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Vyvanse, Concerta, Ritalin: les prescriptions de psychostimulants explosent au Québec

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Photo portrait de Alice  Fournier

Alice Fournier

2026-02-18T20:52:27Z

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Vyvanse, Concerta, Ritalin : les ordonnances de psychostimulants ont connu une hausse fulgurante dans les dernières années, alors que certains patients utilisent cette médication « comme une solution miracle ».

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Entre 2020 et 2024, le nombre d’ordonnances de psychostimulants (nouvelles et renouvelées) pour adultes a augmenté de 40 %, passant de 793 450 à plus de 1,1 million.

Au total, il s’agit d’une hausse de plus de 318 000 prescriptions, dont le tiers correspond à de nouvelles ordonnances.

Les chiffres de la première moitié de 2025 (les données les plus récentes) sont quant à eux 53 % plus élevés que ceux de la première moitié de 2020.

Pourtant, les patients qui les consomment ne sont pas tous diagnostiqués avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). La plupart du temps, ils n’en présentent que quelques symptômes, qui sont en réalité reliés à de l’anxiété généralisée, explique Benoit Heppell, médecin omnipraticien et professeur à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke.

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« Les gens veulent de la médication comme une solution miracle à tous leurs maux, avance-t-il. On est dans une ère où les gens cherchent des moyens pharmacologiques pour être fonctionnels dans un monde qui l’est de moins en moins. »

Des médecins « achetent la paix »

Il arrive souvent que des patients se présentent à son cabinet comme s’ils allaient passer une commande de médicaments.

« Toutes les semaines, des adultes vont venir me voir en me disant : “Je pense que je suis TDAH, je lis là-dessus, je me trouve anxieux, j’ai essayé du Vyvanse d’un ami” », relate-t-il.

Il reconnaît néanmoins que des adultes reçoivent un diagnostic tardif.

Selon le pédopsychiatre Martin Gignac, le TDAH « n’est pas assez traité chez l’adulte ». Pour certains qui ont reçu le diagnostic étant enfant, les symptômes, même s’ils sont moindres, justifient la prise de médication.

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Or, certains patients s’auto-diagnostiquent et veulent de la médication pour être plus performants.

« On finit par prescrire des psychostimulants pour acheter la paix, pour laisser le patient l’essayer car il le veut absolument. Des fois ça leur fait rendre compte que ça ne marche pas pour eux. C’est une approche négociée », explique le Dr Heppell.

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Il ajoute tout de même que, la plupart du temps, quand il prescrit des psychostimulants, c’est qu’il a établi un diagnostic clair.

Une surconsommation ?

Cette tendance à la hausse de la prise de psychostimulants chez les adultes s’observe aussi chez les enfants et les adolescents, révèlent des données rapportées par Radio-Canada au début du mois.

Un constat qui préoccupe le Collège des médecins du Québec (CMQ).

« La prescription de psychostimulants chez les adultes est plus complexe et ne devrait pas être prescrite en dehors d’indications reconnues : TDAH diagnostiqué ou certains cas autres exceptionnels », indique-t-on par courriel à 24 heures le CMQ.

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La prescription de ces médicaments ne devrait pas être prise « à la légère », martèle le Dr Gignac. « Aucune étude ne prouve que la médication va augmenter nos capacités quand on n’est pas TDAH. »

Même si les effets secondaires ne sont pas graves, les psychostimulants peuvent provoquer des troubles du sommeil et une perte d’appétit, souligne-t-il.

Couplés à des boissons énergisantes, ces médicaments peuvent avoir des effets néfastes sur la santé, révélait une enquête de Radio-Canada.

En 2021, le Collège avait d’ailleurs rappelé aux médecins l’importance de procéder rigoureusement aux évaluations requises, de prendre le temps nécessaire pour poser un diagnostic ainsi que de se référer aux recommandations de bonnes pratiques.

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