Dernier espoir pour un Guinéen d’éviter l’expulsion
Kaba Keita devra partir vendredi si le ministre de l’Immigration n’intervient pas


Pierre-Paul Biron
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Menacé d’expulsion par l’Agence des services frontaliers du Canada, un Guinéen installé et intégré à Québec depuis 2018 implore le ministre fédéral de l’Immigration de lui accorder un sursis qui éviterait sa déportation prévue vendredi.
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Le Journal racontait au début août l’histoire de Kaba Keita, arrivé de la Guinée sous un statut de réfugié en 2018 en raison de menaces provenant de membre de sa famille.
Quatre ans plus tard, il a refait sa vie, s’est marié, occupe un emploi où il est adoré, mais il s’est aussi réconcilié avec sa famille, ce qui a mené à la révocation de son statut de réfugié au cours des derniers mois.
Malgré des démarches de son avocat, de son employeur et du bureau de son député, voilà que M. Keita se retrouve à quelques jours d’être expulsé du pays où il croyait tout possible.
«Il espère encore qu’il va être sauvé. Il prie, il espère et il continue toujours de travailler», raconte son employeur, le copropriétaire du restaurant Continental, Mathieu Pettigrew, qui qualifie l’homme de «parfaitement intégré» et «d’actif important pour la société».
«C’est ce qui est le plus ridicule. C’est que s’il doit quitter, on va reprendre les démarches à zéro pour le faire revenir de toute façon.»
- Écoutez l'entrevue avec Me Maxime Lapointe à l’émission de Yasmine Abdelfadel diffusée chaque jour en direct 14 h 15 via QUB radio :
«Personne ne gagne»
Le restaurateur et l’avocat qu’il a embauché pour défendre M. Keita, Me Maxime Lapointe, ne comprennent pas pourquoi Immigration Canada s’acharne sur le dossier de l’homme, arguant que «personne ne sera gagnant à le voir partir».
Mathieu Pettigrew dénonce d’ailleurs l’absurdité du système, lui à qui on a conseillé de dépenser pour faire préparer un permis de travail pour son employé et compléter l’ensemble des démarches alors que le sort était joué.
«Quand on a reçu son étude d’impact pour le marché du travail (EIMT) pour son contrat de travail approuvé par le gouvernement, on pensait que ça allait aider, mais le même gouvernement nous dit que l’avis d’expulsion a finalement préséance sur le reste et qu’il doit quitter», dénonce M. Pettigrew, déplorant que «tout le monde se relance la balle».

Le dernier espoir de Kaba Keita réside donc dans le ministre de l’Immigration, Sean Fraser.
«Le ministre a le pouvoir d’émettre un permis de séjour temporaire pour M. Keita. Maintenant, va-t-il le faire avant vendredi», questionne Me Lapointe.
Le ministère a indiqué au Journal mardi ne pas pouvoir commenter un cas spécifique en raison de la confidentialité, mais indique que les décisions sont prises «au cas par cas» et que les dossiers sont minutieusement étudiés par «des agents hautement qualifiés».
Manifestation prévue
Le juriste et l’employeur de Kaba Keita organisent maintenant une petite manifestation jeudi devant le Continental pour espérer augmenter encore un peu plus la pression sur le ministère.
«C’est le dernier espoir, on va faire tout ce qu’on peut», insiste Mathieu Pettigrew, qui aurait souhaité voir le ministère bouger plus tôt. «Je pensais vraiment que quelqu’un dans la machine allait se rendre compte à quel point ce dossier était absurde. Je suis déçu», ajoute l’entrepreneur pour qui la perte de M. Keita viendrait bousculer l’équipe en plein contexte de pénurie.
De son côté, le député fédéral de Louis-Hébert Joël Lightbound a également fait des démarches pour accompagner Kaba Keita. Des communications ont eu lieu avec le bureau de Sean Fraser.
«Tout ce qu’on peut faire à l’heure actuelle, on le tente, mais l’Agence frontalière veut aller de l’avant avec la déportation. Nous avons donc nous aussi demandé au ministre d’intervenir et nous espérons une réponse favorable», précise Gabriel Bergevin-Estable, adjointe de circonscription de Joël Lightbound.
Maxime Lapointe aimerait toutefois voir les candidats à l’élection provinciale se prononcer sur le dossier, surtout dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre généralisée. «Je serais curieux de savoir ce que les partis provinciaux en pensent. Il serait temps qu’ils interviennent», lance-t-il.
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