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«Florent Vollant: innu»: Le musicien se dévoile

Samedi 27 septembre 21 h, Radio-Canada

Julie Loiselle

2025-09-25T10:00:00Z

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Dans ce documentaire empreint d’une grande douceur, le musicien innu Florent Vollant livre son histoire comme jamais auparavant. Le cofondateur du légendaire duo Kashtin, auteur de plusieurs albums solo acclamés et homme engagé dans la défense de sa culture, a en effet ressenti une urgence de se raconter à la suite d’un AVC survenu en avril 2021. Malgré un état de santé fragile, il reste animé du même désir de créer et de transmettre ses valeurs à travers différents projets.

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Le tournage de Florent Vollant: innu s’est échelonné sur trois années, ce qui a permis de capter des moments marquants pour l’artiste maintenant âgé de 66 ans. Les caméras se rendent notamment à Maliotenam, sur la Côte-Nord, où il vit depuis de nombreuses années. Ce territoire naturel vaste et glacial le fait sentir chez lui. «Je suis venu au monde sur la neige, dans l’immensité. Je n’avais ni froid ni faim. Mes parents m’ont protégé», révèle-t-il en début d’émission. Il fera d’ailleurs bien d’autres déclarations touchantes au cours du documentaire, à propos tant de sa vie personnelle que de son parcours professionnel.

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L’émission s’ouvre sur une boîte de souvenirs oubliée au sous-sol de la maison familiale, que Florent explore avec son fils, Mathieu McKenzie. On y retrouve ses nombreux prix et distinctions, dont le Juno du meilleur enregistrement de musique autochtone canadienne, reçu en 2001, et un Félix de l’artiste autochtone de l’année, remis en 2019. Ce dernier lui avait inspiré un discours marquant, qui nous est rappelé par des images d’archives: «Merci à l’ADISQ de nous avoir fait une place, a-t-il dit à l'époque. Mais je dois dire qu’on n’est pas ici juste parce qu’on est autochtones, mais aussi parce qu’on est bons!»

Une lumière dans la noirceur

Ces souvenirs le font sourire, mais sa santé vacillante — il se déplace notamment en marchette — le pousse à savourer encore plus son existence. «Ça a frappé fort sur tout son corps, mais également sur toute la famille, confie son fils. Je n’oublierai jamais quand il s’est réveillé et m’a dit: “J’ai eu une belle vie, si ça doit s’arrêter là, ça peut s’arrêter.”»

On apprend que ses proches ont longtemps vécu en nomades. Sa grand-mère, Caroline, prenait les décisions pour le clan: «C’est elle qui savait quand on devait partir et où aller. On se déplaçait toujours sur un territoire sans chemin, seulement des cours d’eau pour voyager», se rappelle Florent. Les caméras se rendent à l’embouchure de la rivière Moisie, où habitaient autrefois les siens. Mais l’endroit a été détruit par les Blancs, forçant les résidents à s’installer près d’un pensionnat destiné à convertir les Autochtones. Florent y a été amené de force à l’âge de six ans, avec ses frères et sœurs. Son frère, Raoul, évoque la douleur de ce moment: «Il pleurait, il voulait retourner chez nous. Comme j’étais plus âgé, les prêtres m’ont demandé de lui faire comprendre que c’était fini, la vie avec papa et maman.» C’est pourtant à ce pensionnat que le garçon découvre la musique: «Il y avait un petit xylophone parmi les jouets. Je me suis inventé un monde. J’allais aussi dans la chapelle écouter les religieuses chanter. Puis, j’ai intégré la chorale et appris le chant grégorien. C’était mon évasion.»

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Le temps des réconciliations

En plus de revenir sur les faits marquants de sa vie professionnelle, le documentaire s’attarde à ses projets actuels. On le suit par exemple lors de l’enregistrement de l’album Tshitatau, en février 2022, qui est rempli de chansons liées à des souvenirs douloureux: «Je dois les chanter, car si je ne le fais pas, ça restera dans ma mémoire.» Les téléspectateurs assisteront aussi aux préparatifs du spectacle que Maten (le groupe musical de son fils, Mathieu) a présenté lorsque le pape François est venu au Canada, en juillet 2022, dans le cadre du «pèlerinage pénitentiel» visant à demander pardon aux peuples autochtones pour les abus subis dans les pensionnats. 

Sur place, le fier papa échange avec des religieux. Comment se sent-il face au clergé? «J’ai déjà eu peur de ces personnes, mais plus maintenant. Je ne suis pas contre parler avec elles. Mais après les violences qu’on a vécues, s'excuser ne changera pas ce qui a été fait», lance-t-il en conclusion de ce documentaire poignant, qui mêle musique, souvenirs et engagement.

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