Italie 2026 : de quoi aurait l'air l'équipe féminine du Québec?


Patric Laprade
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Après avoir écrit ma chronique d’hier dans laquelle je déplore qu’Équipe France ait plus de Québécoises que l’équipe canadienne, et en cette veille de début de tournoi olympique, je me suis dit qu’il serait intéressant de voir à quoi ressemblerait une Équipe Québec.
Surtout qu’on a souvent fait l’exercice chez les hommes et les juniors au fil des années, mais jamais chez les femmes.
Commençons par la position la plus facile, les gardiennes. Probablement la position la plus forte pour le Québec.
La meilleure gardienne au monde, Ann-Renée Desbiens, de la Victoire de Montréal, serait sans contredit la numéro 1. Gardienne de l’année dans la LPHF la saison dernière, elle domine dans toutes les catégories cette saison. Le Québec pourrait espérer se rendre loin dans un tournoi fictif avec la muraille de Charlevoix devant le filet.
À ses côtés, l’une des meilleures gardiennes dans la NCAA et parmi les quatre meilleures au Canada, des Bulldogs de Minnesota-Duluth, Ève Gascon. En Desbiens et Gascon, le Québec compterait sur un des meilleurs duos du tournoi. Seules les Canadiennes et les Américaines auraient des duos potentiellement supérieurs.
Comme troisième gardienne, mon choix s’arrête sur Alice Philbert, qui joue avec le EVB Eagles Südtirol dans la EWHL, en Europe, et qui représentera la France dès demain à Milan.
Une attaque menée par Poulin
Passons à l’attaque, la deuxième position la plus forte pour le Québec.
À l’instar de Desbiens, le Québec peut compter sur la meilleure joueuse au monde en sa capitaine, de la Victoire, Marie-Philip Poulin. Joueuse par excellence et meilleure attaquante la saison dernière dans la LPHF, elle est septième meilleure pointeuse cette saison, à seulement deux points de la première place.
À Poulin, on se doit d’ajouter les six autres attaquantes qu’on retrouve dans la LPHF.
Catherine Dubois, Alexandra Labelle, Jade Downie-Landry et Maya Labad de la Victoire, Emmy Fecteau des Sirens de New York, ainsi qu’Elizabeth Giguère du Frost du Minnesota. Elles ont l’expérience de jouer avec et contre les meilleures au monde sur une base régulière et ça, c’est quelque chose qui ne s’achète pas.
Il en manque donc six.
Sans hésiter, je me tourne vers la Suède et Gabrielle David. Celle qui a passé deux saisons dans la LPHF est deuxième meilleure pointeuse de la deuxième plus forte ligue de hockey féminin au monde, avec sa fiche de 39 points en 26 matchs.
Je me dirige ensuite en Suisse pour la sixième meilleure pointeuse de la PFWL, Ann-Frédérique Guay. Cette dernière connaît toute une saison, comme en fait foi sa fiche de 40 points en 27 matchs avec le HC Fribourg-Gottéron.
Quatre joueuses universitaires pour compléter
Allons maintenant du côté universitaire.
Audrey-Anne Veillette est la seule joueuse universitaire au Québec à avoir de l’expérience chez les professionnelles, elle qui a joué en Suède en plus d’avoir participé à deux camps d’entraînement dans la LPHF. Elle s’aligne actuellement avec les Carabins.
Sena Catterall est l’un des meilleurs espoirs chez les Québécoises. Ses 15 buts et ses 30 points en 30 matchs avec Clarkson dans la NCAA font d’elle la meilleure Québécoise dans ces deux catégories.
Les deux dernières sont issues du RSEQ et elles sont toutes les deux capitaines de leur équipe respective.
Gabrielle Santerre a mené les Gaiters de Bishop’s à la conquête du championnat canadien en étant nommée joueuse par excellence du tournoi l’an dernier. De son côté, Jessymaude Drapeau arrache tout sur son passage cette saison, avec 17 buts et 28 points en seulement 19 rencontres. Elle est en grande partie responsable des succès de Concordia cette année.
Moins de profondeur à la ligne bleue
Seulement une défenseuse québécoise joue dans la LPHF, soit Kelly-Ann Nadeau avec Montréal.
Il s’agit de la position avec le moins de profondeur pour le Québec. Dans une défensive plus axée sur l’attaque, Nadeau serait le pilier défensif de l’équipe et la défenseuse la plus complète.
À Nadeau, j’ajouterais Maude Poulin-Labelle. Elle a joué 11 matchs avec Toronto en 2025 et s’aligne maintenant avec Brynas IF en Suède. La Sherbrookoise a une fiche de 24 points en 38 matchs en deux saisons dans la SDHL. Toujours en Suède, mais du côté de Farjestad, il y a Alexie Guay, qui en est à sa deuxième campagne dans la SDHL. En 2025, elle avait signé un contrat de réserviste avec New York, sans jamais toutefois disputer un match.
Dirigeons-nous ensuite vers deux joueuses qui ont un fort bagage chez les pros en Marie-Pierre Pélissou et Kristen Guerriero. Les deux sont présentement aux Jeux olympiques avec la France et l’Italie respectivement. Guerriero a une fiche de 20 points en 25 matchs dans la EWHL.
Coéquipière de Guerriero avec les EVB Eagles, Léonie Philbert, malgré sa petite taille, trouve toujours le moyen de se démarquer offensivement. L’ancienne de Concordia a obtenu 21 points en 16 matchs cette saison.
Il reste un poste à combler et comme pour les attaquantes, on se dirige vers le réseau universitaire avec Méghane Duchesne-Chalifoux. Cette dernière complète son parcours avec UConn et une personne impliquée dans la LPHF qui la connaît bien m’a dit qu’elle aurait pu jouer dans la ligue dès cette saison.
Parmi les autres joueuses qui ont été considérées, notons les Kayla Tutino, Émilie Lussier, Daphné Boutin, Émilie Lavoie, Gabrielle De Serres et Marilou Grenier.
Dire qu’il y a quelques années à peine, on aurait pu aussi compter sur les Mélodie Daoust, Ann-Sophie Bettez, Catherine Daoust et Laurianne Rougeau.
Ahhh nostalgie, quand tu nous tiens!
Sauvageau: de retour derrière le banc
Extrapolons un peu notre mandat en y allant d’une équipe de direction.
Derrière le banc, je n’ai pas le choix d’y aller avec Danièle Sauvageau. Oui, elle est la directrice générale de la Victoire et de l’Italie, mais elle est la seule Québécoise à avoir remporté une médaille d’or dans ce rôle.
Ses adjoints et adjointes seraient Caroline Ouellette de la Victoire, Valérie Bois des Sirens et Éric Bouchard, qui sera derrière le banc de l’Équipe Italie à Milan. Le tout dirigé par le directeur général de New York dans la LPHF, Pascal Daoust.
Ce serait, très sérieusement, une des meilleures équipes de dirigeants de tout le tournoi olympique.
À quel rang le Québec se classerait-il?
La question qui tue: quels pays le Québec serait-il capable de battre?
En partant, il y a le Japon. Ensuite la France, encore plus si on lui enlève Philbert devant le filet et Pélissou à la défense. J’ai le même raisonnement avec l’Italie, qui ne pourrait compter sur Guerriero à la ligne bleue et Bouchard derrière le banc.
Je n’ai pas de doutes que l’Allemagne s’avouerait vaincue. À part Sandra Abstreiter devant le filet, l’équipe a très peu à se mettre sous la dent. Même chose pour la Suisse.
Et c’est là que ça se corse.
La Finlande et la Tchéquie sont les favorites pour la médaille de bronze, tandis que la Suède n’a pas une vilaine équipe.
Cependant, aucune des trois ne compte sur une Ann-Renée Desbiens et une Marie-Philip Poulin. De plus, le Québec aurait neuf joueuses de la LPHF dans son équipe. Seuls le Canada et les États-Unis en auraient plus.
Mon choix pour le bronze cette année est la Tchéquie. Avec Kristýna Kaltounková, Natálie Mlýnková et Tereza Vanišová, plus une gardienne qui jouait dans la LPHF la saison dernière, je pense que le Québec pourrait avoir de la difficulté à vaincre l’équipe dirigée par Carla McLeod.
Être agressif, je dirais que les Québécoises pourraient surprendre avec une médaille de bronze. Être conservateur, je les placerais cinquièmes. Je vais donc y aller avec une quatrième place.
Dans tous les cas, l’équipe serait compétitive, très intéressante à regarder... et aurait un bien meilleur classement que son penchant masculin!
Voici, en terminant, ma formation finale d’Équipe Québec :
Attaquantes (13)
· Sena Catterall
· Gabrielle David
· Jade Downie-Landry
· Jessymaude Drapeau
· Catherine Dubois
· Emmy Fecteau
· Élizabeth Giguère
· Ann-Frédérique Guay
· Maya Labad
· Alexandra Labelle
· Marie-Philip Poulin
· Gabrielle Santerre
· Audrey-Anne Veillette
Défenseuses (7)
· Méghane Duchesne-Chalifoux
· Alexie Guay
· Kristen Guerriero
· Kelly-Ann Nadeau
· Marie-Pierre Pélissou
· Léonie Philbert
· Maude Poulin-Labelle
Gardiennes (3)
· Ann-Renée Desbiens
· Ève Gascon
· Alice Philbert