Faut-il cacher et protéger Lane Hutson?

Jonathan Bernier
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Lane Hutson n’a disputé que deux matchs avec le Canadien. Les deux derniers de la dernière saison. Malgré cette expérience limitée dans la LNH, le défenseur américain de 20 ans alimente les discussions.
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D’un côté, certains le voient comme un candidat au titre de recrue de l’année dans le circuit Bettman. De l’autre, on se demande s’il ne devrait pas amorcer la campagne dans la Ligue américaine.

Dans le milieu, on retrouve Pierre McGuire. L’analyste de Sportsnet a soumis l’idée que Martin St-Louis devrait habiller systématiquement sept défenseurs à chaque rencontre pour protéger Hutson, lui permettre de s’acclimater lentement au rythme de la LNH et en faire un spécialiste de l’attaque massive.
«Je ne veux pas cacher Lane Hutson et faire de lui un spécialiste de l’avantage numérique. On veut faire de Lane Hutson le meilleur défenseur qu’il est capable de devenir», a indiqué Kent Hughes, invité de Tony Marinaro, sur les ondes de BPM Sports, mardi matin.
Une réponse contraire aurait été surprenante.
Disons que son entraîneur-chef n’est pas friand de cette stratégie. Comme la grande majorité de ses homologues, d’ailleurs. En janvier 2023, il n’avait pas eu le choix d’y avoir recours en raison des nombreux blessés à l’attaque.
Même chose l’an dernier, le temps de trois rencontres dans le voyage du temps des Fêtes. Christian Dvorak était alors tombé au combat et St-Louis n’avait plus d’options sous la main.
Mais dans un monde idéal, c’est la bonne vieille formule à 12 attaquants et six défenseurs qui prévaut.
Le plan Carlson
De toute façon, Hutson s’adapterait-il adéquatement au rythme de la LNH si on le confinait presque exclusivement à l’attaque massive?
L’an dernier, le Tricolore a évolué avec l’avantage d’un homme pendant 418 min. Divisé par 82 matchs, ça fait à peine un peu plus de cinq minutes par matchs. Disons que ça limite le temps d’apprentissage. En plus, le pauvre va geler des pieds.
Les plus vieux se rappelleront Marko Kiprusoff, que le Canadien avait amené de Finlande pour lui donner ce genre de mission, à l’automne de 1995. Le grand frère de Miikka n’avait pas fait long feu. L’expérience n'avait duré que 24 matchs. On ne l’a plus jamais revu.
Si le Tricolore souhaite amener son choix de deuxième tour de 2022 progressivement dans la LNH, il serait plus payant de copier le plan que les Ducks souhaitaient utiliser l’an dernier avec Leo Carlsson.
Pour aider son premier choix à s’acclimater à sa nouvelle vie, Pat Verbeek avait établi qu’il allait amorcer la saison en ne jouant, en moyenne, que deux matchs par semaine. Et qu’il n’était pas question qu’il dispute deux rencontres en autant de soirs.
Puisque Carlson a subi quelques blessures en cours de route, on ne sait pas réellement combien de temps aurait duré ce régime.
D’abord, la lutte
Mais l’idée n’est pas bête. D’abord parce qu’elle permet au jeune de composer avec une cadence qui se rapproche plus de la quarantaine de matchs qu’il dispute dans la NCAA. Moins de matchs signifie, par le fait même, plus d’entraînements sur glace et d’heures passées dans le gymnase.
Ça veut également dire, à chaque match qu’il joue, qu'il doit composer avec tout l’éventail des situations de jeu possible.
Avant de se pencher sur cette question, Hutson devra percer la formation principale. Même avec la transaction impliquant Jordan Harris, le flanc gauche est occupé par Mike Matheson, Kaiden Guhle et Arber Xhekaj. Et il luttera avec Jayden Struble.
Cela dit, en deuxième moitié de saison, Guhle évoluait à la droite de Matheson.