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«Impossible de faire un pronostic» sur l’avenir du Venezuela après la frappe américaine

Photo portrait de Jean-Philippe Guilbault

Jean-Philippe Guilbault

2026-01-04T21:22:13Z

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L’avenir du Venezuela demeure hautement incertain après les frappes américaines à Caracas et l’enlèvement du président Nicolás Maduro dont l'entourage conserve, pour l’instant, les rênes du pouvoir.

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«Personne ne peut [savoir ce qui arrivera dans les prochaines semaines]. Il y a toutes sortes de signaux assez contradictoires, vagues à souhait», met en garde José Del Pozo, professeur associé au Département d’histoire de l’UQAM et auteur du livre Quand l’Amérique latine fait date.

Le spécialiste des pays sud-américains souligne qu’il n’est pas encore tout à fait clair si les Américains ont bel et bien un allié au sein de l’administration à Caracas.

«On laisse entendre que la vice-présidente [Delcy Rodriguez] écoute Donald Trump, mais par la suite elle dit tout le contraire en conférence de presse», illustre-t-il.

Photo fournie par José Del Pozo
Photo fournie par José Del Pozo

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Aucun mot de l’administration américaine, d’ailleurs, au sujet de l’opposant Edmundo Gonzalez, réfugié en Espagne. Donald Trump a aussi rapidement écarté la possibilité que Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, soit aux commandes.

Et l’entourage du président Nicolas Maduro, qui fera face à la justice à New York, demeure de son côté bien aux commandes dans la capitale vénézuélienne.

«Le régime est encore en place, rappelle M. Del Pozo. Les forces armées, un pilier du régime, sont encore là.»

Il n’exclut pas qu’un «nouvel homme fort» puisse d’ailleurs émerger des militaires pour peut-être faciliter la collaboration avec les Américains qui veulent exploiter les ressources pétrolières du Venezuela.

À cet effet, une autre inconnue demeure quant à cet objectif économique, selon M. Del Pozo.

«Il reste à savoir si les entreprises privées américaines sont intéressées à investir beaucoup d’argent. Parce que, selon tous les analystes, l’industrie pétrolière du Venezuela est en très mauvais état», explique-t-il.

Et le 51e État

José Del Pozo n’écarte par ailleurs pas la possibilité que les Américains effectuent d’autres interventions de la sorte ailleurs sur le continent.

«Cuba a nationalisé sans aucune compensation des entreprises américaines au cours des années 1960. Les Américains pourraient vouloir aller récupérer ce qu’ils estiment leur a été volé», avance le professeur.

C’est sans compter les nombreuses allusions à faire du Canada un 51e État américain et les menaces d’annexion du Groenland.

En ce sens, une nouvelle publication sur X de la femme du directeur de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, a fait réagir dimanche.

On y voyait le territoire sous un drapeau américain avec la seule mention «Bientôt» en lettres majuscules.

La publication a fait réagir la première ministre danoise Mette Frederiksen, qui a exorté les Américains à «cesser leurs menaces» d'annexion.

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