«Il faut sauver le Château Montebello!»: le plus grand bâtiment en bois rond du monde à la recherche d’un nouveau propriétaire
Pièce majeure du patrimoine, il est le plus vaste hôtel de bois rond du monde


Mathieu-Robert Sauvé
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Situé sur l’ancienne seigneurie de Louis-Joseph Papineau, le plus grand hôtel en bois rond du monde se cherche un nouvel acquéreur en vertu de la faillite de son propriétaire actuel, mais cet immeuble patrimonial «doit absolument être préservé», selon une historienne de l’Outaouais.
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«C’est un immeuble historique qui a une importance majeure non seulement pour la région, mais pour tout le Québec», mentionne au Journal Michelle Guitard, une historienne à la retraite qui a beaucoup contribué à documenter le passé régional, notamment au sein de la Société d’histoire de l’Outaouais.

Construit sur le terrain ayant appartenu au chef des patriotes de 1837, Louis-Joseph Papineau, le Château Montebello est organisé autour d’un atrium central surmonté d’une cheminée monumentale. Sa particularité est d’avoir été construit avec 14 000 billots de cèdre rouge des États de Washington et de l'Oregon.
L’architecte Victor Nymark, d’origine finlandaise, a intégré des éléments nordiques dans la conception du bâtiment réalisée par la firme Lawson and Little de Montréal. L'immeuble est devenu un bel exemple de style rustique canadien. Il a été construit du 15 mars au début de juillet 1930.

L’histoire s’y joue
À la mort de Louis-Joseph Papineau, ses descendants continuent d’habiter le manoir qu’il a fait construire en 1850. À un mois du krach boursier de 1929, la succession vend la vaste propriété à un acheteur américain, Harold Saddlemire, pour 71 035$. Le château vaut à lui seul aujourd’hui au moins 64M$.

Le bâtiment a été «l’hôte d’un certain nombre de conférences historiques: la Conférence des parlementaires du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, des Bermudes et du Canada en 1943, le Sommet économique international de 1981, le G7. En 1983 il a accueilli la réunion du Bilderberg et, en 2007, le 3e Sommet annuel des chefs de gouvernement du Canada, des États-Unis et du Mexique, le G3», peut-on lire dans un document de la Société historique Louis-Joseph Papineau.


Sauver le château
Par la suite, le château a été un club privé nommé le Seigniory Club jusqu'en 1982. Le bâtiment a fait l'objet d'une citation patrimoniale ce qui «assure d'une certaine façon son intégrité sur le plan historique», soutient Robert Delorme, auteur de Le Seigniory Club, l'étonnante saga d'une dynastie familiale à un richissime club privé, publié en 2017 par la Société historique Louis-Joseph Papineau.
Près de 300 employés y travaillent toujours et, même si l’incertitude plane en raison des difficultés du propriétaire, le groupe chinois Evergrande Real Estate, les activités commerciales se poursuivent, comme le révélait cette semaine Le Journal de Montréal.
Pour Mme Guitard, le Château Montebello est une pièce patrimoniale incomparable qui se retrouve orpheline en raison des difficultés financières de la Millenium Golden Jiachem Hotel Holdings, une propriété du géant déchu de l’immobilier chinois Evergrande, qui l’a acquise en 2014. Peu importe, à ses yeux, la destinée de l’entreprise qui le possède, «l’immeuble doit absolument être sauvegardé», résume-t-elle.