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Biénergie: la PDG d’Hydro-Québec n’a pas négocié avec son ex-employeur

Le retrait de Sophie Brochu des discussions menant au partenariat annoncé mercredi entre Hydro-Québec et Énergir s’imposait, estime un spécialiste de la gouvernance d’entreprise.
Le retrait de Sophie Brochu des discussions menant au partenariat annoncé mercredi entre Hydro-Québec et Énergir s’imposait, estime un spécialiste de la gouvernance d’entreprise. Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Photo portrait de Martin Jolicoeur

Martin Jolicoeur

2021-07-14T14:24:46Z
2021-07-15T03:16:31Z

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Pour se prémunir de toute apparence de conflit d’intérêts, la présidente et cheffe de la direction d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, s’est récusée de toute discussion menant à la signature d’une entente historique, dévoilée mercredi, entre la société d’État et Énergir, son ancien employeur.

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C’est du moins ce que Marc-Antoine Pouliot, chef des communications et des affaires gouvernementales d’Hydro-Québec, a répondu au Journal mercredi lorsque questionné sur la façon dont le risque de conflit d’intérêts de sa nouvelle dirigeante, ancienne PDG d’Énergir, a été géré par la société d’État.

Rappelons que Sophie Brochu a dirigé Énergir (anciennement Gaz Métro) pendant douze ans avant de démissionner le 30 décembre 2019. Quatre mois plus tard, en avril 2020, le gouvernement du Québec annonçait sa nomination à titre de présidente et cheffe de la direction d’Hydro-Québec.

Mercredi, la grande patronne d’Hydro-Québec n’était pas disponible pour répondre aux questions des journalistes sur ce nouveau partenariat d’importance entre la société d’État et le distributeur gazier. 

Une absence qui n’avait rien à voir, nous a-t-on assuré, avec les apparences de conflit d’intérêts qu’une telle entente pouvait soulever.

Principe de prudence maximale

« Selon nous, les bénéfices pour Hydro-Québec et la société québécoise sont tellement grands que cela écarte avec force toute idée de conflit d’intérêts par rapport à la présence de Sophie Brochu à notre tête, a répondu M. Pouliot, son porte-parole. Hydro-Québec va bénéficier largement de cette entente-là. Il n’y a pas de conflit d’intérêts, au contraire. »

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Tout de même, est-ce que Mme Brochu a dû se récuser ou sortir des réunions pour éviter ces possibilités d’apparence de conflits d’intérêts ? a-t-on demandé à Hydro. 

« Oui, par prudence, la réponse est oui, a reconnu son porte-parole. On a appliqué le principe de prudence maximale. Parce que comme je disais tantôt, les bénéfices pour Hydro sont importants. Néanmoins, il y a eu certaines précautions qui ont été prises pour nous assurer d’être très prudents sur la question. »

Des questions se posent

Selon un spécialiste en gouvernance d’entreprise, le professeur Michel Magnan, de l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia, le principe de précaution adopté par Hydro-Québec et sa présidente était la bonne chose à faire compte tenu, entre autres, du peu de temps écoulé entre cette entente et son départ d’Énergir (18 mois). 

« C’est évident que ce genre de situation risque toujours de soulever des questions sur la bonne foi [des personnes impliquées], dit-il. Avec le temps, le risque tend à diminuer. Mais après si peu de temps, se retirer des discussions et décisions concernant ce dossier était une décision appropriée, à mon avis. C’était la chose à faire ; ça réduit considérablement les apparences de conflit d’intérêts. » 

Le partenariat entre Hydro et Énergir

L’alliance Hydro/Énergir annoncée mercredi vise le remplacement des systèmes de chauffage au gaz naturel par des systèmes biénergie. Une telle transition permettrait à terme de diminuer de 70 % la consommation de gaz naturel des clients.

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