US Open: Gabriel Diallo signe une grande première et sauve la mise à New York


Jessica Lapinski
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NEW YORK | Il a claqué un as (quoi d'autre, quand on a un service comme le sien?), son 20e du match. Il a salué son adversaire, l'arbitre, puis il est allé voir son clan, nombreux, à qui il a distribué étreintes et tapes dans les mains, un grand sourire décorant son visage. Le moment était grand pour Gabriel Diallo, professionnel depuis environ un an et demi.
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Sous les projecteurs de New York, le Québécois venait de signer sa première victoire dans le tableau principal d'un tournoi du Grand Chelem. Une victoire «super importante», lui qui rêvait depuis l'enfance de disputer des matchs, le soir, dans la Grosse Pomme. La fameuse «night session» du US Open.
«Tu t'entraînes toute ta vie pour jouer dans un environnement comme celui-là, a-t-il souri en entrevue au Journal, des étoiles dans les yeux. [Mardi], j'ai eu la chance d'avoir un beau public derrière moi, beaucoup de Canadiens. Vraiment, c'est un match dont je vais me souvenir toute ma vie.»
Le Montréalais de 22 ans a du même coup sauvé l'honneur du Canada, mardi, dans la Grosse Pomme, après les revers surprenants de Félix Auger-Aliassime et de Leylah Fernandez survenus plus tôt en journée, ainsi que ceux de Denis Shapovalov et de Bianca Andreescu.
Il était peut-être celui qu'on attendait le moins des cinq Canadiens en lice en simple, le qualifié qui pointe au 143e rang mondial, mais, au bout du compte, Diallo aura fait montre d'une grande ténacité pour vaincre l'Espagnol Jaume Munar, 6-4, 3-6, 6-3 et 7-5.
Dans la douleur
Tenace, il n'a pas eu le choix de l'être, car cette victoire n'a pas été acquise sans douleur. Au quatrième set, alors qu'il semblait enfin bien en possession de ses moyens, le géant de 6 pi 8 po est tombé sur le sol de ce court 8 plutôt anonyme qui paraissait trop petit pour lui, et il a commencé à se tenir le poignet en grimaçant.
Le mal semblait vif, tellement que son rival, 84e au monde, a traversé le filet afin de s'enquérir de son état.
Mais Diallo a persévéré, bien qu'il ait continué à se secouer la main droite après quelques points. Le physiothérapeute est venu le traiter après ce quatrième jeu, puis il est revenu le voir par la suite. Mais l'aide du spécialiste a porté ses fruits, a confirmé le Québécois.
«C'était une douleur que je n'avais jamais ressentie par le passé, a-t-il expliqué. Il faut dire qu'il y avait beaucoup de nerfs dans ce match, pour aller chercher cette première victoire.»
Contre la 24e tête de série
Le produit de l'Université du Kentucky – Diallo a fait le saut dans la NCAA plutôt que chez les pros à la fin de l'adolescence – s'est aussi accroché en fin de match. Différemment cette fois.
Brisé alors qu'il servait pour le deuxième tour et un affrontement contre le Français Arthur Fils, 24e tête de série (qui aura lieu jeudi), le Québécois a immédiatement rendu la pareille à Munar.
Et à son retour au service, cette fois, il n'a pas tremblé.
Diallo en était à une deuxième présence dans le grand tableau d'un tournoi majeur. Au printemps, il s'était qualifié pour celui de Roland-Garros et il avait tenu tête au vétéran japonais Kei Nishikori, ancien quatrième mondial, avant de perdre en cinq manches.
Cette fois, aucune cinquième manche n'aura été nécessaire. Gabriel Diallo a en poche sa première vraie victoire en Grand Chelem.
▶ Si vous avez cru apercevoir Sugar Sammy féliciter Gabriel Diallo après la rencontre, vous ne rêvez pas. L'humoriste «s'entend très bien avec mon agent [Bernard Duchesneau]», a expliqué le Québécois. «J'ai pu lui donner des billets pour qu'il vienne voir les matchs et je suis très content qu'il ait pu venir. Je l'adore!» a lancé Diallo.