Est-ce la fin de la disette canadienne?
Les Oilers vont tenter de rompre la séquence de 31 sans coupe au Canada


Dave Lévesque
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SUNRISE | Les Oilers d’Edmonton ont remporté cinq fois la Coupe Stanley, la dernière remonte au printemps 1990. Aussi bien dire que ça fait une éternité.
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Pour remettre les choses en contexte, l’auteur de ces lignes terminait son secondaire. On était à l’époque des New Kids on the Block, de Roxette, des chandails Vuarnet. On était à la fin de la mode néon et surtout à l’aube de l’ascension du grunge, Dieu merci.
Aussi bien dire que c’était dans une autre vie. On peut dire la même chose de la dernière fois qu’une équipe canadienne a soulevé le précieux saladier puisque c’était le Canadien seulement trois ans plus tard.
La disette des formations canadiennes dure donc depuis 31 ans. Au cours de cette période, seulement six équipes, avant les Oilers de cette année, ont atteint la finale.
Comme la liste est courte, aussi bien l’inscrire et vous constaterez que ça n’a pas été très riche dans les dernières années et qu’il y a une période, au cours de la première décennie des années 2000, où on est passé bien près. Alors, allons-y: Vancouver (1994), Calgary (2004), Edmonton (2006), Ottawa (2007), Vancouver (2011) et Montréal (2021).
Pas de pression
Chez les Oilers, on assure ne pas ressentir la pression qui vient avec le fait que tout le pays espère que l’équipe ramène la coupe à la maison.
«Je ne la ressens pas. Je ne pense pas que l’équipe la ressente. Je pense qu’on se concentre juste sur notre game et sur gagner», a assuré le défenseur québécois Vincent Desharnais vendredi après-midi.
C’est un sentiment qui est partagé par son coéquipier Ryan Nugent-Hopkins, qui est lui aussi Canadien et qui jouait encore au hockey mineur en Colombie-Britannique la dernière fois que les Oilers ont participé à la dernière série de la saison.
«Je ne crois pas que l’on perçoive de la pression de gagner pour tout le pays. Nous voulons l’emporter parce que c’est l’objectif ultime et que nous voulons gagner les uns pour les autres. Évidemment, nous aimerions gagner pour le pays et surtout pour Edmonton.»
Mission commune
Cet aspect de collectif est très fort chez les Oilers. Plusieurs joueurs ont mentionné qu’ils voulaient d’abord gagner pour le groupe.
«On veut le faire pour l’équipe de boys qu’on est. On est une équipe très serrée, on a développé une belle chimie», soutient Desharnais.
Il faut se rappeler que les Oilers ont bien mal commencé leur saison avec une fiche de 3-9-1 à leurs 13 premiers matchs, ce qui a fini par coûter son poste à Jay Woodcroft, qui a été remplacé par Kris Knoblauch.
«Notre groupe a toujours cru que nous formions une bonne équipe, même quand ça allait mal, a insisté Connor McDavid. Nous savions qu’en nous serrant les coudes, il était possible de renverser la vapeur. Quand tu es dedans, c’est difficile et tu n’as peut-être pas cette impression, mais les choses ont fini par se clarifier pour nous.»
Irréel
Effectivement, les Oilers se sont accrochés et sous Knoblauch, ils ont trouvé leur rythme et surtout de la constance.
Ils sont passés d’une équipe qui pédalait dans la mélasse à une formation qui a terminé la saison en seconde position de la division Pacifique, derrière les puissants Canucks de Vancouver qu’ils ont d’ailleurs éliminés au deuxième tour des séries.
Ils se retrouvent aujourd’hui en finale de la Coupe Stanley pour la première fois depuis 2006 et c’est probablement l’équipe canadienne qui a les meilleures chances de ramener la Coupe Stanley au pays depuis que le Canadien l’a fait en 1993.
«C’est encore un peu irréel, admet Ryan Nugent-Hopkins. Nous sommes à quatre victoires de l’emporter, mais je crois qu’il faut approcher la finale comme n’importe quelle série parce qu’en fin de compte, c’est amusant d’être ici.»