Maduro arrêté: une manifestation anti-impérialiste devant le consulat américain à Montréal
Laurianne Nunez-Pelletier
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Une manifestation contre l’impérialisme américain s’est tenue dimanche devant le consulat des États-Unis à Montréal, en réaction à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les autorités américaines.
Environ une cinquantaine de manifestants, initialement rassemblés sur le trottoir, ont graduellement investi la chaussée, bloquant complètement la circulation sur la rue Sainte-Catherine Ouest.
Au moment du passage de TVA Nouvelles, plusieurs véhicules policiers étaient déployés sur place, dont une unité d’interventions spécialisées. La manifestation se déroulait de façon pacifique.
Au sein de la foule se trouvait notamment le chef du parti Transition Montréal, Craig Sauvé. Des tambours et des trompettes accompagnaient les slogans scandés par les manifestants, parmi lesquels «non au trumpisme» et «mort à l’impérialisme américain».

Interrogée sur les motivations de ce rassemblement, l’organisatrice de l’événement, la juriste Céleste Trianon, a tenu à nuancer la position des manifestants. «Nicolás Maduro était aussi un dictateur, ça, il ne faut pas l’oublier. C’est une personne qui a bafoué de manière fondamentale les droits au Venezuela», a-t-elle reconnu.
Elle estime toutefois que l’intervention américaine a dépassé le cadre du droit international. «Ça ne change pas que les actions des États-Unis sont complètement illégales et, honnêtement, les États-Unis représentent la première menace à laquelle on fait face en ce moment», a-t-elle ajouté.
La tension a monté d’un cran lorsqu’une passante vénézuélienne s’est adressée avec colère aux manifestants: «Vous pourrez parler du Venezuela lorsque vous y aurez habité», a martelé Maria Gabriela del Villar qui a quitté son pays natal il y a 20 ans.

«Je me suis battue et ils m’ont presque tuée!» a-t-elle lancé en direction d’une manifestante qu’elle qualifie de «chaviste».
«On n’aime pas Trump, mais c’était la seule façon de s’en sortir. Ce n’est qu’un pas en direction de notre liberté. Ça fait 26 ans que nous nous battons pour nous débarrasser de ce régime, c’était la seule façon d’accéder à la démocratie», a-t-elle confié en entrevue. «Nous avons été torturés, nous avons été affamés, on ne pouvait tout simplement pas vivre!»
Elle ajoute que les Vénézuéliens expatriés célèbrent aujourd’hui parce que ceux qui sont encore au pays «n’ont pas la liberté de le faire».