«C'était absolument thérapeutique»: Hélène Rompré raconte une rupture dans son nouveau roman, «Les vagues scélérates»


Frédérique De Simone
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Elle croyait filer le parfait amour et avoir trouvé le prince qui l’aiderait à payer sa première thermopompe, mais alors qu’elle est en train de donner un cours, elle reçoit un texto : « J’ai des sentiments pour une autre femme ».
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Comme une vague scélérate, elle ne l’a pas vu venir.
Pour s’aider à passer au travers et à relativiser son drame, elle se rattache à ce qu’elle connaît le mieux : les grandes guerres.
Tout comme son héroïne, l’autrice Hélène Rompré est professeure au cégep et historienne. Son histoire d’amour, qu’elle croyait inscrite dans la longévité, s’est effondrée en une fraction de seconde.

« Une psychologue m’a dit que je lisais trop de livres de croissance personnelle avant de me parler d’une exposition de Sophie Calle, une artiste française qui avait pris sa lettre de rupture pour en faire une œuvre d’art », a-t-elle confié en entrevue à l’Agence QMI, en racontant la genèse de son nouveau roman, Les vagues scélérates.
Inspirée de sa propre histoire, l’écrivaine livre ainsi un roman contemporain dans l’air du temps, magnifiquement porté et rythmé, mais aussi très intime, sur sa rupture amoureuse, le deuil et la mémoire. Sa plume et le ton humoristique, ironique, rendent l’ouvrage très accessible, tandis que sa forme facilite la lecture sans pause.
En entrevue, l’autrice a raconté avoir eu l’idée de cette composition peu classique, où elle propose une collection d’histoires vécues entremêlées d’histoires récoltées au cours d’un projet de recherche, dans un atelier littéraire sur les carnets d’écriture.

Pour participer, elle devait proposer un manuscrit assez consistant dans lequel on retrouvait des fragments de pensées et des lectures.
« Les seules lectures que j’étais en train de faire, c’étaient des lectures sur la Première et la Deuxième Guerre mondiale et je n’avais pas le temps de lire André Gilles ou Victor Hugo pour trouver de belles citations », a-t-elle raconté en riant.
Elle a ainsi plutôt opté pour une combinaison de son histoire et de ses lectures du moment, qui portaient sur les tranchées britanniques sur le front de la bataille de la Somme.
« Ça m’a vraiment obligée à écrire d’une autre manière, et puis j’ai aimé ça », a-t-elle dit.
« J’étais là-dedans, en fait. Je vivais un drame, puis je devais faire des recherches sur la Première Guerre mondiale. Mais je n’arrêtais pas de me dire : “mon drame n’est pas très gros comparé à mes soldats dans leurs tranchées. Lui, il souffrait ; toi, ce n’est pas si grave” », a ajouté l’enseignante, qui a attendu près de cinq ans avant de proposer son manuscrit aux maisons d’édition.
« Pendant un an, j’ai travaillé sur le brouillon, qui était absolument thérapeutique. Mais quand il a vraiment été publié, cinq ans plus tard, j’étais complètement ailleurs. Le fait de le retravailler avec du recul m’a donné plus de maturité pour vraiment aller travailler la langue et la forme. »
Les vagues scélérates
Hélène Rompré
Les Éditions Québec Amérique
208 pages