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Budget du Québec : quelles mesures pour les consommateurs?

Georges Pothier avec Eve-Marie Lortie sur les nouvelles économiques de la semaine dans le cadre de l’émission «Salut Bonjour» le jeudi 19 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER
Georges Pothier avec Eve-Marie Lortie sur les nouvelles économiques de la semaine dans le cadre de l’émission «Salut Bonjour» le jeudi 19 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER Photo Martin Chevalier

Georges Pothier et Équipe Salut Bonjour

2026-03-19T17:00:00Z

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Le dépôt du huitième budget d’Éric Girard, à seulement six mois des élections, marque une étape charnière. Le ministre réussit à ramener le déficit sous la barre symbolique des 10 milliards, avec un retour à l’équilibre annoncé pour 2029-2030. Un exercice prudent, voire timide, dans un contexte où le gouvernement s’apprête à changer de premier ministre.

D’ailleurs, une enveloppe annuelle de 250 millions est prévue pour les projets de la personne qui succédera à François Legault le 12 avril, signe clair que la transition politique est déjà anticipée.

Des mesures pour soutenir

Dans un environnement économique tendu – tarifs américains, inflation persistante et guerre en Iran qui fait flamber les prix de l’essence –, certaines mesures visent tout de même à soutenir directement individus et familles. Parmi elles, Québec confirme la conversion de 5000 places de garderie privées en places subventionnées à environ 10 $ par jour. On priorisera les régions les plus en manque, portant à 60 000 le nombre total de places subventionnées sur le territoire, pour un coût de 400 millions sur cinq ans.

Québec maintient par ailleurs la hausse de la taxe scolaire à 3 % par année, mais met de l’avant d’autres initiatives plus concrètes pour les ménages. L’adaptation des résidences aux changements climatiques devient une priorité : 425 millions supplémentaires seront injectés sur cinq ans dans le programme Rénoclimat. Les travaux subventionnés incluront notamment les clapets antiretour visant à réduire les risques de refoulement d’égout, un enjeu de plus en plus fréquent avec les épisodes météorologiques extrêmes. Le programme LogisVert est également bonifié afin d’encourager l’installation de thermopompes dans les immeubles locatifs.

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Sur le front du logement, on annonce aussi 209 millions pour construire 1000 logements abordables d’ici trois ans. À cela s’ajoutent 1000 unités de plus au Programme de supplément au loyer, permettant à des ménages à faible revenu de consacrer seulement 25 % de leurs revenus à leur loyer, Québec assumant la différence. Plus de 42 000 ménages québécois en bénéficient déjà.

À l’inverse, aucune mesure ne vient compenser la flambée de l’essence : le ministre Girard mise sur une résolution rapide du conflit USA-Iran, qu’il estime à six semaines. Rien non plus pour atténuer la hausse du coût de l’épicerie, très éprouvante pour les familles. Cependant, un soutien supplémentaire de 61 millions sur cinq ans est accordé aux banques alimentaires.

Enfin, bonne nouvelle pour les écoles : le gouvernement maintient le financement des sorties culturelles. Une enveloppe de 119 millions sur cinq ans permettra aux jeunes de visiter gratuitement musées, théâtres et sites patrimoniaux.

L’impact de la guerre en Iran

Depuis deux semaines, la guerre en Iran provoque des secousses rarement vues pour un conflit dit « régional ». Les effets se font déjà sentir aux pompes, et on se demande maintenant quels secteurs seront touchés à plus long terme, notamment les prix en épicerie. Selon les économistes de BMO, l’impact dépend de trois facteurs : l’ampleur du conflit, sa durée et l’interruption de l’offre de biens, particulièrement le pétrole, qui influence directement le prix de l’essence.

Le marché pétrolier mondial réagit extrêmement vite. Comme l’Iran contrôle le détroit d’Ormuz – un passage utilisé pour 20 % du pétrole mondial –, le Brent a bondi à 120 $ US avant de retomber autour de 90 $ US après que Donald Trump eut évoqué une fin prochaine du conflit. Un blocage prolongé réduirait les exportations des pays du Golfe, créant des pressions majeures sur l’approvisionnement.

Le prix de l’essence a déjà grimpé de 11 % au Québec depuis le début du conflit. Et si la guerre s’étire, l’inflation alimentaire risque d’augmenter : un tiers des engrais agricoles mondiaux transite par Ormuz, et leurs prix ont déjà bondi de 30 %. Selon l’UPA, les prix des aliments pourraient grimper de 10 à 20 % si le conflit perdure.

Malgré tout, l’histoire montre que ces chocs demeurent souvent temporaires.

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