Et si le Canadien, c'était pour vrai?

Jean-François Chaumont
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On a maintenant disputé les neuf premiers matchs du calendrier. Le Canadien a un dossier reluisant de cinq victoires, deux revers et deux autres revers en prolongation. Il y a peu de fidèles qui auraient parié sur un tel départ au mois de septembre.
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En ce matin du 31 octobre, le CH occupe une place en séries avec le troisième rang de la très compétitive division Atlantique. La bande à Martin St-Louis a 12 points après neuf rencontres.
On ne criera pas victoire après un seul mois. On restera prudent, puisque l’échantillon demeure mince. Mais on parle quand même d’un mois d’activité ou, grosso modo, du 1/9 de la saison.
Après ce revers de 3 à 2 en tirs de barrage contre les Golden Knights, à Vegas, St-Louis a qualifié l’effort de son équipe du meilleur depuis qu’il est derrière le banc. C’était donc la meilleure sortie du Tricolore en près de deux ans.
Et l’entraîneur-chef avait raison. Le Tricolore a joué tout un match contre les champions en titre de la Coupe Stanley. À cinq contre cinq, le CH a dominé une puissance de la LNH. Une équipe qui a une fiche de 9-0-1 après dix rencontres.
Selon le site Natural Stat Trick, le CH a obtenu, à cinq contre cinq, 11 chances de marquer de grande qualité comparativement à six seulement pour les Knights.
S’il y a des soirs depuis le début de l’année, comme le match contre les Sabres à Buffalo ou celui contre les Jets à Montréal, où le Canadien ne méritait pas réellement la victoire, c’était tout le contraire pour cette joute à Vegas. Le CH devait en ressortir avec un meilleur sort. Mais ça fait partie des aléas d’une saison de hockey.
La fondation
En mêlée de presse au T-Mobile Arena, St-Louis a dressé un bilan très bref du mois d’octobre.
«C’est le fun de partir une saison comme ça, a-t-il dit. Ton départ et ton premier mois représentent ta fondation. C’est ça qu’on fait. Et c’est le fun.»
Le CH repose donc sur une bonne fondation. Mais cette fondation peut-elle tenir à long terme? C’est la question à un million.
À pareille date l’an dernier, le Canadien nageait aussi dans l’espoir avec un dossier de cinq victoires et quatre revers après neuf matchs. L’équipe avait 10 points, soit seulement deux de moins que cette saison. Le bateau a fini par couler. On connaît l’histoire. Il y a eu la chute au classement, mais aussi une infirmerie débordante.
L’effet Monahan
La perte de Sean Monahan au début du mois de décembre 2022 a signé le début de la fin de la saison du Canadien l’an dernier.
Avec Monahan en uniforme, le CH avait une fiche de 12-11-2. C’était le dossier de l’équipe au 6 décembre, soit au lendemain de son dernier match contre les Canucks à Vancouver. Sans le numéro 91, le Canadien a gagné seulement 19 des 57 matchs suivants (19-34-4).
Cette année, Monahan est en parfaite santé après une opération pour une déchirure à l’aine au printemps dernier et une guérison d’une fracture au pied droit. Il a un grand impact sur les succès de son équipe avec cinq buts et trois passes en neuf matchs. Il permet aussi de placer un diachylon sur la blessure au genou droit (saison terminée) de Kirby Dach.
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Pour s’accrocher à l’espoir d’une participation aux séries, le CH aura besoin d’un Monahan en santé, mais aussi du reste de l’équipe. Il y a déjà Dach et David Savard (six à huit semaines, fracture à la main gauche) à l’infirmerie.
Les Flames de Calgary ont payé un choix de premier tour en 2025 au mois d’août 2022 pour se libérer de la dernière année de contrat de Monahan (6,375 millions sur le plafond salarial). Plus d’un an plus tard, on ne peut pas parler d’un coup de génie de la part de l’ancien DG des Flames, Brad Treliving.
Au mois de juin dernier, Kent Hughes a choisi de poursuivre l’aventure avec Monahan en lui donnant un contrat d’un an et deux millions. Ça, c’était un bon coup.
Un deuxième trio peu productif
Pour que ce début de saison se transforme en réalité et non pas en mirage, le Canadien aura aussi besoin du réveil de son deuxième trio. Juraj Slafkovsky et Josh Anderson n’ont toujours pas marqué, alors qu’Alex Newhook en compte trois, mais aucun à ses six derniers matchs.
Le CH a une qualité qui lui permettra de déjouer bien des plans. Sous la gouverne de St-Louis, c’est une équipe qui n’abandonne jamais. C’est dans son ADN. Même avec une formation de la Ligue américaine pour plusieurs rencontres en fin de saison l’an dernier, le Tricolore trouvait des façons de se battre.
Pour rester dans le coup, Jake Allen et Samuel Montembeault devront aussi maintenir le cap, tout comme Cayden Primeau s’il s’accroche à une place à Montréal. Allen a un pourcentage d’arrêts de 0,930. Sans vouloir être rabat-joie, il n’a jamais maintenu un aussi bon taux dans la LNH.
Sans changer de prédiction pour la saison 2023-2024 (huitième rang pour la division Atlantique), l’auteur de ces lignes respire déjà moins bien avec ce choix. Et Dieu sait qu’il a un gros nez pour lui permettre en temps normal de bien respirer.