Côte-des-Neiges a été le théâtre d’une fusillade qui a coûté la vie à trois personnes, dont un policier et un civil, lundi. Même si le suspect a été abattu et qu’il n’y a plus de danger immédiat pour la population, les autorités poursuivent toujours leur travail d’enquête. Voici ce que l’on sait de la suite du dossier.
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Les événements sont survenus en début d’après-midi. En soirée, un périmètre de sécurité était toujours en place afin de permettre aux enquêteurs de ratisser minutieusement les scènes de crime, explique l’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec, Paul Laurier.
« On va vérifier chaque éclat de balle, chaque éclat de verre. Il faut retrouver, il y a l’arme du crime, l’arme des policiers, il y a des boulets qui ont été probablement incrustés dans les murs qui ont été perdus, il y a des douilles. Donc tout ça doit être mis en contexte », a-t-il souligné aux ondes de LCN.

Selon M. Laurier, une fois le suspect formellement identifié, les enquêteurs devront également retracer son parcours et son historique.
« À partir du moment où il y a un 9-1-1 et le crime est en progression, les policiers vont aller chercher seconde par seconde, ils vont aller chercher vraiment en continu tout ce qui s’est passé pour être capable de l’expliquer à la cour », a-t-il mentionné.
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Faire le profil du suspect
Plusieurs questions demeurent en suspens : le tireur agissait-il seul ou faisait-il partie d’une organisation ? Un manifeste aurait également été retrouvé, dans lequel le suspect s’en prend aux femmes et au capitalisme. Son origine et son contenu font partie des éléments analysés.
Pour l’ex-enquêteur, la présence d’un tel document permet aux spécialistes de mieux cerner le profil du tireur.
« On a déjà vu des crimes haineux où d’autres personnes avaient fait des manifestes, mais à partir de ça, les paragraphes, l’utilisation du temps, des temps de verbe de la 1re personne, de la 3e personne, c’est toutes des choses importantes », a-t-il fait valoir.

Les psychologues et enquêteurs spécialisés analyseront ensuite ce discours afin d’établir un profil du suspect, tandis que le coroner devra reconstituer les événements et formuler des recommandations au gouvernement.
« Est-ce qu’on a bien agi ? Est-ce qu’on n’a pas bien agi ? Est-ce que c’est un guet-apens ? Tout ça va être analysé vraiment en microscopie », a-t-il ajouté.
Perquisitions à venir
Selon Paul Laurier, des perquisitions doivent être effectuées au domicile du suspect, qui serait originaire de l’Alberta, selon notre Bureau d’enquête.
« On va perquisitionner le téléphone, on va perquisitionner son ordinateur, ses comptes. Il a réservé l’hôtel, il l’a fait en ligne, il l’a fait avec une carte de crédit », a-t-il souligné.

Des enquêteurs travaillent aussi à la rédaction d’affidavits afin de les transmettre aux grandes plateformes numériques comme Facebook, Meta et Google, dans le but de geler les comptes du suspect et de recueillir des éléments de preuve supplémentaires, indique l’ex-enquêteur.
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