est vraiment très présente. Le fait qu’elle soit aussi actrice fait qu’elle comprend complètement cette réalité. Parfois, c’est à son tour de partir en tournée et c’est moi qui la soutiens. Toutes les deux, on s’élève et on se pousse dans ce qu’on est capables de faire. Elle est super excitée de venir à la première des Misérables. Elle est aussi là pour calmer mes petits moments d’angoisse. Elle a toujours les bons mots. C’est vraiment un gros plus d’avoir quelqu’un qui comprend cette réalité. Le dialogue n’est pas pareil et l’empathie non plus. On n’a pas non plus peur de la lumière de l’autre : on laisse briller l’autre quand c’est son tour.
As-tu toujours aimé te lancer des défis ?
En règle générale, j’ai toujours été comme ça dans ma carrière. J’aime que mon métier m’apprenne de nouvelles choses, je trouve ça stimulant. Cette année, j’ai dû apprendre à faire du roller derby, mais j’ai aussi dû étudier l’histoire de l’Espagne pour la pièce Quichotte. Depuis le début de ma carrière, je n’ai pas peur de me lancer un peu n’importe où et j’ai toujours aimé cette forme de dépassement de soi liée à un projet. Je suis même en train d’apprendre la pole dance pour Quichotte! Que Les Misérables soient un gros défi pour moi, ça me correspond bien. Ça fait quelques années que je fais des spectacles un peu plus « naturalistes », comme Malaise dans la civilisation ou mon projet avec Safia Nolin, Surveillée et punie. J’avais hâte de me remettre en costumes et de jouer plus grand. J’ai beaucoup de diversité dans mes rôles et c’est un beau privilège.
Un autre de tes projets a été Les Furies, pour lequel une tournée de présentation avait été organisée. On sent vraiment qu’un esprit de communion s’est formé entre vous toutes. Est-ce que c’est ce qui ressort de ce film ?
Oui, vraiment. On a commencé à s’entraîner trois mois avant le tournage et on a été vraiment présentes l’une pour l’autre. On s’est créé une solide chimie d’équipe. Je suis souvent émue en pensant à ce que Gabrielle Côté a pu créer avec ce film. On nous répète souvent que les filles sont en compétition entre elles, c’est ce qu’on veut nous faire croire. Mais j’ai eu beaucoup de projets majoritairement féminins dans les derniers mois, comme Nos belles-sœurs et Les Furies, et je n’ai jamais remarqué cette dynamique-là. On est toujours généreuses entre nous et solidaires. J’ai vécu une superbe expérience.
Tu reviens d’un voyage au chaud. Comment c’était ?
J’allais visiter une amie au Mexique, à Ciudad del Carmen. On n’a pas fait grand-chose. C’était vraiment en mode repos. Ça m’a fait du bien, surtout considérant les prochains mois qui s’en viennent pour moi. Ce n’était pas dans un endroit très touristique, donc on a été très tranquilles.
Quels sont les autres projets qui t’attendent, sinon ?
La pièce Quichotte, dans laquelle j’interprète Madame Petit, sera présentée au TNM du 5 mai au 6 juin. Sinon, je serai à la barre de l’organisation du Cabaret des possibles, au théâtre La Chapelle, le 1er avril. C’est une soirée cabaret où j’invite des artistes de tous les milieux à venir réaliser un fantasme, un numéro qu’ils n’ont jamais osé faire devant des gens. Après ça, ce sera déjà l’été et je présenterai Les Misérables.