Internationaux des États-Unis: Gabriel Diallo se paie une vedette montante et passe au 3e tour


Jessica Lapinski
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NEW YORK | La superbe épopée de Gabriel Diallo à New York s’est poursuivie de la plus belle des manières jeudi. Le qualifié québécois, qui n’avait jamais remporté un match dans le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem avant cette semaine, ne s’est payé nulle autre qu’une vedette montante du tennis pour accéder au troisième tour des Internationaux des États-Unis.
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Diallo, 22 ans et 143e mondial, a renversé la 24e tête de série, le Français Arthur Fils, 7-5, 6-7 (3), 6-4 et 6-4, dans une bagarre comme celles pour lesquelles paient le fort prix les amateurs de tennis qui assistent à l’US Open.
Une démonstration de puissance, ponctuée de hauts et de bas de la part des deux belligérants. Mais un duel au cours duquel le Montréalais s’est accroché, aidé par moments par les largesses de son rival de 20 ans.
Une fois la dernière balle jouée – sur un autre de ses puissants services que Fils a été incapable de retourner –, Diallo a salué la foule un sourire aux lèvres, une main sur le cœur.

Pour célébrer ce qui est, à ce jour, le plus grand moment de sa très jeune carrière professionnelle. Il y a deux ans, le géant de 6 pi 8 po encore inconnu du grand public remportait le Challenger de Granby, avant de retourner jouer pendant quelques mois sur le circuit universitaire américain. Il est devenu «pro» juste avant la saison 2023.
«Si tu m’avais dit, il y a deux ans, que je serais ici aujourd’hui, je ne sais pas si je t’aurais cru», a laissé tomber Diallo devant les journalistes.
Les sourires dans le box
Le voilà parmi les 32 derniers toujours en lice à New York, plus riche de 290 000$, lui qui avait, à ce jour, touché quelque 700 000$.
Et assuré, aussi, de pointer au moins à la 103e place quand l’ATP dévoilera son prochain classement, c’est-à-dire son meilleur rang à ce jour.
«Sur la balle de match, je pensais surtout à l’endroit où je devais placer mon service, a raconté le très cartésien Diallo, après la rencontre. Je pensais avoir réussi un as, mais la balle a touché le haut du filet, alors j’ai dû recommencer.»
«Mais après... j’étais content pour mon équipe. Pour mon entraîneur, mon préparateur physique, mon agent. Ceux qui laissent un peu leur famille pour m’accompagner dans mon rêve. Je voyais leurs sourires», a-t-il dit en souriant à son tour, un peu moins cartésien cette fois.

Il n’a jamais baissé les bras
Et ce parcours Cendrillon, Diallo ne l’a pas volé. Même si parfois, en dépit de sa grande taille, le filet semblait trop haut et que son coup droit s’y accrochait, avant de retomber de son côté du terrain.
Surtout en première et en deuxième manche. Car à compter de la troisième, c’est un Diallo tout en confiance qui a dicté les échanges.
Comme si c’était lui et non Fils, vainqueur du deuxième titre de sa carrière sur l’ATP il y a quelques semaines à Hambourg, le prodige sur le court.
Pourtant, le Québécois aurait pu baisser les bras après ce bris d’égalité de la deuxième manche, que le Français a dominée notamment grâce à deux superbes points, dont un qui impliquait un tweener (un coup frappé entre les jambes) digne d’une position de choix dans les jeux de la semaine.

Tout se transforme en or
Mais non: à compter du troisième set, Diallo a fait courir le Français de droite à gauche, puis de gauche à droite, avant de le matraquer d’un coup droit impossible à remettre en jeu.
Même certaines de ses montées au filet, jusque-là plutôt laborieuses, ont commencé à se transformer en or. Le tout sous le regard approbateur de son entraîneur, Martin Laurendeau, qu’on a maintes fois aperçu debout, à applaudir les bons coups de son poulain.
Au son, aussi, d’un stade 17 complètement survolté, animé d’abord par des «Ô Canada» et des «Allez, Arthur!» partagés.
La plupart des autres matchs de la séance de jour étant terminés, les spectateurs s’étaient rués vers ce terrain un peu éloigné. Au fur et à mesure que la rencontre avançait, on les sentait davantage derrière ce grand garçon qui leur prouvait que ce que l’on dit au sujet de leur ville est vrai.
À New York, tout est possible.
Mais surtout, a ajouté Diallo, que «quand on travaille, les rêves se réalisent».
▶ Au troisième tour, samedi, Gabriel Diallo se mesurera maintenant à la 14e tête de série, l’Américain Tommy Paul. Paul n’a pas trop eu à suer jeudi: son adversaire, l’Australien Max Purcell, a abdiqué quand il tirait de l’arrière 7-5, 6-0 et 1-0.
Leylah s’incline dans le plus grand stade au monde

Après sa défaite en simple mardi, Leylah Fernandez avait pour sa part une chance de se racheter en double jeudi, où elle jouait, en plus, dans le plus grand stade de tennis au monde, le Arthur-Ashe, avec ses quelque 24 000 places.
Mais le tirage au sort n’avait pas épargné la gauchère québécoise et sa coéquipière, la Kazakhe Yulia Putintseva.
Ce privilège de jouer sur le «Ashe», il était lié au fait qu’elles affrontaient les championnes en titre et premières tête de série, la Canadienne Gabriela Dabrowski et la Néo-Zélandaise Erin Routliffe (qui a notamment vécu à Montréal).
Et la partenaire de double de Leylah aux Jeux olympiques de Paris lui a montré la porte de sortie, 6-4 et 6-2.
Comme la Lavalloise n’est pas inscrite en double mixte – contrairement à Dabrowski, qui est la favorite là aussi –, son US Open est bel et bien terminé.