Hockey féminin: l’équipe de Marie-Philip Poulin pourrait choisir ses adversaires en demi-finales


Mylène Richard
Partager
La Ligue professionnelle de hockey féminin continue d’innover et pourrait même influencer la LNH, croit Danièle Sauvageau.
• À lire aussi: La LPHF tiendra un repêchage en juin
• À lire aussi: Même «Maggie the goalie» était au concours d'habiletés pour le Canadien de Montréal
La LPHF a annoncé mercredi un format étonnant en vue des séries ainsi qu’un second classement spécialement conçu pour déterminer qui obtiendra le premier choix au repêchage avec l’objectif que chaque match ait un enjeu.
En terminant la saison régulière au premier rang, la formation montréalaise pourrait donc choisir ses rivales pour le premier tour éliminatoire, les demi-finales, car les quatre meilleurs clubs seront de la danse printanière, qui s’entamera dans la semaine du 6 mai.
Une idée intrigante, car on dit souvent qu’on ne doit pas essayer de perdre pour choisir ses rivaux... Mais dans ce cas-ci, c’est l’organisation championne du calendrier régulier qui aura les pouvoirs.
«C’est créatif. Il y a tellement de parité que ça peut devenir un certain avantage. Ce sera une première, alors ce sera intéressant», a indiqué au Journal la directrice générale de la formation de Montréal.
La bande de Marie-Philip Poulin trône actuellement au sommet avec 24 points, deux devant Minnesota, qui a toutefois disputé un match de plus que Montréal.
Si le scénario devait demeurer ainsi, la troupe de Sauvageau aurait 24 heures pour décider si elle veut affronter l’équipe classée troisième ou celle qui a conclu au quatrième échelon (présentement, Toronto est troisième devant Boston).
- Écoutez le segment sportif avec Jean-François Baril via QUB :
Le «Gold Plan»
La LPHF a choisi en outre de ne pas tenir de loterie, contrairement à la LNH, pour déterminer l’ordre du prochain encan, s’inspirant plutôt du «Gold Plan», un système proposé par le statisticien Adam Gold vers la fin des années 2000.
Dès qu’une équipe est mathématiquement éliminée des séries, elle commencera à cumuler des points pour le repêchage: trois points pour une victoire en 60 minutes, deux pour un gain en prolongation ou en fusillade et un pour une défaite en temps supplémentaire.
À la fin de la saison régulière, la formation qui dominera ce classement parallèle obtiendra le premier choix lors des sept tours de l’encan de juin. L’autre club aura ainsi le deuxième droit de parole.
En cas d’égalité, le nombre de victoires en 60 minutes après avoir été éliminé de la course aux séries sera le premier critère pour départager les équipes.
«C’est excellent, parce que [...] tu veux continuer à te battre pour gagner», a soutenu Sauvageau.
«La Ligue nationale aurait intérêt à regarder ça, malgré qu’elle a un système de points aussi. Je pense que ça va faire des petits», a poursuivi la DG.
Récompenser la compétitivité
«C’est un processus qui récompense la compétitivité, la parité et l’intégrité à travers la ligue», a pour sa part indiqué dans un communiqué la vice-présidente des opérations hockey de la LPHF, Jayna Hefford, prétendant que les clubs ne souhaiteront pas «enchaîner les défaites afin d’avoir plus de chances d’obtenir la première sélection».
L’ordre des positions 3, 4, 5 et 6 au repêchage sera établi par le classement inversé de la saison régulière. C’est donc dire que la formation qui dominera aura le sixième choix, que celle qui finira deuxième parlera cinquième, que celle qui terminera troisième héritera de la quatrième sélection et que la quatrième place choisira troisième.
Attirer l’attention
Sauvageau a également ajouté que la règle permettant à une joueuse de quitter plus tôt le banc des pénalités quand une coéquipière marquait en infériorité numérique avait attiré l’attention de la LNH.
«Des gens de la Ligue nationale en ont discuté et regardent ce qu’on fait. Je trouve ça bien cool!»
Parmi les autres règlements pour les éliminatoires, mentionnons que les demi-finales et la finale seront des séries disputées au meilleur de cinq matchs.
La formation avec le meilleur classement jouera à domicile pour les rencontres numéro 1, 2 et 5.
Puis, en cas d’égalité après 60 minutes de jeu, il y aura une prolongation à cinq contre cinq jusqu’à ce qu’une joueuse marque. Aucun tir de barrage n’est prévu.