«Il fallait que j'écrive un livre sur elle», confie l'auteur Fabien Ménar, qui revisite des secrets de famille dans son nouveau roman «Une éducation féministe»


Frédérique De Simone
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Calé dans son divan, un soir de décembre, Fabien Ménar s’aperçoit qu’une cousine de la branche des Ménard, qu’il n’a jamais connue, l’a retrouvé et contacté par message privé sur les réseaux sociaux. Quand il prend connaissance de sa missive, deux mois plus tard, il n’en croit pas ses yeux.
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Il apprend que son père biologique, Henri, qu’il n’a jamais connu non plus, est mort un an plus tôt, et découvre le secret que sa mère avait porté en elle toute sa vie.
« Il y a eu des retrouvailles et des conversations avec une des sœurs de mon père biologique et là, j’ai appris des choses sur ma mère », confie l’auteur à l’Agence QMI, expliquant que c’est cet élément bien précis qui lui a donné l’impulsion d’écrire un livre sur sa mère et sur l’éducation féministe, presque militante, qu’il a reçue d’elle, et par la bande, de son père adoptif.

« J’ai senti que j’avais tout ce qu’il fallait pour écrire un livre sur elle. C’est comme si j’attendais quelque chose pour compléter l’image que je pouvais me faire de ce roman », a-t-il ajouté lors d’un entretien.
Très largement inspiré de sa vie, Une éducation féministe revisite les années 1970 à travers le regard du jeune Fabien, rapidement sensibilisé aux injustices sociales et à la question féministe que sa mère, Danièle, a entrepris de lui transmettre avec ferveur, souvent de façon maladroite, voire parfois radicale.
« Le hasard a fait en sorte que, pendant que j’étais en train d’écrire le roman, le féminisme est revenu dans l’actualité, avec des questions nouvelles », a soutenu l’auteur, qui revendique plus que jamais son soutien à la cause féministe et aux droits des femmes.

Contrairement aux discours véhiculés à l’époque du flower power, les parents ont désormais le devoir d’enseigner l’indignation à leurs enfants, notamment devant les injustices et les inégalités, mais aussi les discours misogynes et violents qui circulent en ligne, croit l’auteur.
« On a créé un univers numérique qui leur donne accès à toutes sortes de discours et je trouve que la tâche des parents est bien plus difficile qu’elle ne l’était avant. Ils doivent aussi inculquer à leurs jeunes à poser un regard critique sur les contenus qu’ils consomment, en plus de leur transmettre un système de valeurs », a-t-il dit.
Ménar sans D
Dans Une éducation féministe, Fabien Ménar explique aussi comment la perte de sa mère, au tournant des années 1980, et l’absence de son père biologique ont mené au retrait de la lettre « d » dans son nom.
« Comme je n’ai pas connu mon père biologique, qui est un Ménard, je me retrouvais en fait le seul dans ma famille à porter ce nom. Quand est venu le moment de publier mon premier roman, il y avait quelque chose dans ce nom-là avec lequel j’avais une espèce de malaise », a-t-il dit à l’Agence QMI.
« Et comme le thème de mon premier roman touchait à la disparition, je me suis dit, à l’époque, que j’allais faire disparaître le “d” de Ménard. En même temps, ça correspondait avec le désir que j’avais de prendre mes distances avec ce nom », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il pouvait d’autant plus le justifier par l’absence de sa mère, Danièle, décédée tragiquement dans un accident de voiture en 1981.
Une éducation féministe
Fabien Ménar
Les Éditions Québec Amérique
272 pages