Groenland: les États-Unis ont «un besoin vital de l'Europe», selon le chef de la diplomatie française

AFP
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Les États-Unis ont « un besoin vital de l'Europe », a souligné lundi le chef de la diplomatie française, en écho aux propos de Donald Trump qui juge « vital » pour la sécurité américaine de prendre le contrôle du Groenland.
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« Si certains semblent aujourd'hui l'oublier, rappelons que les États-Unis ont un besoin vital de l'Europe », a déclaré Jean-Noël Barrot dans un discours devant les membres de l'Académie des sciences morales et politiques, au moment où le président américain menace de nouveaux droits de douane les pays, dont la France, qui ont envoyé des militaires au Groenland si ce territoire autonome danois n'est pas « intégralement vendu » aux États-Unis.
Le ministre français a exhorté les Européens à dire « non aux États unis quand ils touchent à ce que l'Europe a de plus intime: sa démocratie, ses frontières ».
« Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d'affaires et sans doute la moitié de leurs profits en Europe », a-t-il argué. « Les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d'euros d'actifs de plus que les Américains n'en détiennent en Europe », a-t-il ajouté, en affirmant: « Personne ne sort jamais gagnant d'une guerre commerciale ».
De plus, les Européens disposent « d'instruments très puissants » pour se défendre contre toute atteinte à ses intérêts essentiels, « qui nous permettent de restreindre l'accès au marché européen et refermer nos marchés publics », a-t-il poursuivi.
Et de mettre en garde: « On aurait tort de l'oublier ».
Les dirigeants européens se réuniront jeudi soir en sommet extraordinaire pour évoquer les menaces répétées de Donald Trump sur le Groenland et les droits de douane, a annoncé lundi une porte-parole du Conseil.
L'Union européenne cherche à afficher l'unité face aux menaces de surtaxes douanières brandies par le président américain, qui martèle sa volonté de s'emparer du Groenland.
En parallèle de la recherche d'une solution diplomatique, les pays ont effectivement demandé à la Commission d'examiner les différentes ripostes envisageables.
Le président français Emmanuel Macron a notamment fait savoir qu'il comptait demander l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE en cas de nouveaux droits de douane américains.