Fajardo ou Alexander: même les dirigeants sont dans l’incertitude
Philippe Asselin
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MONTRÉAL – Chers partisans des Alouettes, armez-vous de patience parce que vous ne saurez pas qui sera le quart-arrière partant du club en 2025 de sitôt.
Mardi, le directeur général Danny Maciocia et l’entraîneur-chef Jason Maas ont fait le bilan de leur saison 2024. Un seul sujet a toutefois retenu l’attention: qui de Cody Fajardo ou de Davis Alexander sera l’homme qui dirigera l’attaque l’an prochain?
Le premier est sous contrat pour une autre année, tandis que le second pourrait devenir joueur autonome cet hiver. Les deux ont été clairs pendant leur rencontre avec les dirigeants des Alouettes et devant les médias lundi sur le fait qu’ils veulent le ballon.
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«Tu ne peux pas avoir deux quarts-arrière qui touchent un salaire de quart-arrière partant», a répété plusieurs fois le DG des Alouettes.
Concrètement, deux salaires de partants représenteraient des dépenses allant de 700 000$ à 800 000$. C’est environ la moitié de la masse salariale d’une équipe de la LCF. Jamais Maciocia ne dépensera ça pour deux joueurs, dont un qui serait cantonné sur les lignes de côté.
Pour que Fajardo et Alexander soient tous les deux des membres des «Als» en 2025, le vétéran devra accepter une réduction salariale pour permettre au plus jeune de signer un contrat plus lucratif. Cependant, ça ne nous dira pas qui sera sur le terrain et ça pourrait aussi créer de la division dans le vestiaire. Cette avenue semble donc assez utopique.
Pas sur la même longueur d’onde?
Devant l’épineuse question, Maciocia et Maas n’ont pas révélé de quel côté ils penchaient.
«Avec Jason, nous allons avoir la discussion. Ça ne va pas prendre 20 minutes ou se faire en une journée. Ce sera intense et nous allons aller dans les détails avant d’arriver à une décision», a indiqué le directeur général.
Il se pourrait très bien que les deux hommes ne soient pas de la même opinion. Questionné pour savoir s’il serait du même avis que Maciocia si la prochaine saison s’amorçait demain matin, Maas n’a pas été en mesure de se prononcer.
«Je ne peux pas répondre à cette question. Si j’avais un fusil sur la tempe et qu’on me demandait de choisir entre les deux, je ne sais pas qui je choisirais. Les deux sont bons.»
Par contre, l’entraîneur-chef a poursuivi en parlant de Fajardo.
«Nous en avons un sous contrat et l’autre non. Je travaille avec Cody depuis cinq ans et je sais ce dont il est capable. Nous allons devoir nous asseoir et décider dans quelle direction nous voulons que l’organisation aille.»
Avant de se joindre aux Alouettes, Maas et Fajardo ont œuvré ensemble pendant trois ans chez les Roughriders de la Saskatchewan.
Perdre un investissement
Du côté de Maciocia, on a senti qu’il serait déçu de voir Alexander diriger l’attaque d’une autre formation de la LCF.
Le DG a embauché le pivot de 26 ans en 2022 et a d’ailleurs toujours été très élogieux à l’endroit d’Alexander, même quand ce dernier occupait le poste de troisième quart de l’équipe.
Maciocia a aussi parlé de l’âge des deux candidats.
«Je ne cacherai pas que ce facteur a un impact. Il [Alexander] a sept ans de moins, il est moins magané. De plus, il ne faut pas oublier que nous l’avons identifié quand il jouait à l’Université Portland State. Nous avons investi trois ans en lui.»
«Nous savons qu’il a un bon potentiel et il est dans notre court.»
«Il ne faut également pas oublier que nous avons aussi un quart-arrière qui a beaucoup d’expérience en Cody. Il sait comment gagner des matchs», s’est toutefois empressé d’ajouter Maciocia.
Est-ce que le directeur général choisira le projet qui lui tient visiblement à cœur au détriment du quart-arrière établi qui lui a permis de soulever la coupe Grey? Maas tiendra-t-il mordicus à poursuivre son association avec son fidèle complice ou se laissera-t-il convaincre d’essayer le jeune étalon?
Nous aurons assurément des réponses d’ici le mois de février et, qui sait, peut-être même avant.

Outre les quarts, pas de gros dossiers sur le bureau de Maciocia
MONTRÉAL – Si on exclut la question du quart-arrière partant, la prochaine saison morte des Alouettes devrait être assez tranquille.
Cela s’explique par la besogne qu’a abattue Danny Maciocia l’an dernier et dans les derniers mois. En effet, le directeur général a déjà mis sous contrat la grande majorité des éléments importants de sa formation.
«Notre noyau est déjà en place», a indiqué le DG mardi, pendant son bilan de fin de campagne.
Le dirigeant a aussi dit qu’il ne lui restait pas beaucoup d’espace sous le plafond salarial.
Il y a toutefois une position où les Alouettes doivent inévitablement mettre un ou des athlètes sous contrat, soit celle de porteur de ballon. Seul Stevie Scott III a un contrat en poche pour l’an prochain.
Walter Fletcher et Sean Thomas Erlington pourraient devenir joueurs autonomes en février prochain. En 2024, le premier a disputé sa première saison à titre de numéro 1 dans le champ arrière des Moineaux.
S’il n’est pas trop gourmand financièrement, il aura de très bonnes chances d’être de retour.
«Je trouve qu’il a connu une excellente saison. Il a fait ce que nous lui avons demandé, a dit l’entraîneur-chef Jason Maas. Il est dangereux chaque fois qu’il touche le ballon. J’ai eu une très bonne conversation avec lui lundi et j’aimerais vraiment qu’il soit de retour.»
Le pilote des Alouettes a également affirmé qu’il souhaitait que Thomas Erlington porte de nouveau l’uniforme de son équipe en 2025.
Les unités spéciales et un chasseur de quarts
Les Alouettes devront également embaucher ou réembaucher des botteurs, puisque David Côté, Jose Maltos et Joseph Zema n’ont pas de contrats en vue de la prochaine campagne. Maciocia aimerait également rajeunir ses effectifs dans cette facette névralgique du football canadien.
«Il nous faut des joueurs un peu plus jeunes sur les unités spéciales. Nous allons voir ce que nous avons à l’interne, ce qui est disponible sur le marché et le repêchage, a-t-il exprimé. C’est sûr que nous ne pourrons pas aller chercher quatre ou cinq joueurs sur le marché des joueurs autonomes. Il faudra donc être stratégique.»
Le DG aimerait aussi que son équipe soit plus efficace pour mettre de la pression sur les quarts-arrière adverses. Il ne faudrait donc pas s’étonner si sa plus grosse embauche de la prochaine saison morte est un joueur de ligne défensive.
Un certain Mathieu Betts pourrait devenir joueur autonome, lui qui portait les couleurs des Lions de la Colombie-Britannique cette année. Mais est-ce qu’il reste assez de place pour un joueur de sa trempe sur la masse salariale des Alouettes?
| Position | Joueurs |
|---|---|
| Quarts-arrière | Davis Alexander, Dominique Davis, Caleb Evans |
| Porteurs de ballon | Walter Fletcher, Sean Thomas Erlington |
| Receveurs de passes | Nate Behar, Régis Cibasu, Kaion Julien-Grant, James Letcher fils, Reggie White fils |
| Joueurs de ligne à l’attaque | Philippe Gagnon, Kristian Matte |
| Joueurs de ligne défensive | Avery Ellis, Brock Gowanlock, Shawn Lemon, Derek Wiggan, Dylan Wynn |
| Secondeurs | Frédéric Chagnon, Alexander Gagné |
| Demis défensifs | Tyson-Otis Copeland, Kabion Ento, Nafees Lyon, Najee Murray, Dionté Ruffin, Reggie Stubblefield, Wesley Sutton |
| Botteurs | David Côté, Jose Maltos, Joseph Zema |