Il met fin à sa carrière d’écrivain après une expérience désastreuse : Christian Tétreault raconte ce qui lui a redonné le goût d’écrire


Frédérique De Simone
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En écrivant Cette vie parfaite, Christian Tétreault est passé de la pire à la meilleure expérience d’écriture de sa vie.
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L’auteur à succès, qui signe son 19e ouvrage littéraire, a confié en entrevue avec l’Agence QMI qu’il avait fait une croix sur le métier d’écrivain après sa dernière expérience d’écriture, en 2023.

À l’époque, Christian Tétreault s’intéressait à l’univers du flamboyant avocat-criminaliste Léo-René Maranda, qui a défendu parmi les plus grands criminels du Québec.
« Il a défendu la mafia, la pègre, les motards. Et il a fallu que je consulte continuellement les avocats, que j’aille chercher des lettres d’approbation de ce que j’avais écrit... et qu’ils me disent de changer une formule ou d’enlever un nom... », s’est-il souvenu.
« Ça a été très ardu. Ça a été difficile. Pas l’écriture en tant que telle, mais toute la mécanique autour », a-t-il ajouté, épuisé.

« Ça avait été pénible, ça avait été laborieux. Puis là, je m’étais dit : c’est beau, on va faire autre chose dans la vie... je vais me concentrer sur mes conférences et ce sera tout », s’était-il résigné.
Puis, un jour, un ami auteur, dans une grande période de réflexion sur sa vie, lui a demandé s’il avait déjà connu le bonheur parfait, le bonheur à 100 %.
« Pour moi, c’était à 10 ans. C’est quand j’avais 10 et 11 ans que la vie était parfaite, que la vie était formidable. Entre autres parce que ce sont les derniers moments de l’enfance, de l’insouciance », a-t-il dit à l’Agence QMI, ajoutant avoir, après coup, longuement réfléchi à cette question.

C’est finalement ce même ami qui l’a convaincu de se relancer dans l’écriture et de raconter cette période de sa vie.
Retourner dans sa peau
Pour raconter son histoire, l’auteur de 72 ans a choisi de revenir en arrière, au début des années 1960, quand il avait 10 ans et demi.
« Je me suis mis dans l’action et je me suis dit : je vais écrire à l’indicatif présent. Je vais me retransformer en petit garçon de 10 ans et je vais écrire ce qui se passe avec moi », a-t-il dit en entrevue.
« Ça a forcé l’auteur que je suis à faire ce qu’un acteur fait, c’est-à-dire incarner un personnage. Ça a été la plus belle expérience d’écriture de ma vie. J’ai réalisé, pendant les mois qu’a duré l’écriture de ce livre, que je pouvais, par la force de la pensée, redevenir ce petit garçon que j’ai été, parfaitement heureux », a-t-il dit, indiquant s’être surpris à se lever au petit matin parce qu’il avait trop hâte de retourner écrire.

Dans le premier volet de ce récit, qui s’étendra sur trois tomes, Christian Tétreault revient donc à ses derniers moments d’enfance, de l’automne 1964 à la fin de l’été 1965, dans la merveilleuse ville de Laval. On y retrouve ses amis portugais avec qui il fait les quatre cents coups, ses parents, son grand-père, Émile, un homme rieur dont il a été complice, et sa tante, Gaby.
Christian Tétreault signe ainsi un récit qui éveille la nostalgie du lecteur en le replongeant dans une époque aux mœurs bien différentes d’aujourd’hui. À travers son regard de jeune garçon espiègle, turbulent et lumineux, il livre un véritable plaidoyer pour une enfance libre et insouciante, et aborde avec candeur des thèmes universels comme la mort, l’amour et l’amitié, mais aussi la tolérance et l’intimidation.
« Ce livre, c’est mon apport pour mettre un peu de joie dans une société qui en a foutrement besoin », a-t-il conclu.
Cette vie parfaite
Christian Tétreault
Les Éditions de L’Homme
224 pages