Georges Pothier sur les répercussions de la guerre d'Iran
Équipe Salut Bonjour
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Depuis maintenant près de 30 jours, la guerre d’Iran projette son ombre sur l’économie mondiale et, forcément, sur le portefeuille des Québécois.
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Chaque semaine à Salut Bonjour, j’arrive avec l’espoir de pouvoir vous parler d’autre chose. Mais les événements ne nous laissent aucun répit : les impacts sont trop grands, trop rapides, trop omniprésents pour qu’on passe à côté.
Ce qui frappe cette semaine, c’est le tango géopolitique auquel on assiste : un jour, l’escalade ; le lendemain, l’apaisement ; puis de nouveau l’escalade. On souffle le chaud et le froid à un rythme qui ferait perdre le nord à n’importe quel analyste. L’Iran et ses dirigeants remplissent l’actualité de déclarations contradictoires, et pendant ce temps, les marchés tanguent comme un bateau dans la tempête.
À cela s’ajoutent les sorties agressives du président américain. La plus récente : un avertissement lancé à l’Iran en des termes on ne peut plus menaçants. Résultat immédiat : la bourse à la baisse, le pétrole à la hausse, et un climat d’incertitude totale. On navigue dans le brouillard, et les marchés aussi depuis presque un mois.
Un moral économique au plancher
Et ce brouillard, il retombe directement sur les consommateurs. Un sondage Léger publié il y a quelques jours est sans équivoque :
– 91 % des Canadiens craignent une hausse du coût de la vie (essence, épicerie) ;
– 82 % redoutent une récession mondiale (pertes d’emplois).
Ils ont raison d’être inquiets. Le message que ce conflit envoie au monde économique – et aux gouvernements – est clair : préparez‐vous à une série de chocs. Ce n’est pas seulement le prix de l’essence qui risque d’augmenter. L’épicerie, les matériaux, les produits importés, tout ce qui dépend du transport ou de l’énergie... tout peut grimper.
Et ce n’est pas tout. On commence déjà à voir les premières pressions inflationnistes sur des produits clés : fruits, légumes, viande, véhicules, composants électroniques, engrais, métaux spécialisés, matériaux de construction, outils industriels... bref, toute la chaîne d’approvisionnement.
Un mot qu’on n’aime pas entendre : stagflation
Si cette pression continue, la Banque du Canada pourrait se retrouver sans choix : hausser les taux d’intérêt. Mais imaginez le scénario : une économie qui ralentit, des consommateurs qui dépensent moins, et des prix qui continuent de monter.
C’est ce qu’on appelle la stagflation. Un mot qui donne des frissons à tous les économistes, parce qu’on y perd sur tous les fronts. Ce n’est pas notre réalité en ce moment, mais si le conflit s’éternise, le risque devient bien réel.
L’hélium : la hausse surprenante
L’un des effets les plus inattendus de cette crise ? L’explosion du prix de... l’hélium. On pense aux ballons de fête, mais en réalité, c’est un gaz essentiel :
– aux appareils IRM,
– à la fabrication des puces électroniques,
– à l’industrie aérospatiale.
Le Qatar, l’un des plus grands producteurs au monde, a vu certaines installations endommagées par des frappes iraniennes. Résultat : le prix de l’hélium a presque doublé en une semaine. Une preuve supplémentaire que cette crise ne touche pas seulement l’or noir : elle touche maintenant l’or invisible.
Et si la prochaine guerre était celle... de l’eau ?
Au Moyen-Orient, des millions de personnes dépendent de gigantesques usines de désalinisation. Elles sont essentielles : sans elles, pas d’eau potable, pas de climatisation dans un climat désertique, pas de refroidissement pour les centres de données.
Or, ces installations sont vulnérables, très vulnérables. Et déjà, la stratégie iranienne repose sur les menaces aux pays voisins par missiles et drones. Si une attaque majeure sur ces usines devait survenir, les conséquences seraient catastrophiques. On parle même de scénarios où des villes entières, comme Riyad, pourraient devoir être évacuées en quelques jours.
En conclusion, on ne peut qu’espérer que les négociations secrètes, si elles existent vraiment, finissent par porter des fruits. Le Pakistan affirme jouer les intermédiaires ; souhaitons que ça fonctionne.