Frais de visa à 100 000$ aux États-Unis: le secteur bancaire de New York inquiet

AFP
Partager
L'annonce par Donald Trump de frais de 100 000 dollars sur certains visas de travail a de quoi inquiéter New York, la ville américaine accueillant le plus de bénéficiaires de ces titres de séjour, particulièrement dans le secteur financier.
• À lire aussi: Trump va imposer des frais de 100 000 $ pour un visa emblématique de la tech
• À lire aussi: L’administration Trump clarifie les frais de visa à 100 000$ après les inquiétudes exprimées par l’Inde
• À lire aussi: Visas: les journalistes étrangers aux États-Unis mis sous pression par Donald Trump
Au premier semestre 2025, 4975 nouveaux visas H-1B ont été accordés dans la mégapole, selon les données du service américain de la citoyenneté et de l'immigration analysées par l'AFP.
À l'échelle des États, ce sont la Californie et le Texas qui ont accueilli le plus de détenteurs de ces permis de travail sur la période. Mais aucune ville n'a l'attractivité de New York, qui s'explique par la politique de recrutement des géants de Wall Street.
Au premier semestre, la banque d'investissement Goldman Sachs - dont le siège new-yorkais compte 9000 employés - a été le premier bénéficiaire de visas H-1B dans la ville.
Suivent d'autres banques, Morgan Stanley et Citigroup, l'analyste de données financières Bloomberg et le cabinet de conseil McKinsey.
Plus bas dans la liste et hors du secteur financier, figurent des universités, comme Columbia, ainsi que des institutions médicales.
Sollicité par l'AFP sur l'impact potentiel sur son recrutement de la mesure annoncée vendredi, Goldman Sachs n'a pas répondu. Bloomberg et Citigroup, elles, ont refusé de commenter.
«Des frais de cette ampleur vont probablement réduire drastiquement l'utilisation des visas H-1B», anticipe Ethan Lewis, professeur d'économie à l'université Dartmouth, interrogé par l'AFP.
C'est d'ailleurs l'objectif affiché par l'administration Trump, le ministre du Commerce Howard Lutnick souhaitant «arrêter de faire venir des gens pour prendre nos emplois».
Main-d'œuvre insuffisante
«Cela conduira à (...) une croissance plus lente de la productivité», prévient toutefois Ethan Lewis. «Et, à plus long terme, (cela) découragera les (étrangers) de poursuivre leurs études aux États-Unis, car beaucoup dépendent des visas H-1B pour leur premier emploi».
Autre secteur à risque - le plus friand de ces permis de travail -, la tech. L'annonce de Donald Trump n'a pas convaincu nombre d'entrepreneurs - parmi lesquels son allié Elon Musk - qui affirment que les Etats-Unis n'ont pas suffisamment de main-d'œuvre qualifiée pour répondre aux besoins.
D'autres anticipent également que, plutôt que d'être proposés à des travailleurs américains, certains emplois pourraient être délocalisés à l'étranger.
Les visas H-1B - dont les trois quarts des bénéficiaires sont des ressortissants indiens - permettent à des travailleurs aux qualifications précises (scientifiques, ingénieurs et programmateurs informatiques...) de travailler aux États-Unis pour une période initiale de trois ans, prolongeable jusqu'à six ans.
En 2025, les postes pourvus dans les banques via ces permis de travail étaient ainsi davantage orientés vers la technique (ingénierie logicielle, analyse quantitative, science des données) que la finance pure et dure.
Le nombre de demandes de ce type de visa a nettement progressé ces dernières années, avec un pic d'acceptations en 2022 sous la présidence du démocrate Joe Biden.
Les États-Unis ont approuvé environ 400 000 visas H-1B en 2024, dont les deux tiers étaient des renouvellements.
La mesure prise par l'administration Trump concerne uniquement les nouveaux visas, et non les renouvellements ou les actuels détenteurs, selon la Maison-Blanche.