Examen du Grand Prix du Canada: la Société du parc Jean-Drapeau engraisse et dépense
La SPJD a multiplié les voyages en ajoutant des cadres et des gestionnaires


François-David Rouleau
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Voyages à travers le monde pour assister à des courses de F1, prêt de personnel mandaté pour la F1 et ajouts de cadres et de gestionnaires, la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) a engraissé et dépensé des milliers de dollars au cours des dernières années sous le règne de la directrice générale Véronique Doucet.
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L’automne dernier, le comité exécutif de l’administration de Valérie Plante a accepté le prêt de Martin Savard, grand patron du déneigement, à la SPJD pour qu’il prenne en charge la gestion des effectifs de l’organisme et des promoteurs pour le Grand Prix.
Avec le titre de directeur de l’évènement de F1, il devenait ainsi le sixième directeur sous le contrôle de la DG.

En comparaison à sa prédécesseure, Isabelle Bonneau, qui a quitté son poste en 2022, Mme Doucet compte quatre cadres de direction additionnels en plus des quatre autres cadres-conseils qui se sont ajoutés à sa liste de paies à l’exercice financier de 2024.
Et ce, malgré les annonces de gel d’embauche partiel annoncé au budget 2024 et les compressions budgétaires de la Ville de Montréal.
Dans la foulée du scandale des dépenses à l’Office de consultation publique de Montréal, il était demandé aux organismes paramunicipaux comme la SPJD davantage de rigueur dans leurs embauches, leurs dépenses et leur gestion.
2,5 M$ en plus
Selon les prévisions du budget 2025 de la SPJD déposées en novembre dernier, le nombre d’employés permanents a continué d’augmenter en 2024 et 2025. La différence depuis trois ans atteint 17%.
Dans le budget, la rémunération des cadres a aussi augmenté de 2,5 M$.
Appelée à expliquer ses décisions quant au gonflement de son effectif, la direction s’est dite «engagée dans sa transformation et la réalisation de son plan directeur, notamment avec la réhabilitation de ses infrastructures et lieux».

Une compilation des dépenses publiques au circuit Gilles-Villeneuve réalisée par notre Bureau d’enquête évalue que la SPJD a injecté plus de 120 M$ dans ses infrastructures depuis 2017. De nouvelles dépenses ont été ajoutées en 2025, dont des centaines de milliers de dollars pour la réparation des paddocks affectés par des fuites d’eau encore l’an dernier.

«Depuis 2022, l’augmentation des effectifs reflète notre volonté de bâtir une offre pérenne, à la hauteur de notre mission culturelle, citoyenne, touristique et sportive. Cette évolution accompagne une croissance soutenue de notre achalandage, tant dans nos événements que dans l’utilisation de nos installations», a ajouté Marylène Kirouac, conseillère à la direction principale.
Selon l’experte en gouvernance Alexandra Langelier, l’ajout de cadres et de gestionnaires peut s’expliquer de différentes façons.
«Ces augmentations dans la taille de la structure ne sont pas reliées aux compétences de la direction, a d’abord argumenté la vice-présidente de l’Institut de la gouvernance d’organisations privées et publiques. Elles peuvent être expliquées par des changements stratégiques ou hiérarchiques et un nouveau mode de fonctionnement, a-t-elle ajouté. La Ville est aussi en droit de demander des comptes.»
De nouveaux standards?
Dans sa stratégie publique, la SPJD explique aussi chercher à atteindre de nouveaux standards pour l’édition 2025 du Grand Prix. C’est pourquoi des représentants ont visité les Grands Prix de Melbourne, en Australie, de Monza, en Italie, et de Mexico, au Mexique depuis l’an dernier, avec des prévisions financières variant de 5000$ à 11 500$.

À l’hôtel de ville de Montréal, le porte-parole d’Ensemble Montréal en matière de développement économique, Julien Hénault-Ratelle estime que «la SPJD entreprend de nombreuses dépenses afin d’essayer de réparer les pots cassés: voyages à l’international, création de nouveaux postes et alourdissement de la structure organisationnelle».
«Il est temps de remettre de l’ordre et de rétablir la confiance des citoyens et des partenaires», a-t-il ajouté.