Grand Prix du Canada en examen: la F1 lourdement caviardée dans des documents publics
Les informations dans les mandats, procès-verbaux, rapports et relevés concernant la F1 sont largement hachurées

François-David Rouleau
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Sachant que la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) est directement impliquée dans le contrat liant les bailleurs de fonds et le promoteur à la F1, Le Journal a cherché à déterrer des données, des contrats et des décisions prises avec l’argent des contribuables depuis 15 mois. Des 14 requêtes formulées à ses deux demandes d’accès à l’information, Le Journal a reçu des documents lourdement caviardés concernant la F1.
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Que ce soient des rapports, des documents de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), des mandats ou des procès-verbaux du conseil d’administration de la société, de nombreuses requêtes étaient entièrement noircies ou littéralement refusées sous divers prétextes «secrets».

Dans la foulée des dépenses douteuses qui ont eu cours à l’Office de consultation publique de Montréal à l’automne 2023 et des informations privilégiées, nous avons procédé à des demandes officielles visant cette administration paramunicipale de Montréal vers qui les réflecteurs du monde entier sont tournés en juin depuis 1978.
D’autant plus que l’édition 2024 du Grand Prix du Canada a connu de sévères problématiques ayant entaché la réputation de Montréal.

Le feutre noir domine
Parmi les documents exigés, il faut souligner le travail acharné de caviardage de tout ce qui était en lien avec la F1 dans les procès-verbaux des séances du conseil d’administration de la SPJD ayant eu lieu depuis juillet dernier.


«C’est toujours la grande excuse de se cacher derrière des secrets professionnels et commerciaux, a tonné l’experte en matière d’accès à l’information Monique Dumont. C’est difficile de combattre cet argument qui est toujours soulevé lorsqu’il y a un lien avec une entreprise privée.
«Dans le secteur des sports, c’est difficile de travailler et obtenir des documents, a-t-elle renchéri, exaspérée par les exemples de réponses données au Journal. Avec la défense nationale, ce sont des domaines où le mur du silence est difficile à percer.»

Raisons limitées
À titre d’exemple, pour motiver le refus de transmettre des renseignements et le caviardage à l’une de nos requêtes, la SPJD a cité 12 articles différents.
«C’est incroyable, a réagi Mme Dumont. Il y a une limite de raisons qu’ils peuvent utiliser.»
La vice-présidente de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques, Alexandra Langelier, peut comprendre la légitimité de refuser l’accès à l’information si toutefois des explications claires sont données.
«Dans tout organisme financé par des fonds publics, la transparence prévaut. C’est essentiel, car la crédibilité de l’organisation en dépend. La pire chose, c’est la perte de confiance envers l’organisation», a-t-elle expliqué.
Pourquoi est-il impossible pour les contribuables, travailleurs, commerçants, restaurateurs, de connaître, conformément à la loi, les renseignements et les enjeux impliquant le plus gros évènement au pays financé par l’État?

Il faut rappeler qu’en 2022 et 2023, en réponse à nos demandes d’accès à l’information, la SPJD s’est cachée derrière la FIA, refusant la transmission de documents qui avaient pourtant été rendus publics par l’organisme de gouvernance du sport automobile.