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Incompréhension et douleur à Highland Park après la tuerie du 4 juillet

AFP

2022-07-05T15:27:46Z
2022-07-05T19:26:17Z

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HIGHLAND PARK | La ville américaine de Highland Park, en banlieue de Chicago, était partagée mardi entre douleur et incompréhension, au lendemain d’une tuerie perpétrée le jour de la fête nationale pour un mobile que le tireur de 21 ans, interpellé, n’a pas expliqué. 

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La rue principale de cette banlieue cossue était toujours bloquée par la police et restait figée dans les premiers instants de la fusillade.

Une poussette, un tricycle, des chaises pliantes: la quantité d’objets laissés pêle-mêle à l’abandon autour du lieu du drame témoignait du chaos généré par les coups de feu lundi.

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Sur cette artère commerçante aux bâtiments de brique rouge, les drapeaux américains flottaient aux côtés de celui des fiertés LGBT.

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Armé d’un fusil, Robert - dit «Bobby» - Crimo a ouvert le feu sur la foule depuis le toit d’un immeuble alors que des centaines d’habitants assistaient au traditionnel défilé de la fête nationale américaine. Au moins six personnes sont mortes et 26 ont été blessées.

  • Écoutez l’entrevue d’Alexandre Moranville avec Thomas Lecaque, historien de la violence politique et de la religion apocalyptique, professeur d’histoire à l’Université de Grand View, en Iowa sur QUB radio :

Le Dr David Baum, un médecin qui a participé aux opérations de secours sur les lieux, a témoigné de l’horreur de l’attaque.

«La vue horrible de certains corps est insoutenable pour une personne normale», a-t-il expliqué, évoquant des victimes «explosées» ou «éviscérées» par les balles.

«C’est mon destin»

La sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, ancienne militaire qui a perdu ses deux jambes lors de l’attaque de son hélicoptère en Irak, a rappelé que «la dernière fois que j’ai entendu une arme de ce type faisant feu lors d’un 4 juillet, c’était en Irak».

Originaire de la région, le tireur a réussi à s’enfuir avant d’être arrêté dans l’après-midi par la police qui avait diffusé la photo d’un jeune homme diaphane, au visage émacié et tatoué.

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Il ne s’est pas expliqué sur son acte mais selon un média américain, les publications du suspect sur internet sont parfois violentes et font référence à des armes et des fusillades.

D’après le journal local Chicago Tribune, une video postée il y a huit mois montre un jeune homme qui serait Robert Crimo dans une chambre à coucher et une salle de classe avec des affiches d’un tireur et des personnes se faisant tirer dessus. Et un commentaire audio: «J’ai besoin de tout simplement le faire», puis «c’est mon destin. Tout m’a mené à cela. Rien ne peut m’arrêter, pas même moi-même».

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Des images archivées sur le compte Twitter du suspect le montrent notamment avec un drapeau de soutien à l’ex-président républicain Donald Trump sur le dos.

La maire de Highland Park, Nancy Rotering, a indiqué sur NBC qu’elle avait connu le jeune homme quand il était scout et que l’arme utilisée lors de la fusillade avait été achetée légalement.

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«Tristesse»

«C’est là qu’il faut réfléchir et se demander ce qu’il s’est passé: comment quelqu’un est devenu si en colère, si plein de haine pour s’en prendre à des innocents qui passent une journée en famille?», a-t-elle dit.

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L’édile a évoqué «la tristesse et le choc incroyables» qui a frappé la ville. «Cela n’aurait jamais dû arriver chez nous, une petite ville où tout le monde connaît quelqu’un qui a été directement affecté» par la tragédie.

Paul Crimo, l’oncle du suspect, a affirmé mardi sur CNN n’avoir vu «aucun signe qui expliquerait ce qu’il a fait».

Les célébrations de la fête nationale ont été annulées dans plusieurs villes des environs, sans empêcher les violences.

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À Kenosha, une petite ville du Wisconsin à une soixantaine de kilomètres au nord d’Highland Park, un échange de coups de feu dans une résidence a fait un mort et quatre blessés, selon la police locale.

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Près de 400 millions d’armes à feu sont en circulation aux États-Unis. Le Congrès a récemment adopté une loi visant à mieux réguler les armes.

Le pays est encore sous le choc d’une série de fusillades, dont l’une, dans une école primaire d’Uvalde au Texas, a fait 21 morts dont 19 enfants le 24 mai.

Selon le site Gun Violence Archive, qui inclut les suicides dans ses données, plus de 22 400 personnes ont été tuées par arme à feu depuis le début de l’année.

 

À Highland Park, le choc et des questions pour une ville huppée

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Le long de Central Avenue, l’artère principale de Highland Park qui accueillait la parade du 4-juillet, poussettes renversées côtoient mardi tricycles et chaises pliantes, abandonnées dans la foulée de la fusillade qui a secoué cette ville huppée de la banlieue de Chicago.

Une serviette au motif de la bannière étoilée américaine, délaissée sur une pelouse le long du trottoir, témoigne également du chaos de la veille, quand un homme armé a ouvert le feu depuis le toit d’un commerce, faisant des dizaines de victimes, dont six sont décédées.

Natalie Belloff est venue près des lieux du drame.

«(Je suis) juste horrifiée, furieuse, en colère, bouleversée. Simplement consternée», déclare cette une étudiante de 20 ans à l’université de l’Illinois à l’AFP.

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Native de Highland Park, elle est allée au même lycée que le tireur présumé, Bobby Crimo, mais dit ne pas l’avoir connu.

Sur les rives du lac Michigan, Highland Park, avec ses maisons cossues, est l’un des lieux de résidence préférée des vedettes de Chicago. Mais le nom évoquera désormais la triste liste des villes endeuillées par les fusillades aux États-Unis.

Au moment de la parade annuelle du 4-juillet, jour de fête nationale, le tireur âgé de 21 ans a choisi au hasard ses victimes, a expliqué la police mardi.

«Deuxième amendement»

Sur les lampadaires devant les bâtiments de brique rouge flottent les drapeaux américains aux côtés de celui des fiertés LGBT, et derrière le cordon jaune qui barre l’accès, les agents de la police fédérale, le FBI, s’affairent.

Pour Natalie Belloff, les États-Unis se doivent d’adopter des lois qui limitent plus fortement l’accès aux armes.

«Vous pouvez toujours avoir un deuxième amendement sans qu’il ne soit possible d’acheter un fusil d’assaut à 20-21 ans», dit-elle, en référence à la disposition constitutionnelle qui garantit le port d’armes.

Ivana Spasova, qui se dit «sous le choc», fait écho à ce sentiment: «Nous ne devrions pas donner accès à des armes aux jeunes et particulièrement des armes de style militaire», déclare cette livreuse de 25 ans près du cordon de police.

«C’est une communauté sûre, c’est un quartier sûr», souligne-t-elle également à propos de la ville.

Susan Millner, 45 ans, est venue avec sa mère sur les lieux de la fusillade.

Les deux femmes devaient assister à la parade lundi comme chaque année avec leurs familles, mais ont eu un empêchement cette année.

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Pour Susan Millner, outre les armes, il existe aux États-Unis une «crise majeure de santé mentale».

«Nous n’avons pas les ressources pour la combattre», affirme cette thérapeute, qui souligne que la situation n’a fait qu’empirer avec la pandémie, particulièrement parmi les populations jeunes.

Élite de Chicago

Dans les rues arborées proches du lieu du drame, les maisons cossues de Highland Park et ses gazons taillés au millimètre se révèlent. 

Située à près de 40 km du centre de Chicago et de ses problèmes notoires de criminalité, Highland Park est à l’inverse connue pour être une ville calme et sans problème. La municipalité de 30.000 habitants avait même décrété en 2013 l’interdiction des fusils d’assaut.

La ville est également connue pour abriter une partie de l’élite de Chicago.

La superstar du basket Michael Jordan y avait élu résidence lors de ses années passées avec la franchise des Bulls, dans une maison évaluée à près de 15 millions de dollars.

Le célèbre architecte américain Frank Lloyd Wright y a également dessiné plusieurs maisons.

Et c’est là que, dans les années 1980, plusieurs résidences ont servi de décor à des films comme Risky Business avec Tom Cruise, ou encore La Folle journée de Ferris Bueller.

«Classe moyenne»

L’auteur présumé des tirs, Robert - dit «Bobby» - Crimo a été arrêté par la police quelques heures après le drame. Les autorités ont révélé mardi qu’il avait préparé l’attaque pendant «plusieurs semaines», et qu’il s’était «déguisé en femme» pour ne pas être identifié.

Originaire de la région, il habitait à Highwood, ville voisine d’Highland Park. 

Dans sa rue typique des banlieues américaines, le calme régnait mardi.

Dave MacNerland, l’un des voisins de Bobby Crimo, décrit à l’AFP un voisinage où «les gens sont très sympas». La communauté, elle, est plutôt celle d’une «classe moyenne». 

Devant la maison du suspect, une vieille voiture grise est garée sur la pelouse. Un grand autocollant sur la portière affiche «47», un nombre mystérieux que s’est également fait tatouer sur la tempe Bobby Crimo.

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