Guillaume Latendresse: de 2001 à aujourd’hui

Félix Séguin, TVA Sports
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Mon arrivée dans l’univers des médias coïncide avec l’ascension de Guillaume Latendresse vers la LNH. Et en 2020, nous voici sur la même équipe de diffusion des matchs des Canadiens de Montréal.
La première fois que j’ai vu jouer Guillaume, il avait 14 ans et c’était lors de la saison 2001-02. Je couvrais alors les activités de la Ligue Midget AAA ainsi que celles de la LHJMQ. À ce moment, Latendresse jouait pour les Riverains du Collège Charles-Lemoyne dans le Midget AAA.
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Il était un joueur d’exception parce qu’il était rare de voir un joueur de 14 ans dans cette ligue qui regroupait des 15, 16 et 17 ans.
Malgré son jeune âge, Latendresse était un homme parmi des enfants. Il mesurait déjà 6 pieds et pesait plus de 200 livres. Imaginez. Il était fort et puissant et ses adversaires avaient beaucoup de difficultés à le déplacer.
Guillaume pouvait donner de bonnes mises en échec, mais je constatais que ce n’était pas ce qui ressortait dans son jeu. Je voyais davantage ses habiletés offensives, son maniement de rondelle et son tir. Il était un attaquant de finesse dans un corps de géant.
Les équipes de la LHJMQ rêvaient toutes de l’avoir dans leur rang. C’était le cas de l’équipe que je couvrais à l’époque, les Foreurs de Val-d’Or. La formation de l’Abitibi rêvait de le repêcher puisque les Foreurs comptaient déjà sur le frère de Guillaume, Olivier Latendresse.
En 2003, j’étais sur place à Val-d’Or lorsque les Voltigeurs de Drummondville ont sélectionné Guillaume avec le deuxième choix de la séance de sélection. Le premier avait été un certain Sidney Crosby par l’Océanic de Rimouski... Et pour votre information, les Foreurs détenaient le troisième choix et avaient opté pour le défunt Luc Bourdon.
À 16 et 17 ans, Latendresse a rapidement démontré qu’il n’était pas un feu de paille et qu’il s’affirmait comme l’un des plus beaux espoirs de la LHJMQ en vue du repêchage de la LNH de 2005. À ce moment, plusieurs s’entendaient pour dire que rarement avait-on vu un attaquant québécois avec un tel physique avoir autant de facilité à créer des jeux offensifs et à marquer des buts avec une telle aisance.
Un choix de premier tour?
Vous le savez, il a finalement été un choix de deuxième tour des Canadiens. Cependant, si le repêchage de 2005 en avait été normal, Latendresse aurait été le choix de première ronde des Canadiens.
Je vous explique.
Le repêchage de 2005 suivait la saison annulée de 2004-05 en raison d’un conflit de travail. Afin de déterminer l’ordre de repêchage, la LNH avait établi un système et le CH avait eu la surprise d’obtenir le cinquième choix qui allait finalement devenir Carey Price.
Cependant, en temps normal, Montréal aurait choisi quelque part entre le 15e et 25e rang. Price n’aurait plus été disponible et Latendresse l’aurait été. Et puisque les Canadiens l’avaient en haute estime, Guillaume aurait été le premier joueur choisi par le CH cette année-là.
Mon chemin a continué de suivre parallèlement celui de Latendresse.
Ses débuts avec les Canadiens de Montréal coïncident avec mon arrivée à Montréal et mes premiers reportages à la télévision.
Comme vous, j’étais enchanté lorsque Guillaume avait ébahi le Québec tout entier à l’âge 18 ans.
Après un premier camp d’entraînement très impressionnant à Montréal, il avait été retourné dans la LHJMQ. D’ailleurs, mes patrons m’avaient envoyé à Drummondville pour épier les faits et gestes de Guillaume lors de son retour. Quelle ovation il avait reçue ce soir-là de la part des partisans ! Ce fut un beau moment.
À 19 ans, il n’a laissé aucun choix aux dirigeants des Canadiens qui l’ont gardé dans la LNH.
L'erreur des Canadiens
Cependant, j’étais un des rares qui avait effectué une mise en garde concernant la façon de jouer de Latendresse. Il épatait tout le monde avec ses solides mises en échec. Mais, je le disais à qui voulait l’entendre que Guillaume ne devait pas être perçu comme un joueur qui allait terrasser tous les joueurs sur la glace, et ce, à chacune de ses présences. Je le connaissais. Je le savais que ce n’était pas en lui. Je répétais qu’il était avant tout un joueur de finesse qui pouvait frapper solidement une fois de temps.
Les Canadiens lui ont donné un rôle sur le troisième et quatrième trio. Malheureusement, je crois que ce fut une erreur. Guillaume était un joueur offensif et il avait besoin de jouer avec des joueurs talentueux. De plus, il aurait dû avoir un rôle important en avantage numérique, mais ce ne fut pas le cas.
Lorsque Guillaume a été échangé au Wild du Minnesota, j’avais amorcé ma carrière de descripteur. J’ai eu à décrire ce que je considère ses meilleurs moments en carrière dans la LNH. Avec ses compagnons de trio Martin Havlat et Kyle Brodziak, Latendresse a pu exploiter ses qualités offensives. À un certain moment, il était sur une séquence de 19 buts en 31 matchs. Il était en confiance, il était dans son élément.
La vie a fait que j’étais présent comme journaliste la journée où il a effectué son retour au Centre Bell le 17 décembre 2009. Je l’avais croisé dans les corridors du Centre Bell le matin du match. Il serrait son garçon très fort dans ses bras. Il ne l’avait pas vu depuis la transaction qui était survenue un mois plus tôt. J’ai été privilégié d’être témoin de ce moment émouvant.
Là, les commotions cérébrales ont freiné ses bonnes intentions. Quel dommage ! J’étais convaincu qu’il était sur son erre d’aller. J’étais persuadé qu’il pouvait devenir un marqueur de 30 ou 40 buts.
Mais son état de santé s’est détérioré.
En 2012-13, j’étais devenu le descripteur des Sénateurs d’Ottawa lorsque Guillaume s’est joint à l’équipe. Lors du camp d’entraînement, les Sénateurs l’avaient placé sur le premier trio de l’équipe avec Kyle Turris et Daniel Alfredsson. Je trouvais que Latendresse avait une occasion en or de se faire valoir surtout grâce à Alfredsson. Malheureusement, d’autres commotions cérébrales sont venues anéantir les aspirations du Québécois.
À 26 ans, sa carrière s’est terminée beaucoup trop tôt. Son potentiel était grand, mais sa santé était en danger. De mon côté, j’assistais à la fin de son périple comme hockeyeur qui aurait dû être autrement.
Et nous voici en 2020.
Après le Midget AAA, le repêchage à Val-d’Or, la LHJMQ, Drummondville, les Canadiens de Montréal, le Wild du Minnesota, le Centre Bell et les Sénateurs d’Ottawa, nos chemins parallèles se rejoignent finalement... 19 ans plus tard.
Guillaume et moi serons dans la même équipe pour la diffusion des matchs des Canadiens de Montréal à TVA Sports.
Le temps passe vite.
La vie est bien faite.
Bienvenue Guillaume.
Bienvenue à Maxim Lapierre.
Bienvenue à Alexandre Picard.
Que la saison commence !