Heureux comme un poisson dans l’eau
Antonin Décarie est vice-président chez Eye of the Tiger Management

Mathieu Boulay
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Durant sa carrière de boxeur, Antonin Décarie a toujours été attiré par le monde des affaires. Il ne le savait pas, mais c’est ce qui allait occuper ses journées après sa retraite sportive.
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Cette passion a commencé à se développer alors qu’il faisait partie de l’équipe nationale chez les amateurs. Décarie a démarré son entreprise de rénovation de maisons résidentielles.

Il achetait des maisons, les rénovait avec des entrepreneurs en construction, avant de les revendre.
« J’ai flippé ma première maison à l’âge de 22 ans. Durant mes années dans l’équipe nationale, je recevais des subventions gouvernementales, mais je les mettais de côté », explique Antonin Décarie.
« À la fin de ma carrière amateur, j’ai pu faire une mise de fonds de 100 000 $ sur l’achat de notre première maison à rénover. Je ne faisais pas les travaux, mais je gérais les projets. »
Même s’il adorait la boxe, il était conscient que peu de boxeurs sont en mesure d’avoir une retraite dorée.
« Quand je boxais chez les amateurs, je ne pensais même pas accéder aux rangs professionnels. J’étudiais en sciences de la gestion à l’université. Je ne voyais pas trop loin.
« J’ai toujours pensé que je ne ferais pas assez d’argent pour vivre de la boxe après ma carrière. J’ai décidé de diversifier mes affaires. »

Fin en douceur
Dans les derniers milles de son parcours entre les câbles, Décarie avait commencé à placer ses pions pour son avenir. Il a découvert qu’il avait des atomes crochus avec le promoteur Camille Estephan, qui l’a nommé vice-président d’Eye of the Tiger Management.
« J’ai obtenu cette promotion alors que je boxais encore. Je commençais à penser à ma vie après la boxe. Comme je le dis à nos protégés, si tu n’es pas sûr à 100 % de te rendre au sommet, ça ne vaut pas la peine de boxer. C’est tellement dangereux comme sport. C’est seulement la crème qui fait de l’argent. Tu es le top ou tu n’es rien. »

Décarie a finalement accroché ses gants en 2014 sans faire d’annonce officielle.
« Je ne sentais plus la même motivation. L’entraînement, ça n’avait jamais été un sacrifice, mais là, c’était rendu à ce niveau-là. Je n’ai jamais pensé que j’étais assez talentueux pour m’entraîner à moitié.
« Au gymnase, mon entraîneur, Marc Ramsay, avait remarqué certaines choses qui étaient perceptibles comme le manque d’équilibre et la perte de vitesse.
« Puis j’ai ajouté le poste de président d’InterBox à mes fonctions et mon rôle d’homme d’affaires a pris de plus en plus de place. Mon passage vers la retraite s’est fait de façon naturelle. »
En même temps, il a ouvert un gymnase de conditionnement physique avec sa conjointe de l’époque. Gym Addiction, comme toutes les entreprises du même domaine, en arrache depuis le début de la pandémie. Par contre, Décarie a l’intention de braver la tempête jusqu’au bout.
Un boulot, deux passions
Aujourd’hui, Décarie est un homme heureux. Comme vice-président d’Eye of the Tiger Management, il a la chance de combiner ses deux passions : les affaires et la boxe.
« J’aime faire de la business et du recrutement, mentionne-t-il. Par contre, je ne serais pas capable d’être dans le gymnase tout le temps.
« Lors des soirées où il y a des galas, j’ai encore des papillons dans l’estomac. Ça m’allume. Toutefois, cette flamme s’éteint dès le lendemain matin. »
Le milieu de la boxe est rempli d’hommes d’affaires qui ont les dents longues. Il faut être capable de tenir son bout dans les négociations pour éviter que son protégé se retrouve dans une situation périlleuse.
« C’est ce qui est difficile de la business de la boxe. Dans toutes les entreprises, tu veux un maximum de rendement avec un minimum de dépenses.
« Dans la boxe, tu ne peux pas penser comme cela parce qu’il y a un côté humain derrière cela. »
Avec Camille Estephan, il forme un duo complémentaire.
« Camille a du tempérament et il en est conscient. Il aime tellement ses boxeurs qu’il est prêt à les défendre jusqu’au bout.
« Quand je vois que la pression monte dans certains dossiers, il m’arrive souvent de lui suggérer de les régler pour lui. Avec les années, je sais ce qui le fait sortir de ses gonds. Si tu veux contourner ses valeurs qui sont bien ancrées en lui, ça peut devenir explosif. »
Antonin Décarie, lui, est une force tranquille. Il a trouvé sa place dans l’univers de la boxe et on peut penser qu’il en fera partie pendant plusieurs années.
Un ancien champion aux études
ADRIAN DIACONU

Diaconu a réalisé le rêve de tous les boxeurs : devenir champion du monde devant sa famille et ses amis. Même si c’est un titre intérimaire. Par la suite, il a vu le titre WBC des mi-lourds lui glisser entre les doigts alors qu’il a subi deux défaites consécutives contre Jean Pascal.

Moins de deux ans plus tard, il a accroché ses gants après un revers contre Chad Dawson.
« Mon corps m’a lancé un message que je ne pouvais plus faire de la boxe. Il ne pouvait plus suivre, surtout mon bras droit. Sans cette blessure, j’aurais pu continuer pendant quelques années. Si je l’avais fait avec un bras en mauvaise condition, cela aurait été dangereux avec tous les cogneurs qu’il y avait dans notre division (175 lb). »
Diaconu ne s’en cache pas, la boxe lui manque beaucoup. Toutefois, sa santé était plus importante que sa passion pour son sport.
Aujourd’hui, il est agent de sécurité. En même temps, il fait des études pour devenir électricien au Québec.
« Je suis en train de terminer les études que j’avais amorcées en Roumanie. Ta carrière sportive ne demeure pas pour toujours. Tu dois recommencer au début et continuer de travailler fort. »
Pour ce qui est du monde de la boxe, il est encore en contact avec quelques boxeurs, dont Lucian Bute, qui demeure à quelques mètres de chez lui.
Il est toujours marié avec son épouse de l’époque, Adina. Le couple a deux enfants.
BAHA LAHAM

Le veston et la cravate lui vont bien
Le nom de Baha Laham n’est pas familier chez les amateurs de boxe. Sa carrière de 16 combats s’est conclue par deux défaites.
« Je n’avais pas livré de bonnes performances et j’avais été ébranlé à quelques reprises. »

Par la suite, son promoteur Camille Estephan n’a pas voulu lui redonner de combat.
« Il voulait que j’arrête pour que je préserve ma santé, mais je ne voulais pas arrêter. C’est tout ce que je connaissais. »
Par chance, durant sa carrière, Laham avait fait des études en droit et en finances. Ces années passées à l’école allaient lui permettre de se trouver rapidement un emploi au terme de sa carrière de boxeur.
« Camille m’a offert un boulot de courtier au sein de son bureau de gestion du patrimoine. J’ai décidé de sauter à pieds joints dans le monde de la finance. C’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie. J’ai eu les plus belles réussites de ma vie dans ce domaine. Je peux facilement faire cela jusqu’à ma retraite . »
D’ailleurs, il voit une certaine ressemblance entre la boxe et les finances.
« Dans les deux, tu récoltes ce que tu sèmes. À la boxe, si tu ne t’entraînes pas à 120 %, tu ne vas pas exceller. Comme courtier, c’est la même chose. Tu dois trimer dur, surtout au début, alors que tu dois te bâtir une clientèle. »
DAVID CADIEUX

Un poids lourd aux commandes
Après une dure défaite devant ses partisans en 2008, David Cadieux a décidé de prendre sa retraite. Il a résisté à la tentation d’un retour contre Jean-François Bergeron l’année suivante.
« J’étais en voie de finir mon baccalauréat en adaptation scolaire à l’UQTR. Je me suis désisté de ce duel pour finir mon université. Par la suite, j’ai fait une maîtrise à l’ENAP en administration publique. »

Au plan sportif, la réalité a frappé Cadieux après ses deux chocs contre Patrice L’Heureux.
« Le combat contre Ross Puritty (2007) m’avait fait réaliser des choses. J’ai eu mal à la tête pendant trois jours. Je n’étais pas prêt à mourir pour aller jusqu’en haut. »
Pour assurer une transition en douceur vers sa retraite sportive, il est allé travailler comme gestionnaire avec les communautés autochtones de la Mauricie pendant neuf ans.
« À 35 ans, je ne connaissais pas grand-chose de la gestion. Avec les Autochtones, j’ai appris assez rapidement les notions de l’administration publique. Je négociais les enjeux avec les gouvernements du Québec et du Canada. »
Par la suite, il a trouvé du boulot à la Ville de Louiseville comme directeur du service des loisirs et de la culture. Puis, en janvier 2019, il a fait le saut du côté de Shawinigan comme directeur des loisirs, de la culture et de la vie communautaire.
« Je suis originaire de Trois-Rivières, mais j’ai eu un coup de cœur pour Shawinigan. J’ai décidé de m’y établir. C’est une belle région. »