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Fini les tampons : cette technique permet de gérer ses règles sans protection hygiénique

Élise Fiola

2026-04-06T10:55:00Z

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Et si l’on vous disait qu’il est possible de vivre ses règles autrement ? D’apprivoiser son corps et d’apprendre à se connaître à un tel point qu’on en ressent de nouvelles sensations... qui nous permettent de maîtriser nos menstruations.

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C’est ce que propose Mélissa Carlier, kinésithérapeute spécialisée en rééducation du périnée. Depuis près de 10 ans, elle explore et enseigne une approche encore méconnue : le flux instinctif libre. Une méthode qui consiste à apprendre à ressentir, à anticiper et à libérer le sang aux toilettes, résume-t-elle, plutôt que d’utiliser des produits menstruels pour se permettre de l’ignorer.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette pratique n’a rien à voir avec le free bleeding qui, lui, tient plutôt du militantisme — les femmes laissant couler leur sang menstruel délibérément et à la vue de tous, en guise de revendication féministe. Ici, la logique est tout autre : « Il n’y a rien qui se voit   ; on est dans une maîtrise consciente du flux », précise Mélissa Carlier.

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Réapprendre à écouter son corps

Pour y parvenir, l’éducation est nécessaire, un peu comme lorsqu’un enfant se conditionne à être propre. « C’est l’apprentissage d’un nouveau comportement face aux sensations de son corps », explique l’experte.

Concrètement, il s’agit de mieux comprendre le fonctionnement de son cycle menstruel afin de reconnaître les signes et d’anticiper les moments où le sang s’écoule. Car, dans la majorité des cas, on ne prend conscience de son flux que tardivement, lorsque le sang atteint l’entrée du vagin.

Le principe du flux instinctif libre consiste donc à affiner ses perceptions pour pouvoir intervenir en amont et voir venir le moment où le sang sortira.

« Le sang menstruel ne coule pas en continu, mais par phases de contractions et de repos, souligne Mélissa Carlier. Après une contraction de l’utérus, il peut s’écouler jusqu’à 40 minutes avant un arrêt aux toilettes. » Peu à peu, on apprend ainsi à détecter ces signaux et à anticiper, mais sans jamais retenir.

Loin d’être rigide, le flux instinctif libre s’adapte aux réalités de chacune. Dans le quotidien, il est tout à fait possible de combiner cette approche avec des protections menstruelles, notamment lorsque l’accès aux toilettes est limité. L’objectif n’est pas la perfection, mais une meilleure gestion du flux et une diminution de la charge mentale qu’il impose.

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« Les contraintes existent, mais elles sont souvent plus gérables qu’on ne l’imagine », croit la spécialiste. Certaines techniques plus avancées peuvent également être explorées, notamment des méthodes de drainage. En effet, à l’aide de postures, de la respiration et de la mobilisation musculaire, il devient possible de favoriser activement l’écoulement du sang.

« Ces techniques montrent à quel point on a du pouvoir sur notre corps, souligne Mélissa Carlier. Notre corps a un mode d’emploi... mais personne ne nous l’a appris. »

Mais comme tout apprentissage, le processus demande du temps. Et comme on ne peut réellement s’exercer qu’une fois par mois, la période d’assimilation peut sembler longue. « Au début, on réfléchit beaucoup... puis le corps prend le relais. À un certain moment, c’est tellement intégré qu’on ne peut plus revenir en arrière. »

Selon les observations issues de ses accompagnements, il faut généralement entre trois et six mois pour intégrer ce type de pratique. « Avec les bonnes clés, la grande majorité des personnes peuvent y parvenir, affirme-t-elle. Et au bout de six mois, 80 % des femmes arrivent à libérer 80 % de leur flux aux toilettes. »

Un résultat encourageant, même si elle nuance : « Ce n’est pas une recette miracle, mais un entre-deux qui apporte déjà énormément de confort ».

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Changer de regard

Au-delà de l’aspect pratique, le flux instinctif libre ouvre surtout la porte à une transformation plus profonde : celle du regard que l’on porte sur ses menstruations. Longtemps perçues comme une contrainte, comme quelque chose à cacher, les règles deviennent un espace d’observation et, pour certaines, de réappropriation.

« C’est un changement de paradigme : on passe de l’invisibilisation à la compréhension », établit Mélissa Carlier. Là où l’on cherchait auparavant à oublier ses règles, à les contenir, les neutraliser, les rendre invisibles, cette approche invite plutôt à les écouter.

En développant une attention plus fine aux sensations corporelles, plusieurs femmes découvrent que leurs menstruations ne sont pas seulement un phénomène biologique, mais aussi un indicateur. L’intensité du flux, la durée et les effets associés peuvent devenir des signaux sur l’état général du corps, du cycle hormonal, voire du niveau de stress accumulé au fil du mois.

« Aujourd’hui, je vois presque les règles comme des alliées, confie l’experte. Elles marquent une fin de cycle, un moment de relâchement, parfois même une forme de libération physique et émotionnelle. Elles me donnent aussi des indications précieuses sur le cycle que je viens de vivre. »

En apprenant à mieux comprendre et anticiper les mouvements de leur corps, plusieurs femmes disent se sentir moins vulnérables pendant leurs règles — une période souvent associée inconsciemment à de l’inconfort ou à une perte de contrôle. « Le flux libre redonne une forme de puissance et de confiance », nomme Mélissa Carlier.

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Et si les règles n’étaient pas simplement quelque chose à subir, mais aussi une occasion de se reconnecter à soi ?

Dans un monde où les menstruations sont encore largement banalisées, et où l’on nous encourage à taire nos sensations à tout prix, prendre le temps d’écouter ce qui se passe en soi peut transformer fondamentalement notre expérience de ce cycle naturel.

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  • Culotte Hipsters menstruelles, Wonderbra
  • Disque menstruel réutilisable, Nixit
  • Le guide du flux libre instinctif : se passer de protections hygiéniques féminines (serviettes, tampons, cups...), c'est possible !, par Mélissa Carlier, éditions Jouvence

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