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Épiceries de liquidation: la croissance du secteur cache une guerre avec les grandes chaînes

Des surplus de 350 manufacturiers s’entassent ici, chez Groupe NPI, avant d’atterrir sur les tablettes des épiceries de liquidation du Québec.
Des surplus de 350 manufacturiers s’entassent ici, chez Groupe NPI, avant d’atterrir sur les tablettes des épiceries de liquidation du Québec. PHOTO FOURNIE PAR GROUPE NPI
Photo portrait de Julien McEvoy
2026-04-18T04:00:00Z

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Les consommateurs qui ont découvert les épiceries de liquidation auraient tort de croire que leurs aubaines sont garanties : l’approvisionnement de ces commerces est sporadique par nature et la pression des géants de l’alimentation n’est jamais loin.

• À lire aussi : La chaîne de magasins de liquidation alimentaire Bouffe à Rabais fait fureur dans deux régions du Québec

« J’ai des fournisseurs qui ont tiré la plogue, c’était trop de trouble à gérer », admet Dave Poulin, de Groupe NPI, principal fournisseur des épiceries au rabais au Québec.

Le Beauceron, avec ses sœurs et son frère, est à la tête de l’entreprise fondée par son père en 1987. Ce qui a commencé avec un camion de livraison pour des dépanneurs de rang est aujourd’hui un réseau de 250 à 300 fournisseurs.

Au centre du boom du secteur, la famille Poulin possède aussi quatre épiceries de liquidation. En trois ans à peine, le Québec est passé d’une poignée de ces commerces à plus de 60 établissements répartis dans presque toutes les régions.

Les principales épiceries de liquidation
Chaîne Magasins
Liquidation Marie 11
Boom Liquidation 7
Bouffe à rabais 6
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Le principe est simple. Les manufacturiers comme Danone et General Mills ou Fontaine Santé et Liberté se retrouvent souvent avec des stocks qu’ils ne peuvent pas écouler dans les épiceries conventionnelles.

Surstocks, produits légèrement sous le poids indiqué, nouvelles saveurs qui n’ont pas trouvé preneur, articles saisonniers invendus : plutôt qu’enregistrer une perte sèche, ils choisissent de liquider ces lots à prix réduit.

Fondé à Saint-Georges en 1987 avec un seul camion, le Groupe NPI exploite aujourd’hui 110 000 pieds carrés d’entreposage et alimente le secteur des épiceries au rabais, en forte croissance au Québec.
Fondé à Saint-Georges en 1987 avec un seul camion, le Groupe NPI exploite aujourd’hui 110 000 pieds carrés d’entreposage et alimente le secteur des épiceries au rabais, en forte croissance au Québec. PHOTO FOURNIE PAR GROUPE NPI
Pas contents, les géants

Or, l’offre de marchandise à liquider n’a pas suivi l’explosion du nombre de magasins. « C’est la même tarte. Avant, quatre ou cinq magasins la mangeaient, maintenant c’est beaucoup plus », illustre Dave Poulin.

Un lot typique de 300 caisses de boîtes de céréales, réparti dans une quarantaine de succursales, donne à peine sept ou huit caisses par magasin. Résultat : des annonces alléchantes sur les réseaux sociaux, des clients qui font une heure de route et des tablettes vides à l’arrivée.

La pression vient rarement de façon directe. Un manufacturier ne reçoit pas une mise en demeure. Il reçoit un appel. Un acheteur chez Metro ou Loblaw lui signale, poliment, qu’un de ses produits se retrouve à moitié prix chez un liquidateur à quelques kilomètres de ses épiceries.

Le message est clair. « Il faut naviguer avec les géants, ne pas trop les titiller, dit Dave Poulin. La journée qu’ils se tannent, le manufacturier reçoit un appel et c’est fini. »

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Plus cher, c’est clair

Certains fournisseurs exigent que Groupe NPI signe des ententes de confidentialité avant de lui céder leurs surplus. D’autres ont simplement fermé le robinet.

Yves Dubé, pionnier du secteur avec son Escomptes St-Jean, ouvert depuis 12 ans, voit la transformation de l’intérieur. La concurrence entre liquidateurs pour obtenir des lots a changé le rapport de force.

« On vend déjà un peu plus cher qu’avant à cause de ça, dit-il. Si je ne paye pas leur prix, un autre va le faire. Simple de même. »

Yves Dubé, propriétaire des Escomptes St-Jean.
Yves Dubé, propriétaire des Escomptes St-Jean. Photo Julien McEvoy

Avant, les manufacturiers étaient contents qu’il prenne leurs surplus. Maintenant, ils attendent le meilleur offrant.

Le résultat se répercute sur les tablettes, confirme Dave Poulin. Les prix d’achat montent, et une fois les augmentations passées, ils ne redescendent jamais.

Pour les consommateurs, les aubaines ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Mais elles pourraient bien se faire plus rares.

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