Italie 2026 : plus de Québécoises avec la France et l'Italie... que le Canada


Patric Laprade
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En 2010, lorsque l’équipe canadienne de hockey féminin a remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques de Vancouver, la formation comptait sur sept Québécoises. Quatre ans plus tard, lorsque Marie-Philip Poulin a marqué son but en or, il y en avait aussi sept.
Cette année, elles ne seront que deux.
Le problème outre cette faible représentation?
L’équipe de France aura trois Québécoises dans ses rangs, alors que l’équipe italienne en aura deux.
Oui oui, vous aviez bien lu! Il y aura plus de Québécoises représentant le coq gaulois que la feuille d’érable.
C’est fou quand on y pense!
Vous me direz que les deux Québécoises avec l’équipe canadienne ne sont pas des pieds de céleri.
En effet. On parle de la meilleure attaquante au monde, Marie-Philip Poulin, et de la meilleure gardienne au monde, Ann-Renée Desbiens.
Vous me direz aussi que les Québécoises avec Équipe France et Équipe Italie ne se seraient pas nécessairement taillé une place avec l’équipe canadienne.
Tout à fait d’accord avec vous. En toute franchise, seule la gardienne de Mascouche Ève Gascon aurait pu s’ajouter au contingent québécois à ces Jeux.
Le problème est plus profond que ça.
Après avoir eu quatre Québécoises avec l’équipe nationale en 1998, lors du premier tournoi de hockey féminin aux Jeux olympiques, il y en a eu six en 2002 et 2006, sept lors des deux suivants, cinq en 2018 et trois en 2022. On voit donc que la tendance est à la baisse dans la dernière décennie.
Et c’est ce qu’il est important de retenir ici.
La place des Québécoises dans le hockey féminin élite canadien est rendue si faible que la France en comprend plus et l’Italie autant.
L’envers de la médaille est que ça permettra aux partisans du Québec de suivre et d’encourager deux autres équipes et cinq de leurs joueuses.
Je vous les présente donc, ainsi que leur historique.
Gabrielle De Serres
Âgée de 28 ans, la joueuse de défense Gabrielle De Serres est née à Mont-Royal, mais sa grand-mère est Française. Après avoir joué son hockey collégial à Dawson, elle a joué son hockey universitaire à Toronto, où elle a été nommée joueuse par excellence de la conférence de l’Ontario en 2022. Elle a ensuite joué une saison avec la Force de Montréal dans la défunte PHF et est partie en France. Ayant la double nationalité, elle a représenté la France aux championnats mondiaux de 2024 et 2025.
Marie-Pierre Pélissou
De son côté, Marie-Pierre Pélissou est également née à Montréal, d’un père français et d’une mère canadienne. Après avoir joué son hockey mineur et universitaire en Ontario, elle est partie en Europe, jouant en France et en Suisse. La joueuse de défense de 30 ans fait partie de l’équipe de France depuis 2022. En 25 parties cette saison avec le HC Davos de la PFWL en Suisse, elle a une fiche d’un but et huit aides.
Alice Philbert
L’histoire d’Alice Philbert, 29 ans, est complètement différente.
Contrairement à ses coéquipières, Philbert n’a pas de famille ayant la nationalité française.
Au printemps 2023, après un parcours de cinq ans et un championnat canadien avec Concordia, l’athlète de la Rive-Sud de Montréal hésitait entre l’Europe et la PHF. Au championnat mondial qui se déroulait en Ontario, l’une de ses coachs à Concordia, Caroline Ouellette, s’est entretenue avec l’entraîneur de l’équipe de France qui se cherchait une gardienne pour les Jeux olympiques de 2026.
L’idée intéressait Philbert, mais jouer chez les professionnelles était son premier choix. Fin juin, elle a une rencontre prévue avec la direction des Beauts de Buffalo. Mais la veille de cette rencontre, la ligue a fermé ses portes, laissant place à ce qui deviendra la LPHF.
Sous les conseils de Ouellette, Philbert a donc décidé de suivre le chemin de la France.
Puisqu’elle avait étudié en français la majorité de sa vie et qu’elle n’avait jamais fait partie ou même reçu d’invitation pour Équipe Canada, elle était éligible.
Le processus a toutefois été long.
Ça prenait l’accord de la capitaine de l’équipe de France, des demandes devaient être faites à la fédération de hockey sur glace, puis au gouvernement. Ensuite, Philbert devait jouer en France et travailler à 80% de son temps pour démontrer qu’elle amenait quelque chose à la République. Sans compter toute la paperasse à remplir.
Et c’est ainsi, deux ans plus tard, qu’Alice a finalement eu sa naturalisation et le droit de représenter la France aux plus récents championnats mondiaux.
Kristen Guerriero
La défenseuse Kristen Guerriero, 26 ans, a joué au Collège Dawson avant d’aller à l’Université St-Lawrence, où elle a obtenu son diplôme en 2022. Elle a ensuite joué en Roumanie, en Suisse et en Italie, afin d’être éligible pour les Jeux olympiques de 2026. Son grand-père est Italien, ce qui lui permet d’avoir la double nationalité. Elle a représenté l’Italie aux mondiaux de 2025 et cette saison, en 15 matchs dans la EWHL en Europe, elle a obtenu 20 points.
Kayla Tutino
De son côté, Kayla Tutino, 33 ans, était capitaine à l'Université de Boston, où elle a joué avec Marie-Philip Poulin. La Montréalaise a également fait partie des Canadiennes de Montréal de l'ancienne CWHL, avant de se tourner vers le coaching. Mais en 2024, celle qui est née d’une mère italienne a fait un retour au jeu après cinq ans d’absence. Elle a joué en Italie, dans le but de participer à ses premiers Jeux olympiques, et a participé au championnat mondial de 2025.