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Grand Prix de Las Vegas: des mois d’angoisse et de pertes à le rendre malade

Ce propriétaire de station-service a vu son chiffre d’affaires fondre de 70% à cause de la F1

Photo François-David Rouleau
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2024-11-20T21:57:21Z

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LAS VEGAS | Quand il pense à la F1, Wade Bohn voit son chiffre d’affaires fondre comme neige au soleil dans le Nevada, 18 mois de cauchemars, d’innombrables nuits blanches et des troubles de santé.

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Et pourtant, ce natif de Las Vegas jubilait quand il a su que sa ville serait l’hôte d’une épreuve de la discipline reine du sport automobile.

Bohn est propriétaire de la splendide station-service et du dépanneur peinturé aux couleurs de Coca-cola à l’angle de Flamingo Road et Koval. LE quadrilatère problématique et que tout le monde veut éviter à tout prix, locaux comme visiteurs.

L’an passé, il a perdu 65% de ses ventes régulières par rapport à 2022. Cette année, il a glissé un peu plus profond, à 70%, dans le trou financier qu’aurait creusé la F1. À titre d’exemple, en novembre 2022, il avait comptabilisé des ventes de 682 000$ dans ses livres comptables. Cette année, après 19 jours, le montant s’élève à... 131 000$.

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«Je n’atteindrai même pas 200 000$, peine-t-il à dire en hochant de la tête devant son commerce où Le Journal l’a rencontré. Durant nos 45 minutes de discussion, aucun véhicule ne s’est arrêté à ses pompes et son magasin.

«Je vendais environ 2300 galons [10 500 litres] par jour auparavant. Maintenant, c’est à peine 700 [3200 litres] par jour. Il y a beaucoup d’argent siphonné dans la toilette», peste-t-il.

Pourquoi?

Il suffisait de l’observer s’emporter en pointant dans toutes les directions comme une girouette en pleine tempête.

Vers les paddocks, l’une de ses entrées bloquées en raison d’une passerelle piétonne ou l’horrible pont métallique temporaire enjambant Koval Lane et déviant le trafic de son commerce. Il n’est pas le seul; son compétiteur situé tout près vit les mêmes angoisses, comme les entreprises cordées sur Flamingo Road.

PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU
PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU

«Ça me rend malade. Je crains de tout perdre. Si cette course est encore ici à l’an 4 du contrat, je suis fini. J’ai déjà mis à pied 50% de mes employés. C’est triste, car en même temps que je vois mon entreprise s’effondrer, eux, ils perdent leur emploi.»

Aucun besoin

«C’est si tranquille depuis des semaines que lorsque les représentants viennent pour renflouer les marchandises, je n’achète rien, car je n’ai besoin de rien. Et Shell n’envoie pas les gros camions-citernes, car je ne vends pas assez d’essence», raconte-t-il.

Bohn est aussi l’un de ceux qui ont décidé de poursuivre la F1, Liberty Media et son comté de Clark pour les dommages causés et les pertes financières significatives chiffrées à plusieurs millions de dollars.

«La destruction causée pour une course de 90 minutes qu’on reçoit une fois par année est inexplicable. Je ne comprends pas le concept. C’est notre ville.»

Comme Randy Markin (lire autre texte), il lance à la poubelle l’étude sur l’impact économique de 1,5 G$ du Grand Prix de 2023. Selon lui, c’est de la poudre aux yeux pour embellir la situation et balayer sous le tapis tous les effets négatifs.

Dans les livres, Vegas a perdu près d’un demi-million de dollars pour l’organisation de cette course.

Bas de vignette Infographie Le Journal

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