EN IMAGES | Plus de 1000 manifestations contre l’ICE prévues à travers les États-Unis
AFP
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Des centaines de rassemblements sont prévus samedi et dimanche à travers les États-Unis pour protester contre les méthodes de la police fédérale de l’immigration (ICE), après le tir mortel de l’un de ses agents contre une femme de 37 ans à Minneapolis.
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Derrière le slogan «ICE, out for Good» («ICE, dehors pour de bon», faisant aussi écho au nom de la victime, Renee Nicole Good), les appels à manifester sont notamment relayés par le mouvement «No Kings», réseau d’organisations de gauche, hostile à Donald Trump.
«Nous sommes ici pour condamner les actions des agents de l’ICE et de tous ceux qui terrorisent nos communautés sous prétexte de faire respecter la loi et l’ordre. Ce qu’ils font n’a rien à voir avec la sécurité. C’est de la peur. C’est de la violence», avance Alissa Washington, qui s’apprête à participer à un rassemblement dans l’après-midi à Minneapolis.
La mort de cette mère de famille américaine, abattue mercredi dans sa voiture lors d’une opération de l’ICE, a suscité une forte émotion dans cette ville, bastion démocrate, et au-delà parmi les Américains inquiets des dérives de la lutte contre l’immigration illégale, érigée en priorité nationale.

Selon le gouvernement, le policier aurait tiré en état de légitime défense au moment où Renee Nicole Good tentait de le renverser avec son véhicule.
Pour appuyer ses dires, l’administration a relayé vendredi une vidéo, prise pendant l’opération par l’agent incriminé, Jonathan Ross.
Le clip montre le VUS rouge de la conductrice en travers de la route enneigée tandis que retentissent des sirènes.

Au volant, Renee Nicole Good lance: «Je ne suis pas en colère contre vous» à l’agent qui fait le tour de la voiture. Lorsque Jonathan Ross passe devant le capot du VUS, elle fait marche arrière, avant d’avancer en tournant, alors que des coups de feu retentissent. «Putain de connasse», lâche une voix masculine.
«Enquête transparente»
Plusieurs vidéos de la même scène prises par des témoins et circulant depuis mercredi tendent à suggérer que le policier n’était pas réellement menacé par la conductrice lorsque son véhicule s’est avancé. Elle semble au contraire avoir tenté de l’éviter.
Interrogée par des médias locaux, l’épouse de la victime, Becca Good, que l’on voit aussi sur les images, a raconté que les deux étaient sur place au moment des faits, afin de «soutenir nos voisins» visés par l’ICE. «Nous avions des sifflets, ils avaient des armes à feu.»

Dans la soirée de vendredi, des centaines de personnes équipées de sifflets, de haut-parleurs et d’instruments de musique se sont bruyamment rassemblées devant des hôtels de Minneapolis, censés loger des agents de l’ICE.
Plusieurs personnes ont été interpellées, puis rapidement relâchées, a indiqué la police de la ville.
Les élus démocrates déplorent que les enquêteurs locaux aient été écartés des investigations menées par le FBI.

«C’est le moment de respecter la loi... le fait que le ministère de la Justice de Pam Bondi et cette administration présidentielle soient déjà parvenus à des conclusions sur ces faits est profondément préoccupant», a déclaré le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey.
Un sentiment partagé par Patrick O’Shaughnessy, citoyen sans emploi de 43 ans, interrogé vendredi par l’AFP.
«Quand le FBI dit qu’il ne partagera pas les preuves avec les autorités locales, le public ne peut pas croire qu’il s’agira d’une véritable enquête transparente», dit-il.
Selon le média américain The Trace, spécialisé dans les violences par armes à feu, Renee Nicole Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le lancement de la politique d’expulsion de l’administration Trump, tandis que sept autres ont été blessées à ce jour.
Lors d’un incident séparé, deux personnes ont été blessées jeudi à Portland (Oregon, nord-ouest) par les tirs de la police fédérale aux frontières pendant un contrôle routier.