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Un Guinéen évite de justesse son expulsion du pays

Kaba Keita et sa femme, Doussou Koulibaly
Kaba Keita et sa femme, Doussou Koulibaly Pierre-Paul Biron / Le Journal de Québec
Photo portrait de Jean-François Racine

Jean-François Racine

2022-09-16T21:37:53Z
2022-09-17T00:06:18Z

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À quelques heures d’être expulsé du pays, un Guinéen installé et intégré à Québec depuis 2018 a évité de justesse sa déportation prévue vendredi soir.

• À lire aussi: Dernier espoir pour un Guinéen d’éviter l’expulsion

Kaba Keita a finalement reçu un sursis de quelques jours de l’Agence des services frontaliers du Canada. Le travailleur du milieu de la restauration venait de monter à bord d’une voiture en direction de la métropole après avoir fait des adieux difficiles. Le renvoi a été annulé quelques minutes après. Le vol devait décoller à 22 h 30 de Montréal-Trudeau.

Mathieu Pettigrew et Kaba Keita, au travail ce vendredi soir. «C'est une belle journée mais ce n'était pas comme ça il y a quelques heures», a affirmé le travailleur le sourire aux lèvres, dans la cuisine du restaurant.
Mathieu Pettigrew et Kaba Keita, au travail ce vendredi soir. «C'est une belle journée mais ce n'était pas comme ça il y a quelques heures», a affirmé le travailleur le sourire aux lèvres, dans la cuisine du restaurant. Photo Jean-François Racine

« On a fait un coin de rue et on a eu un courriel. Scénario de film, on l’a sauvé à minuit moins une ! Tu peux dire que c’est la plus grande victoire de toute ma carrière ! », a lancé avec joie Me Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l’immigration.

Menace écartée

Me Lapointe attend maintenant d’obtenir un permis de séjour temporaire pour ensuite avoir le visa de travail. « J’ai deux options et ça ne m’inquiète pas », a ajouté l’avocat. Une nouvelle menace d’expulsion serait donc plutôt improbable.

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Kaba Keita implorait le ministre fédéral de l’Immigration de lui accorder un sursis. Il devait quitter le pays vendredi soir à moins d’une intervention du ministre de l’Immigration, Sean Fraser. Le bureau du député Joël Lightbound a également fait plusieurs démarches pour arriver à trouver une solution.

Le Journal racontait au début août l’histoire de Kaba Keita, arrivé de la Guinée sous un statut de réfugié en 2018 en raison de menaces provenant de membres de sa famille.

Quatre ans plus tard, il a refait sa vie, s’est marié, occupe un emploi où il est adoré, mais il s’est aussi réconcilié avec sa famille, ce qui a mené à la révocation de son statut de réfugié au cours des derniers mois.

De retour au travail

Malgré de nombreuses démarches, il s’est retrouvé sous le coup d’une expulsion. « Les gouvernements devront écouter les employeurs qui veulent conserver ces travailleurs menacés d’expulsion », a terminé Me Lapointe.

Le juriste et l’employeur de Kaba Keita avaient même organisé une petite manifestation devant le restaurant Le Continental.

« On s’est fait des adieux et il est revenu. Il y a eu deux émotions coup sur coup », a expliqué le copropriétaire, Mathieu Pettigrew. « Si on veut appuyer les employeurs, il va falloir que le gouvernement comprenne. C’est moi qui fais la plonge trois soirs par semaine. »

Après avoir visité rapidement sa conjointe, Kaba Keita était au travail vendredi soir dans le restaurant bondé de clients.

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