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Gabriel Sabourin: Comment une série écrite avec sa blonde est devenue une affaire de famille

Les séries «Eaux turbulentes» et «Moi, j'habite nulle part» sont disponibles sur Tou.tv

Marjolaine Simard

2025-11-06T11:00:00Z

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Gabriel Sabourin reprend le rôle de Charles Carignan dans l’ultime saison d’Eaux turbulentes et il cosigne avec sa conjointe, Geneviève Rioux, la série Moi, j’habite nulle part, qui met en lumière le quotidien des maisons d’aide pour femmes violentées. Ce projet est devenu pour lui une véritable aventure familiale. Une période riche pour le comédien, qui illumine de sa présence nos écrans depuis plus de 30 ans.

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Gabriel, parle-nous de ton personnage, Charles Carignan. Que vit-il cette saison?

Charles est toujours amoureux de Marianne, jouée par Hélène Florent. Cette fois, il s’entête dans une enquête qui le touche profondément, soit la disparition d’un jeune garçon autochtone, Hayden Lamarr (Taio Gélinas). Est-ce une fugue? Un enlèvement? Il est bouleversé par la détresse de la mère, Priscilla (Émilie Monnet), et il s’investit à fond. Peut-être un peu trop. Ça finit par se retourner contre lui.

Dans la bande-annonce, on le voit courir dans la forêt et être menacé d’un fusil. On comprend qu’il se met en danger...

Exactement! On peut dire que ce ne sera pas de tout repos pour lui.

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Hélène Florent et toi, vous avez souvent travaillé ensemble...

Oui, c’est fou comme nos chemins se sont croisés! On n’a qu’à penser à La galère, une longue et belle aventure. Parfois, ça repasse à la télé, et je me dis: «Mon Dieu qu’on était jeunes!» On s’est aussi retrouvés dans Au secours de Béatrice et dans Unité 9, où je jouais son mari. Avec Hélène, ça clique depuis toujours. C’est une partenaire de jeu instinctive, généreuse, avec qui tout coule de source.

Pour cette troisième saison, vous avez tourné dans la région d’Ottawa et dans la communauté de Pikwakanagan...

Dans la réserve, j’ai passé seulement quelques jours, mais Hélène et Eve Ringuette y ont tourné plus longtemps. Ce que j’aime de ces tournages à l’extérieur, c’est ce sentiment d’aventure. On découvre chaque matin des lieux où on ne serait jamais allé autrement. Et le contact avec les communautés et les acteurs autochtones a été vraiment enrichissant. On apprend à connaître leur culture, leur façon de voir le monde... C’est très inspirant.

Tu es également coscénariste de la série web Moi, j’habite nulle part, qui met en lumière l’univers des maisons qui viennent en aide aux femmes violentées, une série que tu signes avec ta conjointe, Geneviève Rioux...

On voulait parler d’un sujet encore trop présent dans notre société: la violence conjugale. Malgré tous les efforts déployés ici au Québec — et Dieu sait qu’on en fait beaucoup! —, le problème ne diminue pas. On voulait aussi montrer à des femmes qui vivent de la violence qu’il y a des ressources pour les aider, elles, ainsi que leurs enfants.

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Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

Comment ça se passe d’écrire avec ta conjointe?

Très bien! Et depuis cette saison, mon beau-fils Emmanuel Rioux s’est joint à nous en coréalisant avec Geneviève. C’était un peu risqué, à trois, et en famille de surcroit, parce que ça peut devenir complexe. Mais tout s’est déroulé dans le plaisir et la complicité. On est fiers du résultat.

Emmanuel, est-ce qu’il se destinait à devenir réalisateur?

Il a d’abord étudié en droit, mais il avait commencé à faire de petits courts métrages de son côté. À un moment donné, je lui ai dit: «Viens travailler avec nous, tu vas apprendre sur le tas. Ça va être ta meilleure école!» Et je peux te dire qu’il a un vrai talent. Ça marche au boutte! Emmanuel a grandi entouré d’artistes avec sa mère, Geneviève Rioux, son père, Vincent Graton, sa belle-mère, France Beaudoin... Et du côté de la famille Graton, il y a aussi Rachel Graton, Françoise Graton, Gilles Pelletier. Et puis, de mon côté, il y a mon père, Marcel Sabourin. Disons qu’il nage dans ce milieu-là depuis toujours!

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Tes projets sont teintés par une grande histoire de famille...

Oui, même mon frère, Jérôme Sabourin, a assuré la direction photo de la première saison, et la comédienne Rachel Graton était un des personnages principaux. Alors oui, c'est vraiment une histoire de famille.

Qu’est-ce que tu peux me dire sur la troisième saison?

Dans ce troisième volet, on s’intéresse davantage aux intervenants qui travaillent dans les maisons d’aide, à leur réalité au quotidien. C’est un regard qu’on voulait absolument poser. Charlotte Aubin et Micheline Bernard y incarnent des femmes violentées qui viennent se réfugier dans une maison d’aide.

Ce qui est amusant, c’est qu’Alice, la nouvelle intervenante dans une maison d’aide pour femmes, est incarnée par Philomène Bilodeau, dont la mère à l’écran est jouée par sa vraie mère dans la vie, Monique Spaziani. Et pendant ce temps-là, tu préparais la pièce Les Boys avec le père de Philomène, Emmanuel Bilodeau...

Oui, on en riait souvent. On se disait aussi que Philomène, c’est presque la jumelle d’Emmanuel Rioux, mon beau-fils. Monique et Geneviève étaient enceintes en même temps, et ils sont nés à quelques heures d’intervalle. Et comme le tournage de la série coïncidait avec mes répétitions des Boys, tout ça s’entremêlait. À un moment donné, Emmanuel Bilodeau gardait l’enfant de sa fille pendant que moi, j’allais la rejoindre sur le plateau! C’était vraiment drôle. Une belle aventure, profondément familiale et amicale, à tous les niveaux.

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Tu es maintenant grand-papa deux fois, et il paraît que tu es complètement gaga...

Ah oui, totalement! Ça réveille la dopamine à fond! (rires) Quand je quittais la petite, surtout durant la première année, je disais souvent à Geneviève: «C’est bizarre, je me sens comme en sevrage!» Comme si j’avais pris une drogue et que j’étais en manque. C’est fou l’effet que ça fait.

On sent que, même si Delphine et Emmanuel sont tes beaux-enfants, vous formez une famille très unie...

Oui, vraiment. Ils font partie de ma vie depuis très longtemps. Toute cette gang-là, les Graton-Beaudoin, il y a beaucoup d’amour et de respect entre nos deux familles. Pour mes parents, Delphine et Emmanuel ont toujours été comme leurs premiers petits-enfants, puisqu’ils sont arrivés avant les autres. Mes frères aussi les considèrent comme leurs neveux et nièces. On forme une grande famille moderne. Ça, c’est précieux.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Être grand-père te rapproche-t-il de l’enfant en toi?

Oui. Et heureusement, il y a certains projets où on retrouve cet enfant aussi quand on est comédien. Comme avec la pièce Les Boys. J’ai joué au hockey pendant longtemps, et j’avais déjà eu la chance de vivre un rêve en tournant dans Lance et compte. Quand on m’a proposé de faire Les Boys au théâtre, avec plusieurs acteurs qui sont de vieux amis de l’école de théâtre, j’ai tout de suite dit oui. Juste le fait d’enfiler l’équipement et de refaire des jeux de hockey sur scène, je redeviens un gamin entouré de ses chums! Les loges, c’est carrément devenu le vestiaire de hockey. Avec Louis Champagne, Didier Lucien, David Savard... On se connaît depuis 35 ans.

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi prochainement?

Je vais jouer Olivier, un personnage un peu mystérieux, voire inquiétant, dans Dumas. C’est un type lié au gouvernement du Canada... Un rôle aux teintes que je n’ai jamais vraiment explorées dans mon passé de comédien, et ça, c’est toujours stimulant. Mes scènes se déroulent surtout avec Gildor Roy et Vincent Leclerc, deux acteurs avec qui je n’avais jamais eu la chance de travailler. Et dès qu’on s’est retrouvés sur le plateau, ça a cliqué tout de suite. J’espère que mon personnage reviendra, parce que j’ai vraiment aimé plonger dans cet univers-là.

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